King Traore | Lementor.net
Monsieur le Président,
Il arrive des moments où le silence devient une injustice.
Depuis plusieurs semaines, le débat autour de votre action se dilue dans des accusations faciles, des insinuations techniques et des calculs électoraux à peine voilés. On parle de convocations. On parle d’ingérence. On parle d’émotion. Mais on ne parle plus de l’essentiel : la transformation structurelle du football ivoirien.
Alors remettons les choses à leur place.
Avant 2022, il y a eu des efforts. Il y a eu des investissements. Sous Jacques Anouma, le sponsoring MTN apportait environ 20 millions FCFA par club de Ligue 1. Le Centre Technique de Bingerville a vu le jour, avec un investissement estimé à 369 millions FCFA. Sous Feu Augustin Sidy Diallo, des montants significatifs ont été distribués : 50 millions FCFA par club de Ligue 1 en 2013, 20 millions pour la Ligue 2, 15 millions pour la D3. Entre 2014 et 2015, près de 2 milliards FCFA ont été injectés toutes divisions confondues. En 2017–2018, 1,213 milliard FCFA pour 14 clubs de Ligue 1. En 2019–2020, 1,910 milliard FCFA versés aux clubs.
Ce sont des chiffres réels. Personne ne les nie.
Mais jamais un modèle autonome, structuré et systématique de soutien spécifique aux clubs qualifiés en compétitions CAF n’avait été formalisé et institutionnalisé. Les aides existaient, mais elles étaient ponctuelles, intégrées, variables.
Puis arrive 2022.
Et là, quelque chose change profondément.
Depuis 2023, le financement des clubs ivoiriens n’est plus une série d’initiatives dispersées. Il devient une architecture claire.
100 millions FCFA par club de Ligue 1.
50 millions FCFA pour chaque club de Ligue 2.
30 millions FCFA pour la Division 3.
10 millions FCFA pour chaque club féminin.
Ce n’est pas un slogan. Ce n’est pas une annonce médiatique. C’est un cadre budgétaire stable.
Un club de Ligue 1 ivoirien sait désormais, en début de saison, sur quoi il peut compter. Il peut planifier. Il peut structurer son effectif. Il peut professionnaliser sa gestion. Il peut respirer.
Et ce n’est pas tout.
Treize bus ont été remis aux clubs en 2024. Des équipements ont été distribués. Les dotations en nature ont réduit les charges logistiques. On ne parle plus seulement d’argent versé. On parle d’allègement structurel des coûts.
Mais la rupture la plus stratégique concerne nos représentants sur la scène africaine.
Pour la première fois, un dispositif dédié et chiffré accompagne les clubs qualifiés en compétitions CAF. Jusqu’à 115 millions FCFA par saison pour un club engagé. À cela s’ajoute un bonus de 5 millions FCFA par match disputé en compétition africaine.
Cela signifie quoi concrètement ?
Cela signifie que la performance continentale n’est plus laissée au courage seul des dirigeants. Elle est soutenue. Elle est anticipée. Elle est encouragée financièrement.
C’est cela, un changement de paradigme.
Monsieur le Président,
Ceux qui agitent les polémiques savent très bien que le terrain financier est solide. Alors ils déplacent le débat. Ils parlent technique. Ils insinuent l’ingérence. Ils cherchent à fragiliser l’image plutôt que le bilan.
Mais les Ivoiriens ne sont pas amnésiques.
Ils savent ce que coûte l’instabilité. Ils savent ce que vaut la structuration. Ils savent que les aventuriers parlent fort, mais que les bâtisseurs laissent des mécanismes durables.
Restez serein. Restez concentré. Le bruit ne dure qu’un temps. Les réformes, elles, s’inscrivent dans l’histoire.
Cette lettre est la première d’une série. Elle vise à rappeler que le football ivoirien mérite mieux que des rumeurs électorales. Il mérite un débat de niveau, fondé sur les chiffres, les structures et les visions d’avenir.
Les Ivoiriens connaissent leur bonheur. Ils ne se laisseront pas distraire.
Et sur le terrain des faits, votre action est visible, mesurable et structurée.
Le reste n’est que vacarme.
La Vigie Sportive
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