Par AN | Lementor.net
Le PDCI-RDA replonge dans une nouvelle zone de turbulences judiciaires. Une procédure visant à faire tomber Tidjane Thiam de la présidence du parti vient d’être enclenchée devant les juridictions d’Abidjan.
À l’origine de cette action, Tchetche Abie Charles, membre du bureau politique, qui a saisi le tribunal de première instance d’Abidjan pour contester la légitimité de l’actuel président. Il demande purement et simplement l’annulation de l’élection issue du 9ᵉ congrès extraordinaire du 12 mai 2025.
Une audience décisive attendue en avril
Le dossier sera examiné le 9 avril 2026 à 8h30. Le requérant met en cause la régularité du congrès ayant reconduit Tidjane Thiam à la tête du parti. Selon lui, cette élection contreviendrait à la fois aux règles internes du PDCI-RDA et à la législation ivoirienne encadrant les partis politiques.
Dans son argumentaire, il évoque notamment une violation des dispositions statutaires, en particulier celles relatives aux critères d’éligibilité. Deux points sont soulevés : la question de la nationalité au moment du scrutin et celle de l’ancienneté au sein du bureau politique, exigée à hauteur de dix ans.
Pour le plaignant, ces manquements seraient de nature à invalider l’ensemble du processus électoral ayant conduit à la reconduction de Tidjane Thiam.
Une demande d’annulation et de vacance du pouvoir
Au fond, Tchetche Abie Charles sollicite du juge qu’il constate l’irrégularité du scrutin et prononce la nullité des décisions prises lors du congrès de mai 2025. Il demande également que soit actée la vacance du poste de président du parti.
Une telle décision ouvrirait, en cas d’issue favorable, une nouvelle période d’incertitude pour l’une des principales formations politiques du pays.
Un feuilleton judiciaire qui se répète
Cette nouvelle offensive judiciaire rappelle un précédent épisode survenu en 2025. À l’époque, Valérie Yapo avait déjà saisi la justice pour contester l’accession de Tidjane Thiam à la tête du parti après le congrès de décembre 2023.
Face à cette contestation, l’ancien dirigeant de Crédit Suisse avait choisi de démissionner avant d’organiser un nouveau congrès extraordinaire, à l’issue duquel il avait été reconduit à la présidence.
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