Par AN | Lementor.net
Le groupe terroriste État islamique (EI) a affirmé être à l’origine de l’attaque armée menée contre l’aéroport international de Niamey, survenue dans la nuit du mercredi 28 au jeudi 29 janvier 2026. Cette revendication a été diffusée vendredi à travers un message relayé par le SITE Intelligence Group, organisme reconnu pour le suivi des communications des organisations djihadistes.
Selon les informations rapportées par Reuters, s’appuyant sur les données du SITE, l’EI évoque une opération « rapide et coordonnée », affirmant avoir infligé des dommages significatifs aux installations visées. Le groupe n’a toutefois fourni aucun élément précis concernant d’éventuelles pertes humaines ou l’ampleur exacte des dégâts.
Du côté des autorités nigériennes, il est indiqué que l’attaque a éclaté en soirée, provoquant des échanges de tirs intenses et plusieurs explosions aux abords de la plateforme aéroportuaire. La situation n’a été totalement maîtrisée que dans la matinée du jeudi, après l’intervention des forces de défense et de sécurité.
Le ministère nigérien de la Défense précise que les assaillants se déplaçaient à moto et ont été rapidement confrontés aux unités déployées sur place. Les forces gouvernementales affirment avoir repoussé l’offensive, au cours de laquelle quatre militaires nigériens ont été blessés.
Sur le plan matériel, les autorités font état de l’incendie d’un dépôt de munitions ainsi que de dégâts enregistrés sur plusieurs avions civils stationnés à l’aéroport. Le bilan officiel fait également état de vingt assaillants neutralisés et de onze autres blessés, des chiffres qui n’ont pas pu être vérifiés de manière indépendante.
Déclarations controversées et réactions régionales
Au lendemain de l’attaque, le chef du régime militaire nigérien, le général Abdourahamane Tiani, a tenu des propos accusatoires à l’encontre des présidents français Emmanuel Macron, béninois Patrice Talon et ivoirien Alassane Ouattara, les désignant comme les instigateurs présumés de l’opération armée. Aucune preuve n’a été présentée à l’appui de ces accusations, accompagnées de menaces de représailles.
Ces déclarations ont provoqué une réaction rapide à Cotonou. Le porte-parole du gouvernement béninois, Wilfried Léandre Houngbedji, a rejeté fermement ces allégations, les qualifiant publiquement d’infondées.
Une insécurité chronique au cœur du Sahel
Cette attaque intervient dans un climat sécuritaire déjà très dégradé au Niger. La branche sahélienne de l’État islamique est régulièrement impliquée dans des actions violentes, notamment dans l’ouest du pays. En septembre dernier, des attaques dans la région de Tillabéri avaient causé la mort de plus de 120 personnes. Un pilote américain avait également été enlevé en octobre.
Comme le Mali et le Burkina Faso voisins, le Niger est confronté à une montée en puissance des groupes armés affiliés à l’État islamique et à Al-Qaïda. Ces violences persistantes ont entraîné, au fil des années, des milliers de morts et le déplacement massif de populations à travers le Sahel central.
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