Les « Fous Du Roi » Et L’appel De Mama

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L’échiquier politique national s’enrichit de plus en plus d’appels. Après celui de Daoukro caractérisé par le soutien du président Bédié à la réélection d’Alassane Ouattara, c’est le tour de certains caciques du Front populaire (Fpi) de nous servir l’« appel de Mama » le 5 Octobre 2014. Ce sont les « fous du roi ». Ils.ont, sans complexe, justifié leur réputation à travers un show politique avec des sonorités déconcertantes. Ils entendent éjecter coûte que coûte Affi N’Guessan de son fauteuil de président du Fpi.

Au nom du roi et pour le roi, ces « fous du roi » se sont lancés dans une mise en scène dont ils ont le secret. Loin du contrôle émotionnel qui sied à tout responsable politique, leur discours a eu pour support le nom du Président Laurent Gbagbo. L’évocation maladroite du nom du roi pour un poste sur lequel le roi a craché depuis bien longtemps autorise à s’interroger sur  la bonne foi des auteurs de l’appel de Mama.  Ce ne serait donc pas exagéré de penser que ces fous, supporters officiels et légitimes du roi, agissent désormais pour leur propre intérêt. Leur folie semble réduite à une simulation de soutien, mais jette le doute sur leur bonne volonté à se préoccuper réellement du sort de Laurent Gbagbo. A quoi sert en effet une folie qui va compromettre la libération du roi ? La question reste posée.

L’accalmie n’aura duré que le temps d’un feu de paille. Les opposants à Affi N’Guessan ne démordent pas. Ils sont à nouveau en ordre de bataille, prêts à en découdre avec l’actuel président du parti à la rose. La crise de confiance née à l’occasion de remaniement du secrétariat général du Fpi continue toujours de produire ses effets. Les différents protagonistes, regroupés par centre d’intérêts, continuent toujours de se prêter des intentions. C’est un euphémisme de conclure à la gravité de la situation. Le Fpi vit au rythme des calculs mafieux et meurt à petits coups dans ses contradictions internes. Les nuages s’accumulent toujours au firmament. L’ambition de maintenir le Fpi dans le jeu politique national se heurte à une vaste conspiration ouvertement revendiquée. L’écho de l’appel de Mama ne pouvait masquer les intentions de ses initiateurs. Cet appel est à l’image des « journées portes ouvertes » sur les querelles internes qui déchirent le parti.

Face à l’ivresse des « fous du roi », il urge de provoquer l’extinction de la folie. Et c’est d’ailleurs ce qui justifie la montée au créneau du fils du roi : Michel Gbagbo dit NON à l’appel de Mama. En somme, cet appel reste l’expression d’une distraction qui effrite la grandeur du roi. Par ailleurs, peut-on aujourd’hui, en toute sincérité remettre en cause l’honnêteté et le militantisme de Pascal Affi N’Guessan ? Il s’est toujours battu comme un beau diable pour la cause du parti et sa fidélité à Laurent Gbagbo ne souffre d’aucune ambiguïté. Pendant plus de deux décennies, il a franchement mouillé le maillot. Pourquoi voudrait-on forcément que la lune de miel entre les deux hommes, se transforme en lune de fiel ?

Dans cette guéguerre, les militants à la base demeurent plus préoccupés par l’avenir du parti et le sort réservé à leur leader charismatique en détention à la Cour pénale internationale. Malheureuse, à l’allure où évoluent les tensions antagonistes au sein du parti, l’horizon est chargé de grosses incertitudes. Le Fpi en tant que parti d’opposition n’a vraiment pas besoin de s’enliser davantage. Comme un malade dans le coma, il lui faut recevoir en urgence des soins intensifs pour reprendre vie. Les dirigeants et militants devraient mettre de l’eau dans leur vin, car le Fpi dont tous se réclament n’a que faire de ces tiraillements sans fin.

L’antagonisme autour des options stratégiques d’Affi N’guessan pourrait faire craindre l’impasse avec son cortège de conséquences fâcheuses. Les vues divergentes sur la participation du Fpi à la prochaine présidentielle sont au rendez-vous et risquent de gripper la machine de l’opposition. C’est pourquoi, il convient, de notre point de vue, pour le président Affi N’guessan de ne pas passer en pertes et profits les préoccupations du camp adverse, même si elles sont incohérentes et inconséquentes à première vue. En toute lucidité, il lui faut analyser les motivations et procéder à une autocritique en tenant compte de la portion de vérité contenue dans les discours de ses camarades détracteurs.

georexk@gmail.com

CONSULTANT-FORMATEUR EN MANAGEMENT

Par le Dr ALEXIS GEORGES KOUNOUHO

 

 

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