Par AN | Lementor.net
La transition politique en Guinée entre dans sa phase finale. Les autorités dirigées par le général Mamadi Doumbouya ont arrêté la date du double scrutin législatif et communal au dimanche 24 mai 2026, marquant une étape clé vers le rétablissement de l’ordre constitutionnel.
Selon le décret lu à la télévision nationale, près de 7 millions d’électeurs sont appelés à élire, le même jour, les 114 députés de la future Assemblée nationale ainsi que des milliers de conseillers municipaux répartis dans les 342 communes urbaines et rurales du pays. Une opération d’envergure qui vise à doter la Guinée d’institutions représentatives pleinement légitimes.
Une architecture électorale repensée
Le futur Parlement reposera sur un système mixte. Trente-huit députés seront élus au scrutin uninominal, tandis que soixante-seize autres le seront à la proportionnelle. Ce mécanisme entend favoriser à la fois la représentation territoriale et l’expression des forces politiques à l’échelle nationale.
Pour piloter l’ensemble du processus, la Direction générale des élections (DGE) est en première ligne. Elle aura la responsabilité de la gestion du fichier électoral biométrique, de l’organisation logistique et de la formation du personnel électoral. À ses côtés, l’Organe autonome de supervision des élections et du référendum (ONASUR) devra garantir la transparence et la régularité des opérations.
Un test grandeur nature pour les autorités de transition
L’organisation simultanée de deux scrutins constitue un défi majeur. Entre la distribution du matériel électoral, la sécurisation des bureaux de vote et la gestion des listes électorales, les autorités devront démontrer leur capacité à conduire un processus crédible dans un contexte encore marqué par des tensions politiques.
Les ministères en charge de la Sécurité et de la Défense ont été instruits de prendre toutes les dispositions nécessaires afin d’assurer un déroulement apaisé du vote sur l’ensemble du territoire.
Un paysage politique profondément remodelé
Ce rendez-vous électoral intervient dans un contexte de recomposition politique. À l’issue d’un processus d’évaluation, le nombre de partis est passé d’environ 350 à 130. Plusieurs formations majeures se retrouvent fragilisées, suspendues ou sous observation.
C’est notamment le cas de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG) de Cellou Dalein Diallo, soumise à des conditions de régularisation, ou encore du RPG Arc-en-ciel de Alpha Condé, suspendu. Cette situation pourrait impacter significativement la participation et la compétitivité du scrutin.
En parallèle, plusieurs anciens candidats à la présidentielle de décembre 2025 devraient se repositionner pour les législatives et les communales, aux côtés de figures indépendantes.
Un enjeu de crédibilité nationale et internationale
Au-delà de la compétition politique, ce double scrutin représente un test décisif pour la transition engagée depuis la prise de pouvoir du Comité national du rassemblement pour le développement en 2021. Il doit consacrer le retour à un ordre constitutionnel normalisé, après plusieurs années d’instabilité.
La communauté internationale, notamment la CEDEAO, l’Union africaine, l’Union européenne et les Nations unies, suivra de près l’organisation de ces élections. Leur validation sera déterminante pour la reconnaissance des résultats et la crédibilité des institutions à venir.
Le compte à rebours est lancé
À un peu plus de trois mois de l’échéance, les préparatifs s’accélèrent. Les acteurs politiques doivent affiner leurs stratégies, mobiliser leurs bases et préparer une campagne qui s’annonce intense.
Le 24 mai 2026, les Guinéens ne se contenteront pas d’élire leurs représentants. Ils scelleront également une étape décisive de leur histoire politique, en tournant peut-être définitivement la page de la transition.
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