Par AN | Lementor.net
À peine installé à la présidence du Conseil national des droits de l’homme (CNDH), le juriste ivoirien Christian Adjelou se retrouve déjà au cœur d’une controverse grandissante. En question : son positionnement politique revendiqué, qui alimente un débat sur la compatibilité entre engagement partisan et devoir d’impartialité.
Élu le 24 mars 2026 à la tête de l’institution, Christian Adjelou, enseignant-chercheur reconnu, succède à Namizata Sangaré. La nouvelle équipe dirigeante comprend également Bamba Drissa, issu du MIDH, nommé vice-président, ainsi que le Dr Arsène Néné, qui occupe le poste de secrétaire exécutif.
Mais cette nomination n’a pas tardé à susciter de nombreuses réactions, notamment sur les plateformes numériques. Plusieurs voix ont remis en lumière des déclarations antérieures du nouveau président, dans lesquelles il assumait publiquement son appartenance au Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix, formation politique au pouvoir dirigée par Alassane Ouattara.
Parmi les organisations montées au créneau figure la FIDHOP, qui exprime de sérieuses inquiétudes. Dans une déclaration publique, elle considère que la désignation d’une personnalité affichant un engagement partisan pose un problème de crédibilité pour une institution censée être neutre et indépendante.
L’organisation insiste sur les standards internationaux, notamment les « Principes de Paris », qui encadrent le fonctionnement des institutions nationales des droits de l’homme et exigent leur autonomie vis-à-vis des pouvoirs politiques. Elle rappelle également les dispositions de la loi ivoirienne n°2018-900, dont l’article 16 met en avant les exigences d’intégrité et d’impartialité pour accéder à la présidence du CNDH.
Sans remettre en cause les compétences du nouveau président, la FIDHOP estime que cette proximité politique pourrait fragiliser la confiance du public et entacher la perception des travaux futurs du Conseil, tant sur le plan national qu’international.
Tout en saluant le renouvellement de l’organe dirigeant du CNDH, l’organisation suggère une démarche susceptible d’apaiser les tensions : une prise de distance claire avec le RHDP. Une telle décision, selon elle, permettrait de rassurer l’opinion et de consolider la crédibilité de l’institution.
À défaut, la FIDHOP affirme qu’elle se montrera particulièrement attentive aux actions concrètes du nouveau président, indiquant que son mandat sera évalué à l’aune de ses décisions et de son indépendance réelle.
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