Par AN | Lementor.net
La filière cacao en Côte d’Ivoire entre dans une nouvelle phase de réorganisation profonde, portée par le Conseil du café-cacao, avec une série de mesures visant à améliorer la gestion des campagnes agricoles, renforcer la transparence des transactions et sécuriser les revenus des producteurs.
Désormais, le calendrier des campagnes est modifié. La campagne principale s’étendra du 1er septembre au 28 février, tandis que la campagne intermédiaire couvrira la période de mars à août. Cette nouvelle organisation, annoncée lors d’une rencontre avec les acteurs de la filière à Séguéla, vise à mieux s’adapter aux réalités de production et à prendre en compte certains enjeux sociaux, notamment la scolarisation des enfants de planteurs.
Autre innovation majeure : l’instauration obligatoire de la carte du producteur à compter du 1er septembre 2026. Ce dispositif sera exigé pour toute opération de vente de cacao. Il a pour objectif de renforcer la traçabilité, d’assainir les circuits de commercialisation et de sécuriser les paiements dans un secteur qui compte environ 700 000 producteurs enregistrés.
Des mécanismes régionaux de suivi seront également déployés afin de traiter les éventuels retards de paiement ainsi que les réclamations des acteurs de la chaîne de valeur.
Sur le plan économique, les autorités ivoiriennes ont annoncé un important dispositif de soutien face aux tensions du marché mondial. L’État prévoit notamment le rachat de 100 000 tonnes de cacao, représentant un investissement estimé à environ 240 milliards de FCFA, ainsi qu’une subvention exceptionnelle de 231 milliards de FCFA.
Ces mesures visent à stabiliser le prix bord champ, fixé à 1 200 FCFA le kilogramme, malgré les fluctuations internationales. Le gouvernement prévient par ailleurs que toute violation de ce prix réglementé pourra faire l’objet de poursuites.
Secteur stratégique de l’économie nationale, le cacao reste confronté à de fortes pressions liées à la volatilité des cours mondiaux et aux contraintes logistiques. À travers cette réforme, les autorités entendent moderniser la filière tout en garantissant une meilleure protection des producteurs.
Leave a comment