Par AN-Lementor.net
l’interpellation , samedi 27 décembre, de plusieurs proches du député-maire sortant Assalé Tiémoko, soupçonnés de fraude électorale lors du scrutin législatif, n’aura finalement pas abouti à des poursuites. Après examen du dossier, la justice ivoirienne a conclu à l’absence d’infraction et ordonné la remise en liberté de toutes les personnes concernées.
Les faits se sont produits dans la matinée, dans le village de Niamoué. Aka Flavien Honvo, superviseur général de la campagne du candidat indépendant, a été arrêté par les forces de sécurité, en même temps qu’une représentante de bureau de vote et un autre collaborateur. Ils étaient soupçonnés de détenir des cartes d’électeurs présumées frauduleuses.
L’information, rapidement relayée sur les réseaux sociaux, a enflammé le débat politique dans une circonscription déjà sous tension. Dans le camp du RHDP, principal adversaire d’Assalé Tiémoko à Tiassalé, ces interpellations ont été présentées comme la preuve de manœuvres frauduleuses imputées au député sortant, connu pour ses critiques récurrentes du système électoral.
Cependant, après plusieurs heures d’auditions conduites par la police, en présence du substitut résident du procureur de la République, les accusations n’ont pas résisté à l’examen judiciaire. Selon des sources judiciaires, le document incriminé n’était pas des cartes d’électeurs, mais une ancienne liste électorale datant de 2023, comportant des photographies et non mise à jour.
Un élément qui, selon les autorités, ne constitue pas une infraction au regard de la législation en vigueur. Aka Flavien Honvo a expliqué que cette liste, attachée à sa moto, lui servait uniquement à orienter des agents de terrain affectés aux bureaux de vote, certains n’ayant pas bénéficié d’une formation préalable.
Faute de délit constitué, l’ensemble des personnes interpellées a été libéré.
Dans l’entourage d’Assalé Tiémoko, la décision judiciaire est perçue comme un désaveu des accusations formulées plus tôt dans la journée. Le camp du député-maire évoque une « instrumentalisation politique » et une tentative de discréditer sa candidature.
« La justice a tranché. Il n’y avait ni fraude, ni intention de tricher. Ceux qui ont alimenté la polémique devront en répondre devant l’opinion », confie un proche du candidat.
L’équipe de campagne reconnaît toutefois un climat de forte crispation sur le terrain. « La tension est réelle à Tiassalé, mais nous avons fait le choix de nous en remettre aux institutions plutôt que d’aggraver la situation », assure la même source.
Cette affaire intervient dans un contexte de duel politique serré entre Assalé Tiémoko et Alpha Sanogo, candidat du RHDP. Au-delà du siège de député, l’enjeu est stratégique. Le député sortant entend consolider sa position et renforcer la visibilité de son mouvement ADCI, en perspective des échéances futures, notamment la présidentielle de 2030.
De son côté, le RHDP espère reprendre un bastion symbolique, avec l’appui affiché de plusieurs cadres du parti.
Si le volet judiciaire des soupçons de fraude est désormais clos, la bataille politique, elle, reste ouverte. À Tiassalé, le scrutin législatif s’impose comme un véritable test de force, dépassant largement le cadre d’une simple élection locale.
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