Par AN| Lementor.net
Dans un contexte marqué par de fortes turbulences au sein de la filière cacao, les autorités ivoiriennes ont voulu apaiser les inquiétudes des producteurs. À travers un communiqué diffusé le lundi 16 février 2026, le Conseil du Café-Cacao a confirmé le maintien du prix bord champ du cacao à 2 800 F CFA le kilogramme sur l’ensemble du territoire national.
Cette mesure concerne la campagne principale 2025-2026 et restera en vigueur jusqu’au 31 mars 2026. En choisissant de ne pas modifier le tarif garanti, l’organe de régulation entend envoyer un signal de stabilité aux planteurs, alors que la commercialisation traverse une période particulièrement délicate.
Paiements encadrés et rappels à l’ordre
Au-delà de la question du prix, le régulateur insiste sur l’application stricte des règles commerciales. Le délai maximal de paiement des produits livrés demeure fixé à un mois après la livraison effective. Cette disposition vise à limiter les retards de paiement, souvent pointés du doigt comme un facteur de fragilisation économique pour les producteurs dans les zones rurales.
Le Conseil du Café-Cacao rappelle également que tout acteur ne respectant ni le prix minimum ni les délais réglementaires s’expose aux sanctions prévues par la loi. Les producteurs sont d’ailleurs appelés à signaler systématiquement les cas de non-conformité auprès des services compétents ou des autorités locales.
Une filière sous pression
Cette décision intervient alors que le marché mondial du cacao connaît un net ralentissement. Après plusieurs mois de hausse, les cours internationaux ont reculé, passant fin janvier sous le seuil des 4 000 dollars la tonne à New York, ce qui complique la commercialisation pour certains exportateurs.
Ce recul des prix crée un décalage entre les tarifs garantis localement et la réalité des marchés internationaux. Plusieurs opérateurs estiment acheter à perte, ce qui freine les transactions et contribue à un engorgement des stocks.
Selon différentes estimations, plusieurs centaines de milliers de tonnes de cacao seraient actuellement stockées dans les entrepôts ou en attente dans les ports d’Abidjan et de San Pedro, révélant l’ampleur des difficultés logistiques.
Des mesures pour désengorger le secteur
Face à cette situation, les autorités ont lancé fin janvier une opération visant à évacuer les stocks accumulés dans les zones de production. Supervisée par le Conseil du Café-Cacao, cette initiative cible environ 123 000 tonnes de fèves afin de fluidifier l’acheminement vers les infrastructures portuaires et de soutenir la trésorerie des producteurs.
Par ailleurs, la comparaison avec le voisin ghanéen alimente le débat régional. Confronté à d’importantes contraintes financières, le Ghana Cocoa Board a récemment revu à la baisse son prix bord champ, une décision observée de près par les acteurs ivoiriens.
Entre stabilité interne et incertitudes internationales
Le maintien du prix à 2 800 F CFA apparaît ainsi comme une volonté politique de préserver le pouvoir d’achat des planteurs malgré un environnement mondial défavorable. Toutefois, la réussite de cette stratégie dépendra largement de la capacité du secteur à écouler rapidement les volumes accumulés et à rétablir une dynamique commerciale durable.
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