Présidentielle ivoirienne : la légitimité d’ado est sauve

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Près de « 60% de taux de participation ». C’est le chiffre communiqué par le vice-président de la Commission électorale indépendante (CEI) vingt-quatre heures après la tenue de la présidentielle ivoirienne du 25 octobre 2015. Une annonce très attendue surtout du côté des partisans du président sortant, Alassane Ouattara, chez lesquels l’enjeu de ce scrutin est plus le niveau de participation que la victoire, acquise à l’avance dès le premier tour. Avec les désistements successifs d’Essy Amara, Mamadou Koulibaly   et Charles Konan Banny pour protester contre le « manque de fiabilité » du vote, avec le principal opposant, Pascal Affi N’Guessan, qui aborde la compétition sous la bannière d’un FPI en miettes ; alors en face d’ADO, « c’était maïs », comme disait Laurent Gbagbo, confiant en sa victoire en 2010.

Encore fallait-il que le champion du RDR fût bien élu, ce qui n’était par contre pas gagné d’avance avec les multiples appels au boycott.

Avec un taux de participation de 60%, sous réserve de consolidation pour reprendre une expression en vogue en 2010, le locataire du palais de Cocody rempile pour un second mandat, auréolé d’une légitimité certaine quoiqu’inattendue.

Que ce chiffre soit contesté, revu à la baisse ou confirmé, une chose est sûre, il y a un net reflux de cette marée d’électeurs qui avaient pris d’assaut les bureaux de vote lors du premier tour du précédent scrutin.

En effet, près de 83% de l’électorat s’étaient rendus aux urnes pour ne pas se faire conter un rendez-vous tant attendu aux allures de guerre de titans entre Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara. Un taux à faire pâlir de jalousie mêmes les démocraties dites avancées.

Les « ADOlâtres » diront que même avec ce recul, c’est nettement mieux qu’en 2000 où Gbagbo a été élu avec moins de 40% de taux de participation. Si ça peut les consoler, c’est tant mieux.

Mais force est de reconnaître que de 83à 60% en l’espace de cinq ans, on assiste à une véritable fonte de l’électorat. Pour un scrutin censé tourner la page de la grave crise postélectorale, ce repli sonne comme une sanction contre l’ensemble de la classe politique ivoirienne qui n’est pas parvenue à réconcilier les Ivoiriens avec eux-mêmes.

Vue sous un autre angle, cette présidentielle a été un scrutin national aux enjeux partisans au regard des querelles intestines qui ont traversé nombre de partis politiques. Beaucoup de prétendants à la magistrature suprême jouaient plus leur propre avenir politique que celui de leur chapelle : ainsi de Konan Kouadio Bertin, dit KKB, qui a rompu les amarres avec sa famille politique pour se lancer à la conquête du palais de Cocody ; ainsi également du « traître » Pascal Affi N’Guessan qui s’est aliéné une bonne partie des militants du FPI en acceptant de prendre part à une course boycottée par les inconditionnels de Gbagbo.

Alain Saint Robespierre

L’observateur (Burkina Faso)

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