Par AN | Lementor.net
En prélude à l’organisation de son futur recensement général de la population et de l’habitat, la République Démocratique du Congo a engagé une démarche de coopération avec la Côte d’Ivoire, dont l’expérience récente en la matière fait figure de référence sur le continent. Cette dynamique s’est traduite par une mission officielle d’une délégation congolaise à Abidjan, ponctuée le 2 avril 2026 par une séance de travail avec Kaba Nialé, actuelle cheffe de la diplomatie ivoirienne et ancienne ministre en charge du Plan lors du dernier recensement national.
Conduite par Guylain Nyembo Mbwizya, ministre d’État en charge du Plan et de la Coordination de l’aide au développement, la délégation comprenait notamment Gilbert Naiya Nabina, ambassadeur de la RDC en Côte d’Ivoire, ainsi que Alain Akpadji, représentant résident du UNFPA en RDC.
Au terme des échanges, les autorités congolaises ont clairement affiché leur volonté de capitaliser sur le savoir-faire ivoirien, notamment celui déployé lors du recensement de 2021. Présente à Abidjan depuis plusieurs jours, la mission avait pour objectif de s’imprégner des méthodes, des outils techniques et des choix organisationnels qui ont permis la réussite de cette opération. Pour Kinshasa, il s’agit avant tout d’anticiper les défis et de renforcer les capacités nationales avant le lancement d’un chantier statistique jugé stratégique.
Le ministre congolais a insisté sur l’importance du partage d’expériences entre pays africains, qu’il considère comme un levier essentiel pour améliorer l’efficacité des politiques publiques. Dans un contexte où les ressources restent limitées, ce type de coopération permettrait, selon lui, d’éviter certains écueils et d’optimiser la planification des opérations de grande ampleur.
Le défi apparaît d’autant plus important que la RDC n’a plus organisé de recensement général depuis 1984. Avec un territoire vaste et une population en forte croissance, les autorités congolaises doivent faire face à une opération dont l’ampleur est estimée à plusieurs fois celle menée en Côte d’Ivoire. D’où l’intérêt d’un accompagnement technique et d’un retour d’expérience concret pour mieux structurer chaque étape du processus.
Pour sa part, Kaba Nialé a salué cette initiative, y voyant une illustration tangible de la coopération Sud-Sud. Elle a rappelé que la Côte d’Ivoire avait elle-même dû surmonter des contraintes similaires après une longue période sans recensement, soulignant la pertinence d’un partage d’expertise entre États africains confrontés à des réalités comparables. Selon elle, le renforcement des synergies régionales constitue un levier clé pour accélérer le développement et améliorer la gouvernance des politiques publiques.
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