Kamagaté Ibrahim (président du RGCI) : « La mort de Jean Hélène est liée aux grins »

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Comment êtes vous arrivés à asseoir le Rassemblement des grins de Côte d’Ivoire (Rgci) ?

J’avoue que ça n’a pas été facile dans les années 2003 jusqu’à 2010, on ne pouvait pas visiter sans crainte ces espaces publiques, parce qu’au départ on nous prenait pour les partisans du Rdr. Alors qu’il ya une véritable coloration dans notre mouvement. Il  y avait dans mon grins (le forum d’Adjamé non loin des anciens bureaux d’Edipress) des ministres comme Lida Kouassi Moïse, comme l’ex directeur général George Aboké Lida. Certains ont tendance à coller aux grins une ethnie, c’est un délit de faciès et c’est pourquoi nous avons pris, dans le passé, faits et causes pour le président Alassane Ouattara, qui s’est érigé contre le délit de patronyme.Je vous rappelle que la mort de Jean Hélène est liée à l’affaire des grins. Ils voulaient comprendre ce mouvement et qu’est ce qui se dit dans ce lieu de rencontre. Ces en partance pour cette enquête qu’il a trouvé la mort.

Vous avez entamé une tournée de sensibilisation dans vos bases, que peut-on tirer de cette politique de proximité ?

Je pense que  cela a été positif. Il y avait de nombreux  mécontents qui pensaient qu’après tant d’effort pour le Président de la République sans récompense, surtout au prix de leur vie, ils ont décidé de ne pas sortir. Mais, il a  fallu des personnes comme nous pour aller sur le terrain pour leur redonner confiance en leur disant que  le président est un homme de parole et qu’il n’allait pas oublier leur combat. Ce qui a fait que l’ensemble des grins ont voté massivement pour le Président de la République. Nous comptons aujourd’hui 2320 Grins à travers la Côte d’Ivoire dont près de 1265 dans le district d’Abidjan.

Quelle  a été concrètement  la particularité des ces échanges qui ont entrainé le revirement de la situation ?

Ce que nous avons retenu, c’est la déception, parce que le social n’a pas suivi. Mais il ya beaucoup d’action, je pense, qui vont suivre. Comme l’exemple du programme « santé pour tous ». Nous pensons que l’Etat doit rassurer ces populations en les accompagnant. Le faire c’est aussi accompagner le Rhdp et l’ensemble des Ivoiriens, puisque nous sommes dans ce moult là.

Qu’est ce qu’il faut aujourd’hui à votre organisation pour le positionner au premier plan, c’est-à-dire dans les instances de décisions ?

Ce sont les moyens, aucune structure ne peut fonctionner sans moyen. Les leaders qui entretiennent ce genre de mouvement doivent être assister. Mais ça ne suit pas. Nous qui sommes responsables de l’association des grins de Côte d’Ivoire n’avons jamais été associés à une quelconque action du gouvernement. Mais, si nous ne pouvons pas nous asseoir sans rien faire, nous sommes obligés de faire bouger les lignes pour que les choses puissent changer. Et  qu’on soit sollicité dans toute action du gouvernementale. Notre conscience nous interpelle chaque fois.

Avec la nouvelle stratégie de développement amorcée par le gouvernement pour 2015-2020, quelles sont, vous, vos recettes pour le développement des grins ?

Nous allons  d’abord poser les doléances. Comme je l’ai dit tantôt, nous ne sommes pas appuyés, pourtant notre mouvement est très visible. Nous demandons aux autorités d’accompagner ces mouvements qui peuvent faire beaucoup pour la Côte d’Ivoire. Dans ce pays, le constat que l’on fait c’est que les politiciens aiment ceux qui font la propagande sans remord. Mais nous, dans les grins, nous prônons les bonnes valeurs morales,  l’union, parfois sans grand moyen. Pour dire qu’on peut faire encore beaucoup de chose si les besoins sont comblés. Aujourd’hui la culture de l’Ivoirien nouveau est  véhiculé dans les grins, nous pensons à vulgariser ce comportement pour faire avancer la Côte d’Ivoire.
Les grins sont fréquentés par des personnes d’horizons divers (on y trouve toutes les ethnies). Lorsqu’un malheur frappe l’un des membres, nous sommes obligés de le soutenir , malgré son appartenance politique ou ethnique. C’est ce qui fera le bonheur de la Côte d’Ivoire et c’est aussi ça l’Ivoirien nouveau.

Vu le travail que vous faites, Pourquoi les institutions n’acceptent pas votre collaboration ?

On espère que ça viendra. Mais, pour  ma part, je dirai que nous avons jamais été associé à une quelconque initiative gouvernementale, ni même invité à un forum concernant les grins.que ce soit le ministère des affaires sociales ou de la jeunesse, de l’emploi. Ils savent ce que nous apportons, mais n’osent même pas nous approcher pour des manifestations. Personne ne nous considère, mais nous allons faire beaucoup de bruit pour qu’ils savent que nous sommes là.

De Combien votre organisation a besoin pour développer ses activités ?

On ne peut pas chiffrer. Mais on peut allouer une subvention pour nous, puisqu’ils l’ont fait pour les autres. On a besoin d’un minimum pour aller vers les populations pour rendre compte du travail que le Président de la République est entrain de faire pour le pays. Félix Houphouët Boigny  l’a fait dans le passé, je pense qu’il faut écouter les deux ténors du Rhdp et les accompagner dans le développement du pays. Un milliard Fcfa peut aider le mouvement à consolider les acquis. Parce qu’il faut entretenir la jeunesse, qui accueille de plus en plus une diversité de personne. C’est aussi une tribune de vérité.

Que comptez-vous faire dans les mois à Venir ?

Nous allons reprendre notre bâton de pèlerin pour sensibiliser les Ivoiriens. A leur dire que nous sommes des frères et que nous nous aimons pour une Côte d’Ivoire prospère. Tant que nous ne faisons pas cela, nous risquerions de replonger dans la crise qu’on a connue dans un passé récent. Les grins sont des mouvements qui peuvent  réconcilier les Ivoiriens. Mais, nous sommes aussi les Sms des partis politiques.

Par quel moyen allez vous réconcilier, étant donné, comme le disiez, que vous n’avez été aucunement associé aux décisions concernant l’avenir du pays, à un degré moindre aux rencontre concernant la jeunesse ?

Moi  j’ai toujours dis bonjour à mon voisin et je m’associe à leur moment de joie comme de peine, c’est comme ça qu’on peut aller à la réconciliation. Prenons le cas de notre association, quand quelqu’un venait à décéder, nous prenons tout en charge. Nous apportons notre aide à des familles en difficulté même celles qui sont parfois frappées  par un deuil, du début jusqu’à la fin. Même les enfants du défunt sont assistés, voilà l’exemple de l’Ivoirien nouveau.

Un mot à l’endroit des partis politiques, par rapport à l’alternance à 2020 ?

Je leur dirai qu’ils voient la politique comme un jeu de football, où chaque équipe est déterminée gagner. Mais une fois qu’il ya un vainqueur chaque camp s’embrasse. Je suis un dirigeant de club (vice président du Cok Korhogo) dans une ville d’où je ne suis pas originaire. C’est vous dire combien de fois on peut vivre ensemble et partout quelque soit notre appartenance ethnique ou idéologique. C’est comme cela qu’on doit voir la politique.Interview réalisée par

Kamagaté Issouf

issouf.kamagate@fratmat.info

Frat-Mat

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