Alassane Ouattara : « Il appartient aux ivoiriens de trancher sur le caractère sérieux des candidats »

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Propos liminaires du Président de la République

«  Messieurs les ministres d’Etat, mesdames et messieurs les ministres, chers amis de la presse, mesdames  et messieurs, comme vous le savez j’ai entrepris depuis le dimanche 27  septembre, une visite d’état  dans les régions du Gôh, du Lôh-Djiboua et du Haut-Sassandra. Nous venons donc d’animer un meeting à Daloa ce matin  et cet  après  midi nous auront un conseil des ministres ici même à Daloa à la préfecture. Cette  visite me tenait  à cœur et je tenais à la faire depuis de nombreuses semaines  et même de nombreux mois après ma visite en 2013 pour la mise œuvre l’hôpital  général de  Gagnoa. Mais nous attendions d’annoncer les différents travaux qui ont été entrepris. Maintenant c’est  chose faite et je suis  heureux d’avoir tenir mon engagement de revenir ici. Comme vous l’avez constaté  vous-même  que ce soit  à Gagnoa le lundi,  Divo et Lakota mardi et aujourd’hui à Daloa, la mobilisation a été extraordinaire, je dirai même exceptionnelle. Beaucoup de témoignage,  d’amitié, de fraternité. Et aussi ; aucune violence, aucun problème n’a été enregistré dans les différentes cités que nous avons visité. Mon épouse et moi et la délégation qui nous accompagne, sommes reconnaissants aux cadres, aux élus, au corps préfectoral, c’est-à-dire tous ceux qui ont participé à l’organisation de cette visite. Nous sommes également reconnaissant aux populations qui nous accueilli aussi chaleureusement.  Comme je l’ai dit dès mon arrivée à Daloa, dimanche dernier, le plus important pour moi était de venir lancer un message de paix, de réconciliation et de pardon. Car ces trois régions ont été affectées par les différentes crises que notre pays a connues depuis quinze ans, c’est-à-dire le Haut-Sassandra, le Lôh-Djiboua et le Gôh. Bien sûr les populations de toutes les ethnies, ont beaucoup souffert de ces différentes crise et notamment la ville de Daloa en 2002. Donc nous venons naturellement présenter nos condoléances et notre compassion aux populations et leur donner,  un message  de réconfort et de compassion, et surtout dire que nous devons tout faire pour ne plus que ces événement se reproduisent. Je considère pour ma part que le démarrage de tout cela a été  le coup d’état de 1999, malheureusement notre pays l’a connu. Alors que nous avions pensé que nous n’aurions jamais de coup d’état en Côte d’Ivoire et malheureusement cela  s’est produit avec les conséquences que nous avons vécu. Maintenant cela est derrière nous  et nous devons tout faire pour que le pays rentre  de manière définitive, dans un processus de démocratie, de paix et de développement. Je voulais  féliciter les autorités notamment, le porte-parole des cadres et des chefs à Gagnoa pour les paroles de pardon et de sagesse  qu’il a prononcé. Ce sont des paroles réconciliation pour tous les Ivoiriens. Je  ne  voudrais pas m’attarder sur les montants des investissements qui ont été fait dans chacune des régions. Je pense que vous les avez notés. Je pense que ce sont des investissements importants dans les domaines habituels que ce soit l’eau potable, cela est en cours, l’électricité, les infrastructures, l’école la santé.  Et tout cela devra se poursuivre car nous avons l’obligation d’atteindre nos objectifs car certains ont été atteins d’autres ne l’ont pas encore été. Mais je pense que d’ici 2017 quasiment tous nos objectifs en, matière d’eau potable, d’électricité seront atteins. Il faudra attendre le moyen et le long terme,  en ce qui concerne les infrastructures. Cette région est également productrice de café-cacao. Les paysans seront donc très heureux des nouvelles que nous allons leurs annoncé demain à Yamoussoukro à l’occasion de la rencontre avec le monde paysans.  Et la rémunération des paysans continuera d’augmenter. Je ne vais  pas m’attarder sur les projets, mais  je voudrais terminer tout simplement en vous remerciant chacun et. Nous aurons donc après un conseil des ministres ensuite une rencontre  avec le monde paysans à Yamoussoukro et vendredi  nous avons  la mise en place de la chambre des rois des  et chefs traditionnels et dans l’après midi nous irons inaugurer les ponts de Bassaoua-Sérébou et  de Béoumi

Kra Bernard (l’expression) : Monsieur le président,  vous venez de boucler une visite d’Etat dans une zone qui est la région d’origine de plusieurs barons de l’ancien régime. Au cours de vos différents meetings, vous avez rendu  hommage, même à titre posthume  à plusieurs d’entre d’eux dont le Pr Dano Djédjé à Gagnoa, le Pr Paul Yao N’Dré à Divo, les ministres Boga Doudou et Lida Kouassi à Lakota, les ministres Bohoun Bouabré et Désiré Tagro à Daloa etc. Mais Monsieur le président, il se trouve c’est également la région d’origine de votre prédécesseur qui le fils le plus illustre de cette région qui a eu à occuper la fonction la plus élevée dans un Etat. Pourtant dans tous vos meetings, nulle part,  vous n’avez évoqué le nom de Laurent Gbagbo. Pourquoi ?

Toutes les personnes que j’ai citées, y compris l’ancien président sont des frères. Et beaucoup sont des amis. C’était tout à fait normal que je puisse parler d’eux. Mais la décence  recommande que je ne le fasse pas pour l’ancien président. Tout le monde peut comprendre cela. Je suis africain et en tant que tel, quelque soit ce que un fils ou un frère a fait, il demeure le frère ou le fils. Par conséquent, il doit beaucoup manquer aux parents. C’est donc par décence que je n’ai pas voulu  évoquer le nom de l’ancien président.

Brou Presthone (fraternité Matin) : Avec cette dernière visite d’Etat, l’on constate que vous avez parcouru toutes les localités du pays en dehors des régions du Moronou, du Hambol et du N’Zi Comoé . Au regard du contact direct que vous avez eus avec les populations et surtout l’enthousiasme que chacune de vos visites a suscité, nous voudrons savoir si   à un mois de la présidentielle vous êtes sûr d’être élu à votre propre succession à la tête de l’Etat ivoirien ?

A propos des visites d’Etat qui restent à faire, je vois que vous avez une bonne comptabilité de tout cela. Je vous félicite.    Ceci m’amène à dire que j’ai quasiment répondu à l’engagement que j’avais pris à l’occasion de la campagne électorale de 2010. J’avais promis aux populations que je visiterai toutes les régions de Côte d’Ivoire pendant mon mandat. Sur les 31 régions, il me reste trois régions à visiter. Souvenez-vous que je n’ai pas fait 5 ans de mandat. En octobre, je n’aurais fait que  quatre ans et demi.  Je promets aux populations des régions  concernées que si mon mandat est renouvelé, je leur rendrai visite. Mais évidemment, à l’occasion de la campagne présidentielle j’irai saluer ces populations. Maintenant, la question de l’élection dépend des Ivoiriens. Je souhaite que mon mandat soit renouvelé parce que nous avons du travail à faire. Ce que j’entends ici et là c’est que l’équipe que je dirige fait du bon travail. Donc, je leur souhaite à cette équipe et à moi-même un renouvèlement.

Julien Adaye (La voix de l’Amérique) : M. le président, en venant ici dans cette région fief de Laurent Gbagbo, est ce que vous vous attendiez à un tel accueil et au terme de cette visite, quel est le bilan que vous faites ?

Je dirai que non parce qu’en réalité une visite d’Etat, vous l’avez vu, il y a de nombreuses personnes qui sont membres du parti de l’ancien président. Une visite d’Etat est une visite qui concerne toutes les populations. Donc il n’y a pas de discrimination à faire. Et par conséquent, l’accueil que j’ai reçu me parait donc un accueil adéquat. C’était un accueil très chaleureux et très enthousiaste. Mais je signale aussi qu’en 2010, j’avais reçu beaucoup de mobilisation quand j’étais candidat à l’élection présidentielle et par conséquent, je remercie les populations pour l’accueil qui m’a été réservé de l’enthousiasme de la mobilisation,  de la chaleur de l’accueil.

Ma 2ème préoccupation, c’est un constat que nous faisons quand on prend l’axe Abidjan-Dabou, il est à constater que chaque fois que vous passez dans une région, vous renforcer l’électrification ou encore le bitume. Mais il a toujours été de constater que dans certaines localités que vous avez déjà visitées, des lampadaires ou même des câbles ont été sectionnés, le bitume en dégradation très avancée. Est-ce que vous avez pris des dispositions pour cela ?

C’est une préoccupation pour nous que ce soit le bitume, que ce soit dans les autres secteurs notamment l’électricité, nos concitoyens doivent apprendre à bien s’occuper de ce qu’on leur offre. Et en cela le message que je lance en parlant d’ivoirien nouveau. Vous savez quand on voit une poubelle quelque part et qu’on voit un morceau de papier, on doit le ramasser et le mettre dans la poubelle. On ne doit pas penser que l’Etat doit tout faire. C’est en cela j’appelle un ivoirien nouveau. Le bitume, la qualité du bitume, nous sommes très regardants sur la qualité de ce qui doit être fait. Nous-mêmes nous avons constaté à certains endroits que le bitume n’était pas suffisamment épais. Donc j’ai donné les instructions pour que nous puissions donner la priorité à faire en sorte que nous ayons des bitumes solides comme on l’a fait ici d’ailleurs comme cela se fait dans les grands pays comme l’Afrique du sud que j’ai eu la chance de visiter. Les entreprises qui font ces travaux ont une responsabilité à faire en sorte que la qualité ne permette pas la dégradation rapide du bitume. En ce qui concerne les dégradations des poteaux, lampes et autres évidemment c’est un travail citoyen. Chacun de nous doit veiller à ce qu’on s’occupe de ce qui est offert par l’Etat car il s’agit de l’impôt de chacun d’entre nous.

Ma 3ème préoccupation, c’est concernant les consommateurs en Côte d’Ivoire. Beaucoup de personnes se plaignent qu’il y a trop de taxes en Côte d’Ivoire et une dame nous interpellait qu’elle paie trop d’impôt et pour un simple menuisier qu’elle a invité à venir poser un simple tableau dans une salle de classe, on lui a imposé 5,5% de Tva. Alors pour ces personnes qui se plaignent de trop payer les impôts, qu’est-ce que vous avez à leur répondre M ; le président ?

L’autre question des consommateurs trouvent qu’il y a trop de taxes. Je suis d’accord qu’il y a trop de taxes. Mais voyez-vous j’ai hérité d’un pays qui avait un demi-siècle. Les gens parlent comme si la Côte d’Ivoire venait de naître. La Côte d’Ivoire a vécu un demi-siècle avant que je ne sois président. Je constate pour ma part qu’il y a trop taxes effectivement et qu’il y a trop de bureaucratie et quelque fois la qualité du service n’est pas celle à laquelle j’aspire pour mon pays. Et si je suis réélu, ce que je souhaite, ce serait une priorité pour moi de faire en sorte que nous puissions travailler à la réduction des taxes et des impôts parce qu’en réalité c’est parce que la base taxable est profonde, trop de gens ne paient pas d’impôt. Le ministre du budget fait un important travail et cela a permis d’augmenter les recettes fiscales. Mais cela ne suffit pas. Et comme tout le monde le sait, il y a beaucoup de perte de ressources aussi bien au niveau de la douane que les impôts et tout cela doit être vu. Je pense que durant mon 2ème  mandat, la question de la corruption sera traitée avec encore plus de vigueur parce qu’il y a beaucoup de déperdition. S’il y avait moins de déperdition des ressources, les impôts pourraient être plus faibles, la taxation serait plus faible c’est ce qu’il faut. D’ailleurs le FMI nous l’a signalé, le taux d’imposition en Côte d’Ivoire par rapport au PIB n’est que de 16% alors que dans beaucoup de pays au niveau de l’union économique monétaire ouest africaine ce taux est de 17,18 même 19%. Et c’était d’ailleurs le taux antérieurs quand j’étais premier ministre on était à 17 voire 18% de taux de taxation. Donc ces dernières années, la gangrène a pris le système. Mais vous savez que corriger cette question de corruption en 4 ans, ce n’est pas facile. Je veux donc mettre en garde tous ceux qui gèrent les deniers publics à l’occasion du  deuxième mandat, nous serons très regardants et très sévères sur la mise en œuvre des sanctions nécessaires pour nous assurer que la gestion de l’Etat est conforme aux principes de rigueur qui ont toujours marqué ma gestion partout où je suis passé. Il faut dire qu’au cours de ces quatre années nous avons procédé à de nouveaux investissements en raison de la situation que nous avons trouvée et avons exigé des dérogations fiscales pour pouvoir investir. Ces dérogations sont aussi un manque à gagner de recettes fiscales. Maintenant que la Côte d’Ivoire a retrouvé le rythme normal et un des pays qui a le taux de croissance le plus élevé, nous avons commencé à limiter ces dérogations de manière à ce que le taux d’imposition globale puisse aller très vite aux alentours de 20%. Je suis donc d’accord avec cette personne qui dit qu’il y a trop de taxes, trop d’impôts et nous devons faire en sorte de travailler à réduire le niveau de taxation et d’imposition des citoyens et des biens des services.

Habiba Dembelé (RTI) : Monsieur le président de la République à Gagnoa vous avez eu une rencontre avec les cadres et les chefs traditionnels. Les 165 villages du département étaient représentés. Le porte-parole des chefs a demandé pardon pour les fautes commises par certains de leurs fils. C’était fort, c’était émouvant. Comment avez-vous ressenti ses propos ?

Concernant l’intervention du porte-parole des chefs du Gôh, je pense que c’était un moment très fort. Je remercier d’ailleurs la télévision qui passé l’intégralité de cette rencontre. Il faut remercier ce frère, parce que comme je l’ai indiqué, il n’est pas facile de pardon publiquement. Par conséquent, je rends hommage à ce qui a été dit. Je considère que nous devons tous nous pardonner les uns, les autres pour que nous puissions aller de l’avant. Je considère ça été un moment particulièrement fort de cette visite d’Etat et j’en garde un souvenir très précis.

 Fabrice Tété (Le Temps) : Monsieur le président, vous avez toujours dit que la justice ivoirienne est maintenant capable de juger les crimes les plus graves commis pendant la crise postélectorale. Votre ami et frère, le président Gbagbo a demandé à être jugé en Côte d’Ivoire. Qu’en pensez-vous ?

 Le jugement de Laurent Gbagbo à Abidjan ! Cela ne relève pas de nous. Cela relève  plutôt de la Cpi. Je pense que d’ailleurs qu’ils ont répondu si j’ai bien lu la presse internationale.

Monsieur la question des dozos inquiète les populations. Le président du conseil régional du Haut-Sassandra a demandé au nom des populations leur désarmement. Que pouvez-vous dire à ce sujet quand on sait que l’élection est dans quelques jours ?

La question des dozos a été traitée de manière très précise par le ministère de l’intérieur.  Et pours nous, les dozos doivent être cantonnés dans  leur sphère traditionnelle. Il n’est pas question pour les dozos de participer à quelque  surveillance ou sécurité de l’Etat. Cela serait inadmissible et inacceptable. Nous avons désarmé 85% des ex-combattants. C’était un record par rapport aux autres pays et moi je suis donc confiant que la sécurité est rétablie sur l’ensemble du territoire. Et même si on voit quelques dozos ici et là, cela malheureusement existait avant les différentes crises, et la crise postélectorale. Les dozos doivent être éduqués à rester dans leur rôle traditionnel et je pense que c’est ce qui se fait actuellement.

Boty Vincent (La matinale) : M. le président partout où vous êtes passez, vous avez parlé de paix et de réconciliation. Alors que l’actualité au Burkina Faso ne semble pas être  bonne pour nos frères qui y vivent. Vous avez suivi de bout en bout la crise au Burkina, vous avez même reçu l’ancien président  Burkinabé ici et récemment vous étiez à Abuja.  M. le président, est-ce que telle que la situation évolue, elle est en phase avec ce que vous avez arrêté avec vos pairs au sommet de la Cedeao, à Abuja.  

Le Burkina Faso un pays voisin qui a plus de 3 500 000 ressortissants sur notre territoire. Tout ce qui se fait et se passe au Burkina Faso nous intéresse. Nous avons été très attentifs  sur l’évolution de la situation et nous avons travaillé au niveau de la Cedeao à trouver l’apaisement. Nous avons condamné le coup d’Etat au niveau de la Cedeao comme nous l’avons fait pour le Mali et la Guinée Bissau. Nous ne faisons pas de condamnation d’Etat à Etat, mais au sein de la Cedeao. Nous condamnons la violence et nous avons travaillé à Abuja pour que la situation trouve l’apaisement et que les différentes forces ne s’affrontent pas. Malheureusement, nous n’avons pas été entendu puisqu’il ya eu des affrontements avant-hier. Mais, je souhaite que ce pays retrouve rapidement la paix parce que c’est l’un des pays les plus pauvres du continent et du monde. Avoir des semaines difficiles pour l’économie et des pertes en vie humaine sont des choses dramatiques. Donc nous souhaitons que la paix revienne le plus rapidement possible. Pour que les autorités de transition puissent organiser les élections. La Cedeao veut que ces élections soient démocratiques, sans exclusion d’aucun groupe ou d’aucun parti politique. Parce qu’il ya cela dans d’autres pays et tous les chefs d’Etat de la Cedeao se sont prononcés là-dessus. C’était une réunion à hui clos, mais notre stratégie était d’amener d’abord les uns et les autres à l’apaisement de la situation. Ensuite à se parler entre eux pour trouver des solutions consensuelles et enfin à organiser dans un bref délai, au plus tard à la fin de l’année, des élections démocratiques. Nous continuons de suivre la situation au Burkina et les enjeux importants, parce que les 3 500 000 burkinabé qui vivent avec nous ont des parents au Burkina. S’il ya une crise majeur dans ce pays, vous imaginez quelles seront les conséquences pour la Côte d’Ivoire. Nous avons donc l’obligation de faire en sorte que la situation s’apaise.

Seize de nos concitoyens ont péri à la Mecque quel sont les dispositions que l’Etat ivoirien entend prendre pour honorer leur mémoire.

Pour nos concitoyens qui ont perdu la vie à la Mecque. Je présente mes condoléances aux familles des pèlerins qui sont décédés dans cette bousculade. Nous continuons de faire le point avec les autorités saoudiennes.  Le ministre de l’intérieur, l’ambassadeur en Arabie Saoudite, le consul et également le conseiller spécial de la présidence, chargé des cultes. Nous prions que le chiffre de 16 personnes décédées soit le chiffre maximum. Nous continuons de travailler pour avoir les informations précises. Nous prendrons des dispositions pour prendre en charge aussi bien les morts que les blessés.

Teninbè Ousmane (Nord Sud) : Vous avez engagé plusieurs reformes en vue du renforcement de la bonne gouvernance en Côte d’Ivoire. L’une de ces reformes concerne la création d’une Cour des compte pour contrôler tous les agents qui ont en charge la gestion des dénier publics. A quand les Ivoiriens doivent-ils s’attendre à cette à la mise en place effective de cette institution ?

C’est une bonne question. L’Assemblée nationale a accepté notre proposition de transformer la chambre des comptes en Cour des comptes. Et nous avons reçu les rapports de la Chambre des comptes. Voyez-vous, quand j’ai pris fonction en 2012, il n’y avait pas eu de présentation des rapports de la Chambre des comptes depuis 1998. La première rencontre que nous avons faite c’était en 2012. Nous avons eu à recevoir des rapports quasiment chaque année. La semaine dernière, le vendredi, la deuxième réunion que nous avons eue a permis de rattraper le retard accusé. Nous avons accepté d’examiner les rapports années précédentes, 2010-2011-2013. Donc le retard est résorbé et nous allons pouvoir maintenant travailler normalement. Vous savez, c’est important de faire en sorte que les institutions fonctionnent. Nous ne devons pas rester 10 ans sans recevoir de rapports d’une institution. J’ai posé la même question que vous à cette occasion le vendredi dernier et le ministre du Budget m’a dit que les dispositions ont été prises dans le cadre du budget 2016 pour que la chambre des comptes soit transformée en cour des comptes. Cela veut dire qu’il faut trouver un local, il faut le budget pour le loyer, le financement, les personnes et ainsi de suite. Mais tout cela pour 2016. Je crois dans le courant du premier trimestre 2016 la chambre des compte sera mise en place. C’est une volonté de notre part, cela fait partie de l’arsenal de structures de bonne gouvernance dont nous avons pour notre pays.

Rolnad Michel Kouadio (Le codivoirien) : Monsieur le président, ma question est  relative à l’école ivoirienne. C’est l’heure de la rentrée, l’école a repris ses droits. Mais, les affectés de l’Etat ne sont pas soumis aux mêmes réalités. Ceux qui vont au public doivent débourser 10 000 FCFA pour l’inscription, contre au moins 40 000 FCFA pour ceux du privé, malgré la subvention de l’Etat pour ces derniers. A l’heure de l’école obligatoire, pourquoi une telle inégalité et quand comptez-vous y mettre fin ? 

Ce que vous me dites est totalement inacceptable, que les écoles privées fassent payer plus que les écoles publiques. Donc, nous  allons attirer l’attention de Madame la Ministre de l’Education, sur cette anomalie et qu’on puisse nous dire pourquoi, si c’est le cas et que des mesures soient prises.    

Traoré Mamadou (Aip) : M. Le Président, comment la Côte d’Ivoire entend concilier son objectif de réduction de gaz à effet de serre d’au moins 35 % et son élan d’investissement massif dans les domaines de l’agriculture et de l’énergie, qui sont les deux secteurs les plus pollueurs de l’environnement dans le pays ? Aussi, n’est-il temps que le gouvernement trouve une solution définitive ou durable au problème de la gestion des déchets solides à Abidjan et dans les grandes villes ?

Pour la COP21, vous savez, la Côte d’Ivoire vient d’envoyer son rapport. Et dans le rapport nous avons quand même donné tous les détails concernant nos objectifs, et comment les atteindre. A cette occasion d’ailleurs, le ministre de l’Environnement a fait une émission avant-hier à la RTI, où il a parlé des questions que vous venez de soulever. Donc Je ne reviendrai pas dessus.

Mass Domi (Arc en ciel) : Monsieur le président, le 25 octobre prochain, vous aurez en face de vous 9 challengers, lequel d’entre eux vous parait le plus sérieux ? A l’issue de la marche de la CNC le lundi dernier, monsieur Banny a déclaré que ce n’est qu’un avertissement, prenez vous au sérieux cet avertissement ?

Je n’ai pas d’observation à faire, sur la qualité de tel où tel candidat. Je n’ai pas de commentaire à faire C’est aux ivoiriens de décider et  de comment est leur candidat de voir leur programme. Je n’ai pas d’observation à faire sur ce que vous attribuez à monsieur Banny.

Sali Sidibé (Radio CI) : M. le Président, peut-on avoir un bilan chiffré des investissements qui ont été réalisés dans le cadre des visites d’Etat que vous avez entrepris depuis plus de deux ans ? Certains avaient souhaité également qu’en lieu et place des visites d’Etat que ce soit des visites dans le cadre des fêtes anniversaires. Vous avez dit non et que ce serait plus profitables d’organiser ces visites d’Etat. Aujourd’hui à l’heure du bilan, est-ce qu’on peut avoir une idée de ce qui a été investi ?

 En fait, il y avait une option en vue de faire des visites d’Etat à l’occasion des dates anniversaires. Cela aurait conduit à faire seulement une visite par an. Nous en avons fait en quatre ans 27. Ça fait une moyenne de 6 visites d’Etat par an. Ce qui n’est pas mal. Nous avons opté pour cela et nous allons continuer. Pour les dépenses, en me présentant à mes concitoyens pour un deuxième mandat je ferai le bilan de mes actions. Je peux vous dire que nous avions prévu 12.000 mille milliards pour mon programme. Tout le monde disait c’est du bluff, ça ne sera pas possible. Je peux vous dire d’ores et déjà que nous avons investi plus de 12.000 milliards en quatre ans. Donc, nous avons atteint nos objectifs.

Maintenant la répartition entre l’électricité, eau, école, infrastructures varient d’une région à l’autre. Mais sur le montant global nous avons dépassé les 12.000 milliards qui étaient prévus. Et d’ailleurs je pense que ça se voit.  N’guess Bon Sens dit que les aveugles mêmes voient. Ce sont des investissements qui sont importants et qui ont un impact sur la nation. C’est pour cela d’ailleurs que nous avons un taux de croissance qui vacille entre dix et 8% selon les années pendant quatre ans. Le Fonds monétaire vient de terminer sa revue et a constaté qu’en 2015 nous aurons un taux de croissance supérieure à 8%, quasiment 9%.

Si on peut augmenter la richesse nationale, le PIB de plus de 8 à 9% par an sur quatre ans c’est quand même une performance. Cela ne peut être possible que s’il y a un investissement important. Mon objectif c’est de faire en sorte que pour la période 2016-2020 nous puissions augmenter encore les investissements d’un tiers. C’est-à-dire que le taux de croissance soit maintenu au-dessus de 7 à 8%. Nous donnerons les détails à l’occasion de mon programme de gouvernement pour la campagne qui s’ouvre le 9 octobre prochain. Donc, nous sommes en ligne avec nos engagements. Nous respectons le volume des investissements que nous avions indiqué. Nous allons faire mieux sinon plus pour le prochain mandat, dans le prochain mandat. Je vous souhaite bon appétit et bon retour à Abidjan ou Yamoussoukro pour ceux qui nous rejoignent à Yamoussoukro.

 Ouattara Aboubacar et Jean pierre Assa depuis Daloa

Lementor.net

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