Par AN | Lementor.net
La dynamique de consolidation de la Confédération des États du Sahel (AES) se poursuit. Depuis ce jeudi 26 février 2026, la capitale burkinabè, Ouagadougou, accueille une réunion stratégique des ministres en charge des trois piliers de l’organisation. Pendant 48 heures, les représentants du Burkina Faso, du Mali et du Niger planchent sur l’élaboration de la feuille de route de l’« An II ».
Cette rencontre ministérielle fait suite à deux jours de travaux techniques menés par des hauts fonctionnaires des trois États. Ces derniers ont déjà posé les bases du document stratégique, initialement proposé par la partie burkinabè. Il revient désormais aux ministres de finaliser un cadre d’orientation harmonisé, capable de traduire à la fois la vision des chefs d’État et les attentes des populations de l’espace confédéral.
Une première année structurante
À l’ouverture des travaux, les chefs de délégation ont dressé un bilan globalement satisfaisant de la première année d’existence de l’AES. Le ministre d’État nigérien en charge de la Défense, le général Salifou Modi, a salué les avancées réalisées, notamment en matière de souveraineté et de coopération militaire renforcée entre les trois pays.
De son côté, le ministre malien de la Défense, le général Sadio Camara, a mis en avant la qualité du dialogue entre les États membres, évoquant un esprit de solidarité et de concertation ayant guidé les travaux préparatoires.
Au nom du pays hôte, le président de la Commission nationale de l’AES, Bassolma Bazié, a officiellement lancé la rencontre. Il a insisté sur le caractère fondateur de cette première année, marquée selon lui par la mise en place des bases institutionnelles, la définition d’une doctrine commune et l’affirmation progressive de l’AES sur la scène régionale et internationale.
Placée sous l’impulsion du chef de l’État malien, Assimi Goïta, cette phase initiale a permis de structurer une alliance fondée sur des intérêts partagés et des défis communs, notamment en matière de sécurité.
Cap sur la consolidation
Avec l’« An II », les États membres entendent franchir un nouveau palier. L’objectif est désormais d’approfondir les acquis et de renforcer l’efficacité opérationnelle de la Confédération.
Selon Bassolma Bazié, cette nouvelle étape doit permettre d’assurer une meilleure coordination des actions, tout en consolidant les piliers essentiels que sont la sécurité, la diplomatie et l’intégration économique. Il a également insisté sur la nécessité de doter l’AES d’outils stratégiques capables de soutenir ses ambitions.
Les discussions en cours devraient aboutir à un document consensuel servant de référence pour les actions futures. Cette feuille de route vise à structurer les interventions des États membres et à optimiser la mise en commun de leurs ressources.
Une ambition au-delà du sécuritaire
Si la lutte contre l’insécurité demeure une priorité, les pays de l’AES affichent également leur volonté d’élargir leur coopération à des domaines clés comme l’économie et la diplomatie.
L’enjeu est de transformer cette alliance en un véritable espace d’intégration régionale, capable de porter des projets de développement au bénéfice des populations.
À travers cette démarche, le Burkina Faso, le Mali et le Niger entendent bâtir une trajectoire commune, fondée sur la solidarité, la souveraineté et la mutualisation des moyens face aux défis structurels de la région.
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