Par AN | Lementor.net
En déplacement à Salon International de l’Agriculture à Paris, le ministre ivoirien de l’Agriculture, Bruno Koné, a détaillé les orientations stratégiques du gouvernement pour atteindre l’autonomie agricole du pays. Il était accompagné de son collègue en charge des productions vivrières, Bernard Kini Comoé, lors d’une rencontre tenue ce vendredi 27 février 2026 avec les dirigeants de Agence Française de Développement et de Business France.
Au cœur des discussions : un plan structuré autour de cinq priorités visant à transformer durablement le secteur agricole ivoirien.
Le premier levier repose sur le renforcement de la sécurité alimentaire, érigée en priorité nationale sous l’impulsion du chef de l’État, Alassane Ouattara. Le ministre a particulièrement insisté sur l’urgence d’augmenter la production de riz, dont une part importante de la consommation nationale dépend encore des importations.
Deuxième axe : la modernisation et la compétitivité des filières agricoles. L’objectif est d’accroître les revenus des producteurs à travers une meilleure structuration des chaînes de valeur, le développement de la transformation locale et un accès élargi aux marchés.
Le troisième pilier concerne la question du financement. Bruno Koné a relevé la faiblesse des ressources allouées au secteur agricole, estimées à seulement 6 %, avec une concentration au profit des grandes structures. Il a plaidé pour un rééquilibrage en faveur des petits exploitants afin de soutenir une croissance plus équitable.
La sécurisation du foncier rural constitue le quatrième chantier prioritaire. L’accélération de la délivrance des titres fonciers est jugée indispensable pour faciliter l’accès au crédit et encourager les investissements agricoles.
Enfin, la stratégie intègre un volet environnemental avec un accent sur l’adaptation aux effets du changement climatique. Cela passe notamment par le développement de systèmes d’irrigation et une gestion plus efficace des ressources en eau pour réduire la dépendance aux aléas climatiques.
Un appui financier conséquent de l’AFD
Les responsables de l’Agence Française de Développement ont renouvelé leur volonté d’accompagner la Côte d’Ivoire dans la mise en œuvre de cette feuille de route. Le portefeuille de l’institution dans les domaines agricoles et ruraux atteint actuellement 200 milliards de FCFA.
Les interventions de l’AFD s’articulent autour de la promotion de pratiques agroécologiques, de la préservation des ressources naturelles et du développement de territoires ruraux plus inclusifs et résilients.
Le ministre s’est réjoui de la solidité du partenariat entre Abidjan et Paris, qu’il considère comme un levier clé pour la transformation du secteur rural.
Des perspectives de coopération renforcée
Dans la même dynamique, Bruno Koné a poursuivi ses échanges avec Business France. À cette occasion, Didier Boulogne, directeur général délégué export, a annoncé la tenue prochaine d’un forum économique France–Côte d’Ivoire le 26 mars à Paris.
L’agriculture y figurera en bonne place, avec des thématiques axées sur l’innovation technologique, la mécanisation, l’irrigation et le développement de serres, dans une logique de partenariats entre entreprises des deux pays.
Par ailleurs, un autre rendez-vous d’envergure est attendu les 11 et 12 mai à Nairobi, à l’occasion du Sommet Afrique-France, qui devrait également contribuer à dynamiser la coopération agricole. Enfin, un grand événement international est déjà en préparation pour fin 2027 afin de valoriser le savoir-faire français dans le domaine agricole.
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