Côte d’Ivoire : Notre épine dorsale

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La politique, c’est comme les funérailles. Pendant que certains pleurent pour avoir perdu quelqu’un de cher, de précieux, d’autres pleurent parce que celui qu’il détestait vient de partir. Ils pleurent de soulagement, de joie. Celui qu’ils jalousaient vient de rendre l’âme. Quel bonheur. Donc aux funérailles, les pleurs de ceux qui aimaient le défunt, même ressemblant à ceux qui le haïssaient, ne sont pas les même, le sage dit. Mais, si on prête attention à la quittance, à la cadence et à la pureté  des pleurs des uns et des autres, on s’aperçoit de la différence entre les hypocrites et les sincères, à coups de sanglots expressifs de leur réels sentiments. Les pleurs qui sont en fait des paroles, que seuls les êtres instruits comprennent, permettent de savoir qui pleure et qui ne pleure pas. Qui est nostalgique du défunt et qui ne l’est pas. Qui se réjouit et qui est dans la douleur. Voila pourquoi, dans certaines cultures, quand tu viens à des funérailles, on te laisse pleurer d’abord, un peu. On te laisse pleurer afin de t’observer et comprendre ce qui fait que tu coules des larmes si chaudes avant de te dire Yako, Ifo.

Quand vous contextualisez, transférez cette leçon de la vie dans la politique, vous verrez que tous ceux qui attaquent un pouvoir ne le font pas pour les mêmes motivations. La joie est « trop » pour certains de voir que le moment présent est difficile selon la grogne mais détrompons nous, ceci passera. Une nation sans épreuves, n’a pas de rêves. Cette joie qui veut qu’au prix de tout il faut faire la peau à  Ouattara. La joie est « trop » pour d’autres parce que le pouvoir de Ouattara semble trop durer et prendre du temps. Le vieux doit partir maintenant et tout de suite parce que l’attente devient intenable et insoutenable. Eux, ils ne peuvent pas attendre et donc la solution pour eux, c’est d’accentuer par jets de scandales et de pressions la crise de confiance entre Ouattara et les citoyens, sa gouvernance et son peuple. Et pourtant, leurs avenirs politiques se trouvent dans l’action de Ouattara, sa réussite et ses retombées sur les populations. A aider et à soutenir le chef présent, on se met dans une position idéale pour diriger les autres après lui, demain si la faveur du peuple nous désigne. Mais à donner des coups bien visibles, la mâchoire serrée avec les dents de joie ne font que renforcer les suspicions, les craintes et les méfiances au sein de la classe dirigeante. Enfin, il y a ceux qui gardent leur foi intacte à Alassane Ouattara et lui disent : « président. La situation est critique. Les populations ne sont pas contentes. Soit vous les rassurer en prenant la parole pour re-déballer vos objectifs à court terme, soit vous prenez une suite de mesures dont les plus souhaitées sont: la baisse des prix des denrées, l’annulation de certaines taxes décriées, la redynamisation de votre gouvernement, etc, etc… » Pour ça, on n’a pas besoin de soulèvement populaire. On n’a pas besoin de voir les gens se battre. On n’a juste besoin de s’exprimer et ceci a été fait. Place et temps au président pour penser, annoncer et finalement appliquer ces mesures que tout le monde attend et qui viendront.

La question qui se pose à nous en tout moment conflictuel est que gagnons-nous dans la situation présente ? Et que perdrons-nous dans un renversement violent de pouvoir comme souhaité entre quatre murs dans des cercles politiques? Pour ceux qui sont au pouvoir, ceux qui en profitent directement ou indirectement ce sera la perte de privilèges même si certains donnent l’impression de n’avoir rien eu, de n’avoir pas eu la reconnaissance ( ?) qu’ils méritent. De n’avoir pas été récompensés à la hauteur de leurs efforts ce qui de notre avis n’est pas totalement correct. Nous allons éviter de tourner le couteau dans la plaie mais les exemples sont légions et visibles sur la gratitude de ce pouvoir envers ceux qui les ont « soutenus » pour l’avènement d’un état de droit.

Cependant, mettant de coté les intérêts politiques et égoïstes, on se rend compte que l’enveniment de la situation causera encore et toujours à la population puisque l’essentiel sera perdu. La fraternité fera place à l’animosité. La haine et l’instabilité seront de retour. La quiétude sociale, l’égalité entre les citoyens et les communautés disparaitront. La paix et toujours la paix doit demeurer notre est épine dorsale dans ce contexte de manipulations et de complots en gestation.

La rédaction

Lementor.net

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