Par AN | Lementor.net
Avec une production estimée à près de 15 millions d’onces en 2024, l’Afrique de l’Ouest s’affirme comme la première zone aurifère mondiale, devant des puissances minières historiques telles que la Chine et la Russie. Cette montée en puissance traduit autant l’abondance des ressources du sous-sol que l’accélération des investissements miniers au cours des dernières années.
Une région portée par plusieurs locomotives
Le leadership ouest-africain repose sur la contribution cumulée de plusieurs États devenus incontournables. Le Ghana, qui avoisine 4 millions d’onces, demeure la locomotive du continent grâce à un environnement réglementaire attractif et à une industrie bien structurée. Autour de lui, le Mali, le Burkina Faso et la Côte d’Ivoire confirment leur statut de producteurs majeurs, malgré des contextes politiques et sécuritaires parfois fragiles.
Le Sénégal et la Guinée complètent ce tableau et illustrent l’enracinement progressif de l’activité aurifère dans les économies nationales. La combinaison d’un potentiel géologique encore largement inexploité et de coûts d’extraction compétitifs continue d’attirer de nouveaux capitaux internationaux.
La Chine, premier producteur par pays
Si l’Afrique de l’Ouest domine en tant qu’espace régional, la Chine conserve le rang de premier producteur national avec environ 12 millions d’onces. Pékin a fait du métal jaune un pilier de sa stratégie économique, mobilisant un réseau dense de mines industrielles et d’acteurs publics comme privés.
Malgré un contexte économique interne contrasté, l’or reste un secteur prioritaire, destiné à sécuriser l’approvisionnement du marché local et à renforcer les réserves stratégiques. Les autorités misent de plus en plus sur la modernisation technologique pour améliorer les rendements.
La Russie mise sur l’or face aux incertitudes
Avec près de 11 millions d’onces, la Russie se maintient parmi les géants du secteur. Ses gisements, concentrés en Sibérie et dans l’Extrême-Orient, constituent un atout majeur dans un environnement géopolitique tendu.
Pour Moscou, l’or représente à la fois une source essentielle de devises et un instrument de résilience face aux sanctions et aux fluctuations monétaires. Les groupes miniers locaux continuent d’étendre leurs capacités, soutenus par une demande intérieure solide et des circuits d’exportation réorientés.
Australie et Canada, valeurs sûres du marché
L’Australie occupe la quatrième place mondiale avec environ 9 millions d’onces. Son cadre juridique prévisible et ses infrastructures de pointe assurent une production stable, principalement en Australie-Occidentale, même si la hausse des coûts pèse sur la rentabilité.
Le Canada, autour de 7 millions d’onces, confirme également son rôle clé. Les provinces de l’Ontario, du Québec et du Nunavut concentrent l’essentiel de l’activité, portée par des entreprises expérimentées et une exploration toujours dynamique.
États-Unis et producteurs émergents
Les États-Unis affichent près de 5 millions d’onces, essentiellement extraites au Nevada. Autour des grands acteurs gravitent des pays intermédiaires de plus en plus influents.
L’Ouzbékistan rivalise avec le Ghana à environ 4 millions d’onces, faisant de l’or un levier central de son économie. L’Indonésie et l’Afrique du Sud tournent autour de 3 millions d’onces, cette dernière restant loin de son âge d’or historique.
En Amérique latine, le Pérou, le Brésil et le Mexique présentent des volumes comparables mais doivent composer avec des tensions sociales, des exigences environnementales croissantes et une réglementation parfois instable.
Des trajectoires contrastées en Afrique de l’Ouest
Au sein même de la région leader, les situations diffèrent. Le Ghana s’appuie sur une industrie largement formalisée, tandis que le Mali et le Burkina Faso combinent exploitation industrielle et artisanale, avec un enjeu crucial de traçabilité.
En Côte d’Ivoire, la filière reste en phase d’expansion : de nouvelles découvertes et des projets en développement laissent présager une progression sensible dans les prochaines années.
L’or, valeur refuge dans un monde instable
Inflation, crises géopolitiques, volatilité financière : autant de facteurs qui renforcent l’attrait du métal jaune. De nombreuses banques centrales ont intensifié leurs achats, soutenant durablement la demande mondiale.
Toutefois, l’avenir du secteur dépendra de plusieurs paramètres : sécurité des sites en Afrique de l’Ouest, respect des normes environnementales dans les pays développés, acceptabilité sociale des projets miniers. Les questions de transparence des revenus et de conditions de travail occupent désormais le cœur des débats.
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