Par AN
Souvent assimilé à un signal d’alerte sur la santé économique d’un pays, le recours à Fonds monétaire international (FMI) mérite pourtant une lecture plus nuancée. Sur le continent africain, ces financements ne traduisent pas uniquement des difficultés, mais aussi des stratégies de stabilisation et de transformation économique.
Dans de nombreux cas, les programmes du FMI servent de cadre à des réformes structurelles, à la consolidation des finances publiques et au financement de projets structurants. Panorama des dix pays africains les plus engagés financièrement auprès de l’institution basée à Washington.
Un endettement qui ne rime pas toujours avec crise
Contrairement à une idée largement répandue, l’endettement vis-à-vis du FMI ne signifie pas nécessairement un effondrement économique. Pour certaines économies, il constitue un levier temporaire pour absorber des chocs, stabiliser les équilibres macroéconomiques et soutenir la croissance.
Des pays comme la Côte d’Ivoire ou le Kenya s’inscrivent dans cette logique de consolidation, tandis que d’autres, à l’image du Ghana ou de la Zambie, utilisent ces appuis pour sortir de crises financières profondes. L’enjeu reste identique pour tous : transformer ces ressources en croissance durable et éviter un cycle d’endettement prolongé.
Les dix principaux bénéficiaires en Afrique
- Égypte – 5,89 milliards de dollars
En tête du classement, l’Égypte fait face à des tensions inflationnistes et monétaires. Le soutien du FMI accompagne des réformes économiques tout en soutenant de vastes projets d’infrastructures. - Côte d’Ivoire – 3,6 milliards de dollars
Deuxième du classement, le pays s’appuie sur ces financements pour accélérer son industrialisation et renforcer ses infrastructures énergétiques et logistiques. - Kenya – 2,9 milliards de dollars
Véritable pôle économique régional, le Kenya mobilise ces ressources pour maintenir la stabilité budgétaire tout en investissant dans le numérique et les transports. - Ghana – 2,8 milliards de dollars
Après une crise de la dette, le Ghana s’engage dans une trajectoire de redressement, soutenue par des réformes fiscales et budgétaires appuyées par le FMI. - Angola – 2,5 milliards de dollars
L’Angola cherche à réduire sa dépendance au pétrole en diversifiant son économie, avec l’appui des programmes du FMI. - République démocratique du Congo – 2,2 milliards de dollars
Riche en ressources minières, la RDC bénéficie d’un accompagnement visant à améliorer la gouvernance et la transparence des finances publiques. - Éthiopie – 1,7 milliard de dollars
Dans un contexte post-conflit, le pays poursuit ses investissements énergétiques et industriels, avec l’appui du FMI. - Tanzanie – 1,3 milliard de dollars
La Tanzanie mise sur les infrastructures pour soutenir sa croissance, tout en consolidant ses équilibres budgétaires. - Zambie – 1,2 milliard de dollars
Après son défaut de paiement en 2020, la Zambie bénéficie d’un accompagnement pour restructurer sa dette et stabiliser son économie. - Cameroun – 1,18 milliard de dollars
Le Cameroun mobilise ces fonds pour renforcer ses recettes internes et financer des projets d’infrastructures, malgré un contexte sécuritaire fragile.
Entre opportunité et vigilance
Au-delà des montants, la question centrale reste celle de l’utilisation de ces financements. Bien orientés, ils peuvent stimuler la croissance et accélérer les transformations économiques. Mal gérés, ils risquent d’entretenir une dépendance financière durable.
Le FMI demeure ainsi un acteur clé, à la fois partenaire de stabilisation et levier de réformes, dans un continent en quête de développement soutenu.
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