Par AN-Lementor.net
Au lendemain de la reconduction de Robert Beugré Mambé à la primature, le président Alassane Ouattara a dévoilé, vendredi, la composition du nouveau gouvernement ivoirien. Si l’exécutif conserve une large ossature de l’équipe sortante, plusieurs changements ciblés traduisent une volonté de rééquilibrage stratégique à l’approche de nouveaux défis politiques et économiques.
Une stabilité assumée dans les postes régaliens
La nouvelle équipe maintient plusieurs poids lourds à leurs fonctions. Téné Birahima Ouattara, jusque-là ministre de la Défense, voit son influence renforcée avec son élévation au rang de vice-Premier ministre, tout en conservant son portefeuille.
Jean Sansan Kambilé reste en charge de la Justice, Vagondo Diomandé poursuit à l’Intérieur et à la Sécurité, tandis qu’Amadou Koné demeure aux Transports.
La continuité s’observe également dans les secteurs sociaux, avec le maintien de Pierre N’Gou Dimba à la Santé, Mamadou Touré à la Jeunesse et Sidi Touré aux Ressources halieutiques. Anne Désirée Ouloto conserve son statut de ministre d’État en charge de la Fonction publique et de la Modernisation de l’administration.
Des réaffectations majeures et des sorties remarquées
Au-delà de cette stabilité, le remaniement introduit plusieurs réorganisations significatives. Bruno Koné quitte la Construction et l’Urbanisme pour prendre la direction du ministère de l’Agriculture, du Développement rural et des Productions vivrières. Son prédécesseur, Kobé Kouassi Adjoumani, ne figure plus dans la nouvelle équipe.
Amédée Kouakou change également de portefeuille : il abandonne l’Équipement et l’Entretien routier pour l’Hydraulique, l’Assainissement et la Salubrité. Son ancien ministère est désormais dirigé par Hien Sié, ex-directeur général du Port autonome d’Abidjan, qui fait son entrée au gouvernement.
Autre permutation notable : Mariétou Koné quitte l’Éducation nationale et l’Alphabétisation pour prendre la tête du ministère du Portefeuille de l’État et des Entreprises publiques. Le secteur de l’éducation et de l’enseignement technique est confié à N’Guessan Koffi.
De son côté, Souleymane Diarrasouba est repositionné au ministère du Plan et du Développement, après avoir occupé le Commerce et l’Industrie.
Diplomatie et ministres délégués
Au chapitre diplomatique, Nialé Kaba hérite du ministère des Affaires étrangères, succédant à Adom Kacou Houadja, également écarté du gouvernement. Laurent Tchagba et Bouaké Fofana figurent aussi parmi les ministres sortants.
Le nouvel exécutif intègre par ailleurs quatre ministres délégués :
Jean-Louis Moulot (Enseignement technique), Bernard Comoé (Agriculture), Adama Dosso (Affaires étrangères) et Célestin Serey Doh (Transports).
Une représentation féminine toujours limitée
Sur le plan du genre, la configuration reste quasi inchangée. Sur une trentaine de portefeuilles, seules six femmes font partie du gouvernement : Nassénéba Touré (Femme, Famille et Enfant), Belmonde Dogo (Cohésion nationale et Lutte contre la pauvreté), Anne Désirée Ouloto (Fonction publique), Françoise Remarck (Culture), Nialé Kaba (Affaires étrangères) et Mariétou Koné (Portefeuille de l’État).
Une recomposition dans un contexte politique sensible
Cette nouvelle architecture gouvernementale intervient deux semaines après la décision du chef de l’État, le 8 janvier, de mettre fin aux fonctions du Premier ministre et de l’ensemble du gouvernement. Une démarche qui s’inscrit dans une logique de réajustement de l’action publique face aux priorités politiques, économiques et sociales du moment.
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