FPI: Un Parti Violent

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Le chien ne change jamais sa manière de s’asseoir, dit l’adage. Et ce n’est pas le Front populaire ivoirien, le parti fondé par Laurent Gbagbo, qui dira le contraire. Au commencement était la violence, pour le parti à la rose. A preuve, tout le parcours de cette formation politique a été jalonné d’actes empreints de violence. Tout commence en 1990, à la naissance de ce parti, à Mopoyem, un village de Dabou. A cette date, les Ivoiriens jusque-là épris de paix et vivant en parfaite intelligence sous la férule de feu Félix Houphouët-Boigny, baptisé « Apôtre de la paix », vont être réveillés par de violentes manifestations de rues. A l’appel du FPI, des élèves instrumentalisés prennent en otage le monde scolaire et universitaire. Le parti de Laurent Gbagbo oblige ainsi le pouvoir d’alors à décréter, pour la première fois dans la vie de l’école ivoirienne, une année blanche. Finalement, l’année sera sauvée après plus de six mois de vacances forcées. Une reprise qui se fera dans la douleur. Puisque le 17 juin 1991, Thierry Zébié, alors étudiant de 24 ans inscrit à la faculté de Sciences et techniques de l’université d’Abidjan, sera assassiné par d’autres étudiants, indexés comme étant de la nébuleuse Fédération estudiantine et scolaire de Côte d’Ivoire (Fesci). Cette formation syndicale, en réalité, n’est autre qu’un instrument à la solde du FPI pour brimer tous ceux qui n’épousent pas les idées du parti des socialistes ivoiriens. La Côte d’Ivoire va aussi vivre un autre jour noir de son histoire. Le 18 février 1992, prétextant une marche, les militants du FPI, avec à leur tête le président du parti, Laurent Gbagbo, vont envahir le Plateau, le centre des affaires. Armés de gourdin, pour certains, de pierre et même d’armes à feu pour d’autres, selon des sources, vont « caillasser » et incendier plusieurs véhicules. Quelques années plus tard, précisément en 1995, le parti de Laurent Gbagbo remet le couvert. Cette fois-ci avec son fameux « boycott actif ».

Au vu de ce qui précède, l’on se rend à l’évidence que les années passent, mais le parti à la rose ne s’assagit pas. Bien au contraire, il devient plus violent. Emporté par l’ivresse du pouvoir, Laurent Gbagbo s’en prend à tous ceux qui osent s’opposer à son pouvoir. Un pouvoir qu’il exerce dans le sang du début à la fin. N’affirmait-il pas :

«Mille morts à gauche, mille morts à droite, moi j’avance » ? Des propos qui seront traduits en acte. Puisque le 27 octobre 2000, un charnier de cinquante-sept personnes froidement abattues par sa garde prétorienne sera découvert à Yopougon, un quartier populaire du Nord-ouest d’Abidjan, la capitale économique de la Côte d’Ivoire.

A partir de ce moment-là, comme dans un film western, celui qui se faisait appeler le Woody de Mama va tirer sur tout ce qui bouge. A côte de l’armée régulière, il crée les « escadrons de la mort » qui écument la ville d’Abidjan et toutes les grandes métropoles du pays, avec pour mission d’éliminer physiquement tous ceux qui s’opposent au pouvoir d’Abidjan. Le célèbre comédien Camara Yêrêfê dit H et Tehé Emile, un chef de parti politique, pour ne citer qu’eux, feront les frais de cette milice. Le FPI ne s’arrête pas là ! Passé l’épisode de la crise militaro-politique de 2002, ce parti jette alors son dévolu sur le processus de normalisation du pays. Lancée en2007, l’opération des audiences foraines sera l’occasion pour le parti de poser des actes répréhensibles d’une violence inouïe pour embraser le pays. L’on enregistre plusieurs morts suite à de violents affrontements entre les jeunes Patriotes hostiles aux audiences foraines et les militants de l’opposition. A Grand-Bassam, par exemple, l’on a comptabilisé une personne tuée et six blessés. La même scène a été observée à Divo où des heurts de la même intensité ont causé la mort d’au moins deux personnes. Des groupes rivaux se sont notamment affrontés à coups de pierres, de machettes et d’armes à feu. Le clou de cette barbarie humaine est intervenu à la suite de l’élection présidentielle de 2010. Battu à plate couture par Alassane Ouattara dans les urnes, Laurent Gbagbo va vouloir coûte que coûte s’accrocher au pouvoir. Aidés par des miliciens et une horde de mercenaires libériens, le natif de Mama tente de confisquer le pouvoir par la force. Ce qui n’est pas du goût de l’opposition d’alors. Suivra alors la chasse à l’homme dans les communes d’Abidjan et particulièrement à Yopougon, bastion du FPI. A l’appel du leader des jeunes Patriotes, Charles Blé Goudé aujourd’hui incarcéré à la prison de la Haye, des barrages seront dressés aux différents carrefours de Yopougon. Le supplice du feu est exercé sur les «rebelles», selon l’expression populaire des jeunes Patriotes. Ces derniers pousseront la violence et la barbarie à son paroxysme avec leur concept « l’article 125 » qui consiste à brûler vive toute personne supposée proche de Ouattara et du Rdr ou du fait de son patronyme à consonance nordique. Les Ouattara, Koné, Coulibaly, Konaté, Fofana ou les Kouassi, Konan seront la cible de ces jeunes Patriotes. Mais, finalement, la violence a emporté le FPI et son mentor qui est pris le 11 avril 2011 dans son bunker.

Voir aujourd’hui Lida Kouassi et Abouo N’Dori, deux hauts cadres du parti qui ont exercé des fonctions au sommet de l’Etat, se brutaliser de la sorte, l’on n’est pas étonné. Car, la violence, ils l’ont à fleur de peau.

Thierry Latt

Le Patriote

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