Par AN-Lementor.net
Le choc entre l’Égypte et la Côte d’Ivoire, prévu ce samedi soir à 19 h, dépasse largement le cadre d’un simple quart de finale de la CAN 2025. Pour les Éléphants, ce rendez-vous ravive une série de souvenirs amers face à une sélection qui s’est imposée, au fil des années, comme leur principal bourreau continental.
En onze confrontations à la Coupe d’Afrique des Nations, la Côte d’Ivoire n’a battu l’Égypte qu’une seule fois, en 1990. Le reste du bilan est sans appel : dix revers, dont plusieurs aux conséquences lourdes, à commencer par la finale perdue en 2006 au Caire après une interminable séance de tirs au but. Une défaite fondatrice dans la mémoire collective ivoirienne.
2006, un traumatisme toujours présent
Vingt ans plus tard, certains acteurs de ce cauchemar sont encore là, mais dans des rôles différents. Émerse Faé, aujourd’hui sélectionneur ivoirien, était titulaire au milieu de terrain lors de cette finale perdue face aux Pharaons. En face, Hossam Hassan, désormais à la tête de la sélection égyptienne, faisait déjà partie de l’encadrement technique.
Ce duel ravive donc des souvenirs personnels et collectifs. À l’époque, la finale avait été marquée par une tension extrême et des décisions arbitrales contestées, nourrissant un sentiment d’injustice chez les Ivoiriens. Un climat qui, selon de nombreux observateurs, semble étrangement se reproduire à l’approche de cette nouvelle confrontation.
Un air de déjà-vu autour de l’arbitrage et du contexte
Disputée au Maroc, la rencontre devrait se jouer dans une ambiance largement favorable aux Égyptiens, soutenus massivement depuis le début du tournoi. Une situation qui alimente les débats, d’autant plus que la désignation d’un corps arbitral algérien a suscité de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux ivoiriens, dans un contexte déjà tendu.
Sans entrer dans la polémique, Émerse Faé s’est voulu pragmatique. Fidèle à son discours de terrain, il préfère se concentrer sur le jeu et sur ce qu’il connaît parfaitement : une équipe égyptienne réputée pour sa rigueur défensive, sa solidité mentale et sa capacité à frapper au moment où on l’attend le moins.
2008, autre cicatrice ouverte
La CAN 2008 reste également gravée dans les esprits. En quarts de finale au Ghana, la Côte d’Ivoire, pourtant dominatrice, avait subi une lourde défaite (4-1). Un scénario cruel, symbole d’une génération dorée qui, malgré son talent, n’a jamais réussi à soulever le trophée continental, souvent stoppée par l’Égypte.
Une nouvelle génération pour briser la malédiction
Cette fois, les Éléphants abordent l’affiche avec un groupe largement renouvelé. Des joueurs comme Amad Diallo, Yan Diomandé ou Christ Inao Oulaï incarnent une nouvelle dynamique, moins marquée par le poids du passé. Conscients de l’histoire, mais pas prisonniers de ses échecs, ils arrivent avec l’ambition de tourner définitivement la page.
« L’Égypte est notre bête noire », reconnaissent plusieurs cadres du vestiaire ivoirien. Mais l’objectif est clair : ne pas laisser l’histoire dicter l’issue du match. Pour la Côte d’Ivoire, il s’agit désormais d’un test de maturité, de caractère et de transmission entre générations.
Samedi soir, plus qu’un quart de finale, c’est un affrontement entre mémoire et renouveau qui se jouera. Et peut-être, enfin, l’occasion pour les Éléphants d’exorciser l’un de leurs plus grands démons africains.
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