Procès soro : une affaire politique ?

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La condamnation de guillaume soro à 20 ans de prison ferme est interprétée par certains comme l’illustration d’une cabale politique pour écarter un adversaire qui fait peur mais, à l’épreuve des faits, cet argumentaire complotiste s’écroule comme un château de cartes.
Sur le détournement des fonds publics, guillaume soro a commencé par affirmer avoir acquis la résidence incriminée sur « ses » fonds de souveraineté de Premier Ministre de gbagbo. Découvrant ensuite l’impossibilité à le tirer d’affaire avec cet argument, son avocat soutien désormais que la résidence incriminée a été achetée avec de l’argent public octroyé en réparation de ses biens détruits à Abidjan pendant la guerre civile. Or, il se trouve que les avocats de soro, pendant l’instruction, n’ont pu fournir des preuves de ses biens qui ont été endommagés, à Abidjan, pendant la guerre, pour la simple raison qu’il n’en possédait pas. En effet, quand éclate la guerre en 2002, guillaume soro est un chômeur qui ne possède même pas une case dans un quartier précaire d’Abidjan. D’autre part, aucune pièce comptable n’a été produite pour confirmer le dédommagement de soro guillaume en tant que « victime » des pillages ou de destruction de ses biens.
Le 2e volet de l’affaire soro qui porte sur la tentative de déstabilisation est conforté par un enregistrement audio dans lequel l’ex-patron de l’Assemblée Nationale confie à une barbouze française son intention de créer le cafouillage dans le pays ; à la suite de quoi il profiterait pour assassiner le président de la république et certains dignitaires et s’emparer du pouvoir. soro guillaume et ses avocats ont eux-mêmes authentifié la voix comme étant bien celle de l’homme politique Ivoirien. Dès lors, là-aussi, les faits sont juridiquement établis. Il apparaît donc clairement que, sur un point strictement juridique, le dossier soro est tout simplement indéfendable, d’où la stratégie plus sage de sa défense du ko technique par jet de la serviette (abandon).
J’entends ceux qui estiment que le timing –à quelques mois de la présidentielle- de ces poursuites ferait soupçonner une cabale pour écarter un adversaire qui fait peur. Faut-il rappeler à ceux qui tiennent ces propos que François Fillon a été inculpé, non pas à quelques mois, mais à quelques jours de la présidentielle française, là-aussi, pour une affaire de détournements des deniers publics qui remontait à plusieurs années. Sans compter que Dominique Strauss-Khan dut abandonner ses rêves présidentiels à quelques mois de l’élection.
Dans le microcosme politique ivoirien, avec une dizaine de députés, 3 maires et un parti politique qui peine à s’implanter dans tout le pays, soro guillaume fait figure de poids mouche. Si le pouvoir Ouattara avait réellement peur de ses adversaires, il n’aurait pas libéré simone gbagbo et les principaux dignitaires du fpi de laurent gbagbo par une amnistie qui rétablit tous leurs droits civiques, là où une grâce présidentielle les aurait fait libérer tout en les rendant à jamais inéligibles.
Rappelons pour terminer qu’en matière judiciaire, le timing est très accessoire et relève plus de l’interprétation et même de la spéculation. Seuls comptent les faits et, dans l’affaire soro, nous ne sommes pas face à des indices concordants, mais bien en présences de faits compromettants irréfutables et d’aveux publics de l’accusé obtenus sans la moindre contrainte.
Ce qui est vrai, est vrai !

Auteur : Said Penda

Source : Said Penda

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