Enjeux sécuritaires et professionnalisation de l’armée : la côte d’ivoire se dote d’une école de guerre

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Le 17 octobre 2019 dernier, le ministre d’Etat, Ministre de la Défense, Hamed Bakayoko a procédé à l’ouverture de l’Ecole de guerre de Côte d’Ivoire, à l’École des forces armées (EFA) de Zambakro, située à 15 kms de Yamoussoukro, la capitale politique du pays.

C’était en présence du tout le gotha de l’armée ivoirienne, avec à sa tête, le chef d’état-major des armées ivoiriennes, Lassina Doumbia, ainsi que d’autres personnalités nationales.

Avec pour mission, comme l’indique le fiche technique, cette école doit Former des chefs militaires capables d’exercer d’emblée des responsabilités de haut niveau avec une vision prospective solide sur l’Afrique. Quant à ses enjeux sécuritaires et sur le monde, ils consistent à former des interlocuteurs politico-militaires crédibles, véritables forces de proposition auprès des autorités politiques et du haut commandement militaire.

L’historique de l’école enseigne qu’elle est née en Allemagne au début du 19e siècle. L’École de guerre est le dernier niveau de formation de l’officier. Elle combine cours miliaires et enseignements généraux et débouche sur le Brevet militaire supérieur, censé regrouper les aptitudes nécessaires à qui veut pouvoir assumer un haut niveau de commandement ou conseiller les plus hautes autorités politiques.

L’ouverture de cette école est la matérialisation de la volonté des dirigeants actuels à doter la Côte d’Ivoire d’une armée professionnelle pour répondre aux enjeux sécuritaires, devenus chaque jour, un éternel défi pour les dirigeants des  pays Africains.  La Côte devient ainsi l’un des rares pays africains à disposer d’une école de guerre, venant combler un grand.

Car jusque-là, en Afrique subsaharienne francophone, seul le Cameroun était doté d’une école de guerre où les devaient se contenter des quelques places qui leur étaient offertes. L’initiative de la Côte d’Ivoire vient donc de combler un vide. Car déjà, on y enregistre la présence des officiers supérieurs, au nombre de 15 stagiaires, dont 2 Béninois, 1 Camerounais, 1 Sud-Africain et 11 Ivoiriens.

Selon le Chef d’état-major général des armées ivoiriennes, le général Lassina Doumbia, la formation d’alite militaire  dispensée par des formateurs ivoiriens et français. « Les officiers, après leur passage aux études supérieures de Défense, seront à même d’exercer dans des états-majors de l’armée ou interarmées, et dans des états-majors multinationaux. Parce que les défis sécuritaires sont nombreux et que les constantes innovations techniques exigent une formation adéquate», a-t-il souligné.

Il faut aussi noter, qu’en théorie, les Généraux et les Colonels qui commandent des forces armées ou des unités importantes doivent tous avoir fait une école de guerre.

Il faut rappeler que l’Ecole de guerre de Côte d’Ivoire bénéficie du soutien budgétaire de la Fondation Allemande Konrad Adenauer. Cela lui permet de bénéficier de l’intervention des plus experts internationaux dans les différentes thématiques qui y seront abordées au cours des formations.

D’autre part, outre l’école de guerre de Zambakro, une académie internationale de lutte contre le terrorisme, est également en construction par les autorités ivoiriennes dans la station balnéaire de Jacqueville, au sud du pays.

Face aux assauts contre les postes militaires dans le Sahel, des difficultés de planification opérationnelle ou encore la délicate coordination des différents services de renseignement nous rappellent chaque jour qu’il est indispensable que nos armées soient dotées d’un véritable savoir-faire stratégique.

D’autres enjeux poussent à encourager et féliciter l’initiative des dirigeants ivoiriens. « Le déficit démocratique, qui fait parfois de l’armée un levier du pouvoir ou de sa régulation ». Les cas des pays comme l’Algérie et le Soudan qui ne  permettent plus que la prise de décision soit confiée à des officiers mal formés ».

L’esprit d’ouverture des autorités ivoiriennes pour donner à l’École de guerre ses lettres de noblesse est à saluer. Car l’apport les partenaires au développement est plus que nécessaire. C’est le cas de la Fondation Konrad Adenauer pour l’aider à mobiliser des financements et à attirer des enseignants de qualité.

Car, si l’ouverture de l’école de guerre de Côte d’Ivoire est considérée comme une avancée énorme et bonne de qualité dans le sens de la professionnalisation de son armée, cela doit s’accompagner d’une augmentation des budgets et de la modernisation des équipements, pour pallier aux  manques de munitions et l’existence de matériels vétustes dans certaines écoles de guerre du continent. Indique-t-on que dans certaines écoles, faute de munitions, les élèves, ne font que 2 à 3 séances de tirs dans l’année et font des entraînements avec du matériel vétuste.

Auteur : Bayo Fatim

Source : Lementor.net

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