Par AN|Lementor
La Côte d’Ivoire renforce son positionnement sur les marchés financiers internationaux. Le 18 février 2026, l’État ivoirien a mobilisé 1,3 milliard de dollars à travers une émission obligataire d’une durée de 15 ans, marquant une opération particulièrement réussie dans un contexte mondial pourtant exigeant pour les économies émergentes.
Une mobilisation exceptionnelle des investisseurs
L’opération a suscité un intérêt massif sur les marchés. Le carnet d’ordres a atteint environ 6,3 milliards de dollars, soit près de cinq fois le montant recherché, avec la participation d’environ 270 investisseurs institutionnels.
Cette forte demande traduit une confiance grandissante dans la trajectoire économique du pays, désormais perçu comme une signature souveraine crédible et attractive en Afrique subsaharienne.
Un coût d’emprunt inédit
Autre élément marquant : les conditions financières obtenues. Le taux d’intérêt ressort à 5,39 % en euro après couverture du risque de change, un niveau historiquement bas pour le pays et inédit dans la région sur les cinq dernières années.
Ce coût réduit permet à l’État de limiter la charge future de la dette tout en dégageant davantage de marges pour financer les investissements publics. Il reflète également une perception du risque en nette amélioration de la part des investisseurs internationaux.
Un signal fort de confiance des marchés
L’opération s’est distinguée par un resserrement rapide des rendements, avec une baisse de 63 points de base au cours du placement. Plus significatif encore, une prime d’émission négative de 25 points de base a été enregistrée, signe que les investisseurs ont accepté un rendement inférieur à celui des obligations ivoiriennes déjà en circulation.
Une telle configuration reste rare et témoigne d’un niveau de confiance élevé dans la signature ivoirienne.
Des fondamentaux économiques solides
Cette performance s’inscrit dans un contexte d’amélioration progressive des indicateurs macroéconomiques. La croissance économique a atteint 6,5 % en 2025 et devrait avoisiner 6,7 % en 2026, positionnant le pays parmi les économies les plus dynamiques du continent.
Dans le même temps, les autorités ont engagé une consolidation budgétaire, avec un déficit ramené de 4 % du PIB en 2024 à 3 % en 2025, traduisant une gestion plus rigoureuse des finances publiques.
Une stratégie d’ouverture vers de nouveaux investisseurs
Au-delà des performances économiques, ce succès repose également sur une stratégie proactive de diversification des partenaires financiers. Les autorités ivoiriennes ont élargi leur base d’investisseurs, notamment en direction de l’Asie et du Moyen-Orient, réduisant ainsi leur dépendance aux marchés traditionnels.
Une gestion de la dette orientée vers le long terme
Les ressources mobilisées serviront à financer le budget 2026. Mais l’enjeu dépasse le simple besoin de financement : il s’agit aussi d’optimiser la structure de la dette publique.
En allongeant la maturité de ses emprunts et en étalant les échéances de remboursement, l’État cherche à éviter des pressions excessives sur ses finances à court terme, tout en soutenant ses ambitions de développement, notamment en matière d’infrastructures.
Vers le cap de l’Investment Grade
Cette opération confirme la progression de la crédibilité financière du pays, illustrée notamment par l’amélioration récente de sa notation par l’agence Moody’s.
Désormais, la Côte d’Ivoire se rapproche du statut d’« Investment Grade », un seuil stratégique qui permettrait d’attirer une base d’investisseurs encore plus large et de bénéficier de conditions de financement durablement avantageuses.
Dans un environnement international contraint, ce succès envoie un message clair : certains États africains parviennent à tirer leur épingle du jeu grâce à une discipline budgétaire renforcée et une gestion économique jugée crédible.
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