La Rédaction | lementor.net
À l’issue de leur 128ᵉ Assemblée plénière ordinaire tenue à San Pedro, les archevêques et évêques catholiques de Côte d’Ivoire ont lancé un appel solennel à « une réconciliation authentique, sans tricherie ni exclusion ». Dans un communiqué final rendu public dimanche 25 janvier 2026, l’épiscopat ivoirien insiste sur l’urgence d’un processus sincère de réconciliation nationale pour consolider une paix durable dans un contexte post-électoral encore sensible.
Réunis au Centre Cossé-a-Dio, les prélats ont conclu leurs travaux par une messe solennelle à la cathédrale Saint-Pierre de San Pedro. Présidée par Mgr Marcellin Yao Kouadio, président de la Conférence épiscopale de Côte d’Ivoire, cette rencontre a été vécue comme un temps de discernement collectif et d’écoute spirituelle face aux enjeux actuels du pays.
Pendant une semaine, les évêques disent avoir cherché à « écouter ce que l’Esprit dit à l’Église de Côte d’Ivoire », dans un esprit de collégialité et de responsabilité pastorale. L’objectif, selon Mgr Joseph Aka Kacou, était de renforcer la communion ecclésiale et de prendre des décisions utiles à la mission de l’Église, tant sur le plan institutionnel que social. Les échanges ont porté à la fois sur des questions internes à l’Église – gouvernance financière, formation du clergé, liturgie, pastorale des jeunes et protection des mineurs – et sur des préoccupations nationales majeures liées à la paix, à la justice et à la crédibilité des institutions.
Au cœur de leur message, les évêques ont mis en avant la nécessité d’une réconciliation fondée sur la vérité, le respect de la dignité humaine et l’inclusion de toutes les composantes de la société. Ils estiment qu’aucune paix véritable ne peut s’imposer sans un engagement collectif sincère, libéré des calculs politiques et des exclusions. Dans cette perspective, ils invitent l’ensemble des acteurs politiques, sociaux et religieux à privilégier le dialogue, la responsabilité et l’éthique dans leurs prises de position et leurs actions.
L’Assemblée a également accordé une place importante aux projets structurants de l’Église. Les évêques ont réaffirmé le caractère prioritaire du projet de création de l’Université catholique de Côte d’Ivoire, présenté comme un levier stratégique pour la formation intégrale de la personne humaine, conjuguant excellence académique, éthique et innovation technologique au service du développement humain intégral. Par ailleurs, les difficultés rencontrées par l’Association nationale de l’Éducation catholique ont été examinées, avec la volonté affichée d’accompagner les réformes nécessaires dans un esprit de dialogue et de responsabilité.
Sur le volet de la formation, l’épiscopat a décidé la mise en place d’un Fonds de garantie médicale des séminaristes de Côte d’Ivoire, afin d’assurer un meilleur suivi sanitaire des futurs prêtres. Les évêques ont aussi fait le point sur les audits et réformes économiques en cours, le bilan des Journées nationales de la jeunesse tenues en août 2025 à Yamoussoukro, ainsi que diverses questions liturgiques, dans un souci constant de crédibilité institutionnelle et de témoignage évangélique.
En clôturant leurs travaux, les évêques ont annoncé que leur prochaine Assemblée plénière ordinaire, la 129ᵉ, se tiendra dans l’archidiocèse d’Abidjan du 25 au 31 mai 2026. D’ici là, ils appellent les Ivoiriens à faire de la réconciliation authentique non pas un slogan, mais un engagement collectif au service de la paix et de la cohésion nationale.
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