ADO et la Présidentielle Ivoirienne: En face c’est maïs

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Ça y est ! Alassane Dramane Ouattara, pour une seconde fois, va à l’assaut du fauteuil présidentiel.  Sans surprise, il a officiellement été investi comme candidat du RHDP à sa propre succession à la tête de la Côte d’Ivoire, le 25 avril dernier, lors d’un meeting au stade Félix Houphouët-Boigny d’Abidjan.  La fleur au fusil, il monte au front sans crainte de  Waterloo  électoral. Et s’il fait figure de grand favori à cette élection, c’est qu’il sait compter sur son bilan, pour le moins remarquable. ADO devrait donc pouvoir reprendre à son compte, l’expression de son prédécesseur Laurent Gbagbo : « en face, c’est maïs ! ».  En tout cas, son bilan parle pour lui et cet élan ne doit pas être freiné, dans l’intérêt de la nation ivoirienne.  Sauf à vouloir porter des œillères pour se refuser à voir la réalité en face, l’on ne peut lui dénier la qualité reconnue d’être un bosseur. Notamment à en juger par ses travaux d’Hercule qui ont donné à la Côte d’Ivoire,    une nouvelle et fière allure. Au total, un  pays superbement métamorphosé, résolument au travail et de plus en plus affranchi de ses démons. Si bien qu’on voit mal comment ADO ne remportera pas encore la mise, à l’issue du scrutin d’octobre  prochain.  Un triomphe qui fera évidemment le bonheur de celui qui appelle affectueusement « grand-frère », Henri Konan Bédié pour ne pas le citer, qu’il aura eu l’intelligence politique de traiter avec tous les égards et honneurs, et d’en faire un allié politique de taille.  Une complicité qui n’est pas sans faire florès sur le terrain politique, en atteste la grande mobilisation de samedi dernier (environ 40 000 supporters au stade Félix Houphouët-Boigny d’Abidjan), pour le soutien du candidat unique du RHDP. C’est dire si la  redoutable machine RHDP est résolument en marche, à telle enseigne qu’on ne voit pas vraiment comment l’opposition viendra à bout de ce mastodonte qui semble bien parti pour la laminer. Le principal parti d’opposition, le FPI, a-t-il la carrure pour  lui faire barrage ?  Très probablement non. Même requinqué, il en aurait éprouvé toutes les peines du monde, a fortiori affaibli et flapi par ses querelles intestines.  Et puis, il y a que ses dix années d’exercice du pouvoir, ont été vécues comme un véritable traumatisme pour une bonne majorité des Ivoiriens.  Dix années de gâchis ! Un passif  contesté par le fils de Mama qui  avait trouvé comme alibi, l’instabilité chronique à laquelle il n’était du reste pas étranger.

Il faut éviter qu’à la  lumière succède l’obscurité

Cela dit, on sait que la candidature « unique » du RHDP pour les élections présidentielles, ne fait pas l’unanimité, même au sein de la grande  famille des Houphouëtistes. Que des voix s’élèvent au sein de ce rassemblement, pour contester cette candidature unique, c’est au moins le signe d’une vitalité démocratique  au RHDP.   Et c’est tant mieux pour la démocratie. Et au nom de la beauté du jeu démocratique, ce n’est pas non plus une mauvaise chose en soi, que la parole se libère aussi dans le camp de  l’Opposition. Sur fond de parole libérée et  portée par des militants  aux dents longues qui estiment l’heure venue pour eux aussi, de se lancer à la course à l’échalote, le RHDP a souffert de ses querelles d’ego. Du temps du « Vieux », pareille bravade n’aurait pas été possible. Ces dissensions tous azimuts ont en tout cas le mérite de participer  au renforcement de la démocratie en Côte d’Ivoire et sont la preuve vivante qu’elle gagne de plus en plus en maturité.  ADO en roue libre ! C’est le moins qu’on puisse dire, après son investiture  sans bavure par le RHDP pour porter ses couleurs. Il est quasiment certain qu’il ne fera de l’opposition, qu’une bouchée.   Mais une fois porté en triomphe, qu’il ne perde pas de vue une chose : il entame son second et ultime mandat, tel que le lui autorise la Constitution.  Resté grand en esprit et en actes tout au long de son magistère,  il doit savoir partir en grand et c’est pourquoi, il doit éviter la tentation du bricolage constitutionnel, cette sorte de tunique de Nessus qui a fini par cramer les ailes de bien des dirigeants du continent, et par causer leur perte, comme c’est le cas de son  hôte et ami burkinabè, Blaise Compaoré.  ADO ne doit pas décevoir. On dit du pouvoir, qu’il grise. A lui de se prémunir contre ses addictions,  une fois qu’il aura épuisé ses deux mandats. ADO doit respecter son serment. Car, autrement, il risque de vendanger son oeuvre monumentale et par ricochet, écorner à jamais son image.  Il faut éviter qu’à la  lumière succède l’obscurité.  La Côte d’Ivoire  n’en a pas besoin, elle qui semble avoir tourné définitivement le dos à l’abîme. Et ADO est bien placé pour savoir ce que cela coûte,  de plonger dans ses profondeurs ténébreuses.

« Le Pays » (Burkina Faso)

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