Par AN | Lementor.net
Depuis quelques semaines, une vaste opération logistique est en cours dans les bassins cacaoyers de Côte d’Ivoire. Elle vise à retirer des zones de production 123 000 tonnes de cacao restées en souffrance, afin de relancer une commercialisation freinée par l’engorgement des stocks. Initiée par le Conseil du café-cacao, cette initiative mobilise progressivement l’ensemble des treize délégations régionales de l’institution.
Tout a véritablement démarré le jeudi 29 janvier 2026, au complexe industriel de Transcao PK 24, lors d’une cérémonie conduite par le directeur général du Conseil, Koné Brahima Yves. À cette occasion, les acteurs de la filière ont reçu l’assurance que des moyens exceptionnels seraient déployés pour désengorger les magasins et permettre aux coopératives d’écouler leurs productions vers les ports d’Abidjan et de San Pedro.
Dans la foulée, les premières rotations de camions ont été observées dans plusieurs localités. À Gagnoa, par exemple, la délégation régionale a indiqué, le 30 janvier, que les enlèvements se font de manière méthodique et graduelle. L’objectif est clair : éviter une nouvelle saturation des entrepôts tout en donnant un véritable bol d’oxygène aux planteurs d’Ouragahio, de Gagnoa et des zones environnantes, longtemps pénalisés par l’immobilisation de leurs récoltes.
Par ailleurs, cette opération publique n’évolue pas en vase clos. Elle se déploie en complément des interventions d’autres opérateurs agréés, qui continuent d’agir selon leurs propres mécanismes. Cette coexistence d’initiatives doit, selon les responsables de la filière, accélérer le retour à une circulation normale du produit.
Au-delà de l’aspect technique, l’enjeu est surtout social et économique. En effet, l’État ivoirien a réaffirmé sa volonté d’assurer l’évacuation intégrale des stocks résiduels détenus au bord champ. Une mesure jugée indispensable pour sécuriser les revenus des producteurs, considérés comme le cœur battant de la filière café-cacao.
Ainsi, à mesure que les camions quittent les zones rurales chargés de fèves, c’est tout un espoir qui renaît. Les planteurs, longtemps gagnés par l’inquiétude, entrevoient peu à peu la fin d’une période d’incertitude et le retour à une campagne plus sereine.
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