Rapport de l’onu sur les achats illicites d’armes : faut-il avoir peur de guillaume soro ?

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Les tuiles s’amoncellent sur la tête de Guillaume Soro, ci-devant président de l’Assemblée nationale de la Côte d’Ivoire. C’est le moins que l’on puisse dire. Car, alors que l’homme n’a pas encore fini de solder ses comptes avec les Justices française et burkinabè qui veulent respectivement l’entendre pour séquestration, traitement inhumain et pour son implication présumée dans le coup d’Etat du 16 septembre 2015 à Ouagadougou, voilà que Guillaume Soro est à nouveau sous les feux cuisants de la rampe. De quoi s’agit-il  exactement ? En effet, un groupe d’experts indépendants des Nations unies vient de rendre public, avec force détails, son rapport sur de présumés achats illicites d’armes en Côte d’Ivoire. Selon les experts, de nombreuses armes ont été achetées par les Forces nouvelles, au lendemain de la crise postélectorale de 2010-2011 : 300 tonnes de kalachnikov, mortiers, lance-roquettes et autres munitions ont été acquises par Guillaume Soro et entreposées principalement à Bouaké et Korogo. A quelle fin ces armes ont-elles été achetées, alors même que la Côte d’Ivoire était encore sous embargo ? Doté d’un tel arsenal, Soro pourrait-il préparer une nouvelle rébellion ? Autant de questions que l’on peut bien se poser, surtout quand on connaît le caractère bien trempé de l’actuel président de l’Assemblée nationale qui est loin d’être un enfant de chœur. Guillaume Soro, on le sait, nourrit des ambitions profondes (très probablement présidentielles) et de ce fait, il pourrait être prêt à tout pour atteindre ses objectifs. Certes, il a encore, comme les précédentes fois, tenté de banaliser le travail des experts onusiens qu’il a qualifié de« médiocres farceurs », mais au regard des nombreuses casseroles qu’il traîne, il vaut mieux avoir désormais peur de Guillaume Soro qui, faut-il le rappeler, est devenu ce qu’il est aujourd’hui par la force des armes.

Soro doit se refaire une nouvelle réputation

C’est pourquoi la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et l’Union africaine (UA) doivent accorder toute l’attention qu’il faut au rapport des experts onusiens en l’épluchant à fond, afin d’en saisir tous les détails significatifs. Car, à l’allure où vont les choses, Guillaume Soro pourrait constituer une menace pour toute la sous-région. Et c’est peu dire que dans ce trafic illégal d’armes, l’ex-rebelle a dû bénéficier de la complicité de bien des pays de la sous-région, notamment le Burkina Faso, pour ne pas le nommer, alors dirigé par Blaise Compaoré qui ne faisait pas mystère de son soutien à son filleul. Dès lors, on comprend pourquoi la perquisition du domicile de Soro à Ouaga 2000 au lendemain du putsch manqué du général Gilbert Diendéré, avait permis une importante saisie d’armes. L’ampleur était telle que d’aucuns n’avaient pas tardé à comparer le domicile privé de Soro à une poudrière. Il est vrai, comme le dit l’adage, que qui veut la paix prépare la guerre, mais il est aussi démontré que qui veut le pouvoir s’en donne les moyens, surtout militaires, en Afrique. Est-ce le cas ? On ne saurait le dire. Toujours est-il que Soro a du mouron à se faire. Il doit se refaire une nouvelle réputation, son nom ayant plusieurs fois été traîné à tort ou à raison dans la boue. En tout cas, par ces temps qui courent où il est question de lutte contre le terrorisme, il ne fait pas bon d’être cité dans une affaire de trafic ou de commerce illégal d’armes. Et les experts onusiens ne disent pas autre chose quand ils s’interrogent sur l’origine des armes ayant servi aux attaques à la frontière malienne, en juin dernier. Pire, ils n’excluent même pas la possible présence de cellules dormantes de miliciens à la frontière libérienne déjà coutumière d’attaques répétées de mercenaires venus d’on ne sait où. Cela dit, s’il y a bien quelqu’un qui doit être gêné aux entournures face à cette série de scandales qui éclaboussent son poulain, c’est bien le président Alassane Ouattara. Que faire ? Question à mille inconnues quand on sait que Soro fait partie de ceux-là qui constituent la charpente du régime Ouattara. Pauvre Ouattara qui doit méditer cette sagesse africaine : « quand on est ami avec la chèvre, il faut s’attendre un jour à verser des larmes sur la place du marché ».

Boundi OUOBA

Le Pays (Burkina Faso)

 

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