Par AN | Lementor.net
Le monde des médias africains vient de perdre l’une de ses figures les plus marquantes. Le journaliste et animateur camerounais Consty Eka s’est éteint le lundi 16 février 2026 à Abidjan, emporté par un accident vasculaire cérébral dans une polyclinique de la capitale économique ivoirienne. Sa disparition provoque une onde d’émotion qui dépasse largement les frontières du Cameroun et de la Côte d’Ivoire, tant son empreinte sur l’audiovisuel africain était profonde.
Dans une époque où la télévision peine parfois à renouveler ses icônes, Consty Eka incarnait une rare synthèse : le charisme de l’animateur, la vision du créateur et l’ambition du bâtisseur. Surnommé « le Roi de la télé », il avait su imposer un style, une énergie et une manière de raconter l’Afrique qui inspira toute une génération de professionnels des médias. Plus qu’un visage familier du petit écran, il était devenu une école à lui seul.
Les hommages se sont multipliés, à l’image du message du journaliste ivoirien Tiémoko Diarra, qui a salué une « figure panafricaine de la communication audiovisuelle ». Ces mots traduisent le sentiment partagé par nombre de téléspectateurs et de professionnels : celui d’un homme qui avait réussi à créer des ponts entre les scènes médiatiques africaines, notamment entre le Cameroun et la Côte d’Ivoire.
Fondateur du groupe CEKAM, initiateur de CEN TV et de la radio Voltage2, Consty Eka n’était pas seulement un animateur populaire. Il avait compris très tôt que l’avenir des médias africains passait par l’innovation, la proximité avec le public et la création de formats capables de rivaliser avec les standards internationaux sans renier l’identité africaine. Ses projets ont façonné de nouvelles narrations, contribuant à professionnaliser un secteur en pleine transformation.
Ce qui frappe aujourd’hui, c’est la brutalité de son départ. Aperçu encore en bonne santé lors de ses récentes apparitions à Abidjan en novembre 2025, rien ne laissait présager cette disparition soudaine. Elle rappelle la fragilité des figures publiques, souvent perçues comme éternelles parce qu’omniprésentes dans le paysage médiatique.
Mais un éditorial ne doit pas seulement pleurer une perte ; il doit aussi interroger l’héritage. Que restera-t-il de Consty Eka ? Sans doute une conviction forte : celle que les médias africains peuvent être à la fois populaires, ambitieux et porteurs d’identité. En cela, il laisse une responsabilité à la nouvelle génération — celle de poursuivre l’œuvre, d’oser innover et de croire en une télévision africaine influente et moderne.
Aujourd’hui, le silence qui suit sa disparition résonne comme une dernière émission interrompue trop tôt. Pourtant, son influence continue de vibrer dans chaque studio, chaque plateau et chaque jeune journaliste qui a rêvé devant ses programmes.
Consty Eka s’en est allé, mais la voix qu’il a donnée à l’audiovisuel africain, elle, continue de parler.
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