Centrales hybrides : une solution d’avenir ?

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Inexistants il y a deux ans, ces sites, appelés Centrales hybrides, sont appelés à se multiplier, mais les bailleurs de fonds hésitent encore à les financer.

«Le développement des centrales hybrides en Afrique est à la fois embryonnaire et à très fort potentiel. » Jean-Jacques Ngono, associé principal chez Finergreen, un cabinet de conseil financier spécialisé dans les projets d’énergies renouvelables (ENR), a tout dit… ou presque. L’attrait naissant pour ces infrastructures qui couplent sources d’énergie « classique », fossile ou hydraulique, aux énergies renouvelables pourrait bien venir révolutionner le marché d’ici à « trois ans ». C’est que cette solution permet à la fois de réduire l’empreinte environnementale des centrales, d’économiser des énergies fossiles et de diminuer les coûts, tout en palliant l’un des principaux défauts des installations ENR : la variation du débit.

A l’heure actuelle, il n’en existe que quelques-unes de ce type sur le continent. Le cas le plus emblématique est certainement celui d’Ain Beni Mathar, au Maroc, centrale thermo-solaire (452 MW pour le gaz, 20 MW-crête pour le photovoltaïque, sa puissance maximale) mise en service en 2010. Mais d’autres ont également vu le jour ces dernières années, souvent de taille beaucoup plus modeste, comme en Égypte, sur le site de Kuraymat (140 MW au total), en Mauritanie avec la centrale thermosolaire de Kiffa (5 MW et 1,3 MWc), au Sénégal, en Tanzanie, au Mali ou au Burkina Faso, à travers de mini-réseaux hybrides.

Bouleversement hybride

« On a senti une véritable accélération de ces projets à partir de la chute des cours du pétrole puis de la COP21 », observe Thierry Barbaut, responsable digital de l’Agence Micro Projets, qui développe des projets d’énergies renouvelables en Afrique. « Parmi les initiatives soumises aux grands bailleurs internationaux actuellement, près de 50 % sont des projets hybrides. C’est l’avenir. »

D’autant plus que les nouvelles centrales ne constituent pas l’unique débouché. L’hybridation pourrait aussi bientôt venir bouleverser les centrales existantes. Le 27 novembre dernier, l’entreprise française Eren Renewable Energy (Eren RE) a annoncé avoir bouclé un financement de 16,5 millions de dollars (13,9 millions d’euros) pour un projet d’installation de panneaux photovoltaïques au Burkina Faso. A priori, rien de révolutionnaire. Sauf qu’au même endroit existe déjà une centrale au fioul de 40 MW qui alimente la mine d’or d’Essakane, exploitée par l’industriel IAMGold.

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