Adama Ouédraogo Damiss | Lementor.net
Le 23 novembre 2023, le capitaine Ibrahim Traoré procédait, avec un grand retentissement médiatique, à la pose de la première pierre de la première raffinerie d’or du Burkina Faso. Les autorités avaient alors affirmé que les travaux seraient achevés dans un délai de onze mois et que les premiers lingots d’or seraient produits avant la fin de l’année 2024.
Nous sommes aujourd’hui en mars 2026. Plus de deux années se sont écoulées depuis cette annonce présentée comme un tournant historique pour la souveraineté économique du pays. Dès lors, une question simple et légitime s’impose : où en est concrètement ce chantier ? Où se trouve exactement cette raffinerie, annoncée dans l’arrondissement 12 de Ouagadougou, notamment dans la zone de Ouaga 2000 ?
Plus encore, si l’on s’en tient aux engagements officiels, cette infrastructure devait disposer d’une capacité d’affinage d’environ 400 kilogrammes d’or par jour, soit près de 150 tonnes par an. Il serait donc légitime, dans un souci de transparence, de savoir combien de tonnes d’or ont effectivement été produites à ce jour, ou si la production a même réellement commencé.
Dans un État qui se réclame de la souveraineté et de la rupture avec les pratiques antérieures, le devoir de recevabilité impose que la parole publique, surtout présidentielle, soit suivie d’effets vérifiables. Trop d’annonces spectaculaires, trop d’effets de communication, mais trop peu d’informations concrètes sur l’état d’avancement réel de ces projets structurants.
Dans la même logique, il convient également de s’interroger sur le projet du Burkindi Business Center, présenté comme un complexe immobilier d’envergure comprenant quatorze immeubles de quinze étages et une tour emblématique de trente-cinq étages. La première pierre de ce projet n’a été posée que le 29 octobre 2024, soit près d’un an après les annonces initiales.
Certes, certaines communications officielles et médiatiques évoquent un projet « qui prend forme », mais aucune information claire, documentée et vérifiable n’a été largement diffusée quant au niveau réel d’avancement des travaux, au calendrier actualisé, ni aux étapes déjà franchies.
Dans un contexte marqué par de nombreuses annonces présentées comme historiques, il devient impératif que les autorités apportent des réponses précises et publiques :
-où en est réellement la raffinerie d’or ?
-combien d’or a été effectivement raffiné depuis la pose de la première pierre ?
-où en est le chantier du Burkindi Business Center ?
-quel est le calendrier réel d’exécution de ces projets ?
Une visite officielle du site, accompagnée du ministère de tutelle et des responsables techniques, constituerait non seulement un acte de transparence, mais également une manière de restaurer la crédibilité de la parole publique: un projet de développement ne se mesure pas aux discours, mais aux réalisations concrètes.
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