Exclusion de membres : comment Bédié et Guikahue tordent le cou aux textes du PDCI et aux lois Ivoiriennes

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Ivory Coast's Ex-President and President of the Ivory Coast Democratic party (PDCI) Henri Konan Bedie (C) and executive secretary of the party, Maurice Kacou Guikahue (C-Back) arrive prior to a meeting of the political bureau on the proposal of the coaltion RHDP party (Rally of Houphouëtists for Democracy and Peace) on June 17, 2018 in Abidjan. - Ivory Coast's Democratic Party, a member of the ruling coalition, rejected a proposal to form a unified party ahead of the 2020 presidential election, a plan which was supported by President Alassane Ouattara. The PDCI meeting comes two weeks after Ouattara suggested he could seek a third term after his mandate ends in 2020. (Photo by SIA KAMBOU / AFP) (Photo credit should read SIA KAMBOU/AFP/Getty Images)

Le parti démocratique de Côte d’ivoire semble t’il est rentré dans une phase importante dans cette crise interne qui nous réserve d’énormes surprises dans les semaines à venir. Le parti unifié, conçu pour réunir les enfants d’Houphouët Boigny semble ne pas être du tout apprécié au sein du vieux parti. Tous les observateurs avaient vu en cette aubaine du pain béni pour le président Henri Konan Bédié afin que reconstituer un héritage politique et sociologique perdu à cause de sa conception et de l’exercice clanique du pouvoir d’état de 1996 à 1999.

Aujourd’hui, le PDCI semble avoir remis à l’ordre du jour ses méthodes d’exclusion et de répression. On vient d’apprendre par voie de presse que certains cadres ont été purement et simplement exclus du parti. En d’autres termes ils ne sont plus membres du PDCI. C’est le secrétaire exécutif du PDCI lui-même qui s’est senti la force et la nécessité de venir expliquer pourquoi ses amis ont été « limogés » du PDCI. La loi No.93-668 du 09 Aout 1993 relatives aux partis politiques, utilisé par Maurice Kacou Guikahue reste toutefois muet sur le fait qu’un Ivoirien ne peut appartenir à un parti politique. Plus alarmant est le fait que le RHDP parti unifié n’est pas encore légalement constitué. Une Assemblée générale constitutive est en réalité la première étape vers la « vie » pour un parti politique. Les articles 11 à 14 définissent les conditions à remplir pour un parti d’exister et d’exercer légalement. L’article 13 stipule que : « le ministre chargée de l’intérieur dispose de trois mois pour vérifier la conformité du dossier avec les prescriptions de la présente loi. Lorsque le dossier est conforme, le ministre chargé de l’intérieur délivre le récépissé de déclaration ». En d’autres termes, le RHDP n’est pas considéré comme parti politique juste à cause d’une Assemblée constitutive et de ce pas, ceux qui ont été exclus, ne le devrait, parce que légalement n’appartenant pas à deux différentes formations politiques (si cette restriction existe quelque part dans nos lois).

En dehors de l’aspect juridique, trois autres points doivent être notés quant à cette façon solitaire et cavalière de régler des comptes au sein du PDCI.  

Le premier point est la politique de deux poids deux mesures en place au PDCI. On se souvient qu’en 2015, Kouadio Konan Bertin alias KKB était allé contre la décision de son parti de soutenir la candidature d’Alassane Ouattara lors des présidentielles. En plus de contester cette décision, KKB s’était porté lui-même candidat pour mieux exprimer sa désapprobation. Est-il besoin de rappeler que KKB n’avait jamais été exclu du parti mais plutôt suspendu. Toujours dans la même veine, on peut aussi citer Gnamien Yao, grand ivoiritaire-xenophibe devant l’éternel à pousser l’outrecuidance jusqu’à soutenir Laurent Gbagbo, pourtant pourfendeur de la mémoire d’Houphouët Boigny et de sa gestion de notre pays. Gnamien Yao est aujourd’hui « grand conférencier » au sein du PDCI et pousse à broyer comme à son accoutumée du Ouattara. Est-il besoin de rappeler que Gnamien Yao fut exclu du PDCI par le conseil de discipline et non par le secrétaire général ou exécutif de l’époque le 26 Mars 2009. On pourra aussi citer Yasmine Ouegnin, qui ne cache pas son agacement face à la gestion approximative du PDCI par Bédié et Guikahue. Elle écopera après tout compte que d’une suspension. On se demande pourquoi Adjoumani et ceux qui appellent à l’unité des enfants d’Houphouët ont il fait de si grave pour être exclu de la sorte.

Le deuxième point est tout de même lié au premier cas cité en haut, cependant, ce qui le différencie du premier plus haut est la nature contemporaine des faits reprochés à Adjoumani et consorts (selon les termes du cardiologue Guikahue). Il se trouve que certains militants du PDCI voient d’un mauvais œil la gestion arbitraire qui à cours au sein du vieux parti : « Adjoumani n’était pas le seul avec ceux qui ont été exclus là-bas (assemblée constitutive). Et donc pourquoi la ministre Godou et le ministre Tanoh par exemple, bien présents dans la salle n’ont-ils pas été sanctionnés, exclus ? si le PDCI ne veut pas du RHDP comme il a été bien dit par Guikahue lors de la conférence de presse, pourquoi ne pas alors retirer tous ses ministres purement et simplement du gouvernement ? la restriction de ne pas aller à cette assemblée générale a été faite à tous les militants du PDCI. Membres fondateurs ou non. Il faut que Bédié et son cardiologue nous prennent au sérieux » s’est indigné K.T, militant actif PDCI.

La dernière grosse erreur de Guikahue et de ses amis est que l’exclusion du ministre Adjoumani et consorts est une violation des textes du PDCI. Au titre des procédures disciplinaires, l’article 124 se veut claire : « Le Secrétaire Général de Section ou le Délégué Départemental ou Communal ou le Délégué Général est habilité à prononcer l’avertissement et le blâme. Toutes les autres sanctions (à savoir la suspension avec ou sans déchéance de fonction, l’exclusion temporaire et l’exclusion définitive) sont prononcées en Conseil de Discipline sous l’autorité du Président du Parti. Au vu de ces textes, on se rend compte que la paire Bédié – Guikahue a un problème sérieux avec l’application rigoureuse de la loi, des simples textes qui régissent la gestion de leur organisation. L’article 134 du même statut est encore plus précis : « L’exclusion temporaire du Bureau Politique et du Grand Conseil relève de la compétence du Conseil de Discipline sur saisine du Secrétaire Général du Parti. L’exclusion définitive du Bureau Politique et du Grand Conseil proposée par le Conseil de Discipline relève de la compétence du Congrès sur saisine du Président du Parti”. Il est clair que Bédié tout comme Guikahue ont outrepassé leurs droits. Une aubaine pour les exclus du vieux parti de saisir la justice afin d’être rétabli dans leurs droits politiques.

Auteur : La rédaction

Source : Lementor.net

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