Par La Rédaction | Lementor.net
La lutte contre la cybercriminalité et la désinformation franchit une nouvelle étape en Côte d’Ivoire. Le lundi 16 février 2026, le nommé KONAN Andis Jean-Christian, alias Jean Christian Konan, a été interpellé par les agents de la Plateforme de Lutte contre la Cybercriminalité (PLCC).
Cette arrestation intervient à la suite de huit plaintes déposées par des personnes physiques et morales, ainsi qu’à l’exécution d’un mandat d’arrêt délivré par Madame le Juge du 2ᵉ Cabinet d’Instruction du Tribunal de Première Instance de Bingerville. Les faits initiaux reprochés portent notamment sur une escroquerie présumée d’un montant de 80 000 000 FCFA.
Une information judiciaire ouverte à Abidjan
Déféré le mercredi 18 février 2026 au Parquet d’Abidjan, le mis en cause fait désormais l’objet d’une information judiciaire élargie. Les poursuites ne se limitent pas aux accusations d’escroquerie.
Selon les autorités judiciaires, les chefs d’inculpation incluent notamment des faits de trouble à l’ordre public, diffusion de nouvelles fausses susceptibles de causer la désobéissance aux lois, atteinte au moral de la population ou discrédit sur les institutions ou leur fonctionnement, provocation au trouble à l’ordre public et à la destruction d’édifices.
À ces infractions s’ajoutent des invectives ne renfermant l’imputation d’aucun fait par le biais d’un système d’information, des faits de diffamation par le biais d’un système d’information, la diffusion de fausses informations tendant à faire croire qu’une destruction ou dégradation de biens a été commise ou serait imminente, ainsi que des faits de filouterie de résidence.
Les faits visés sont prévus et punis par les articles 179-1, 183, 184, 190, 463 et 484 du Code pénal, les articles 60, 65 et 70 de la loi n° 2013-451 relative à la lutte contre la cybercriminalité, ainsi que l’article 90 de la loi n° 2017-867 du 27 décembre 2017 portant régime juridique de la presse.
Le mis en cause sera présenté devant le Juge d’Instruction de Bingerville le 20 février 2026 pour notification formelle du mandat d’arrêt.
Un signal fort contre la désinformation
Au-delà du cas individuel, cette affaire illustre la vigilance accrue des autorités ivoiriennes face à la prolifération de contenus numériques susceptibles de troubler l’ordre public.
Le Procureur de la République a par ailleurs attiré l’attention sur certaines publications circulant sur les réseaux sociaux, qui tenteraient d’attribuer à la procédure judiciaire des motivations autres que celles officiellement retenues. Il a fermement rappelé que la divulgation de fausses informations relatives à une procédure en cours constitue également une infraction pénale passible de poursuites.
Dans un contexte où les plateformes numériques amplifient rapidement rumeurs et manipulations, les autorités entendent faire respecter le cadre légal en vigueur. La liberté d’expression demeure garantie, mais elle s’exerce dans le respect des lois et de l’ordre public.
Une justice à l’épreuve du numérique
L’affaire KONAN Andis Jean-Christian s’inscrit dans une dynamique plus large de modernisation de la réponse judiciaire face aux nouvelles formes de délinquance liées aux technologies de l’information.
La cybercriminalité, la diffusion massive de fausses nouvelles et les atteintes numériques à la réputation des institutions constituent désormais des enjeux majeurs pour la stabilité sociale. En activant les dispositions du Code pénal, de la loi sur la cybercriminalité et du régime juridique de la presse, la justice ivoirienne réaffirme que l’espace numérique n’est pas une zone de non-droit.
Les prochains développements judiciaires seront déterminants. Mais d’ores et déjà, le message est clair : la responsabilité numérique est une exigence, et toute dérive susceptible de menacer l’ordre public ou de discréditer les institutions s’expose aux rigueurs de la loi.
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