Par AN | Lementor.net
Le Forum d’affaires Union européenne–Afrique de l’Ouest consacré aux corridors Abidjan–Lagos et Abidjan–Ouagadougou s’est clôturé le 1er avril à Abidjan sur une note jugée positive par les organisateurs, avec à la clé des engagements financiers significatifs et des perspectives concrètes pour le développement des infrastructures régionales. Réunis pendant trois jours au Sofitel Hôtel Ivoire, plusieurs centaines d’acteurs publics et privés venus d’Afrique de l’Ouest et d’Europe ont échangé autour des enjeux de connectivité et d’intégration économique.
Au terme des discussions, les participants ont mis en avant des avancées notables, notamment en matière de mobilisation de ressources et d’identification de projets structurants. Représentant le ministère des Transports, Coné Dioman a salué une rencontre qui a permis de dégager des pistes opérationnelles de coopération, tout en insistant sur la nécessité de passer rapidement de l’intention à la réalisation.
Parmi les annonces majeures figure la mise en œuvre du programme Global Gateway Support Project (GGSP-CALAO), doté de 45 millions d’euros pour la période 2025-2029. Ce dispositif vise à améliorer la gestion des flux, la coordination des acteurs et la fluidité du trafic sur les deux axes stratégiques. Dans le même temps, l’Union européenne a confirmé une enveloppe globale d’un milliard d’euros destinée à soutenir la concrétisation des projets liés aux corridors, renforçant ainsi son rôle dans le financement des infrastructures en Afrique de l’Ouest.
Ces financements viennent appuyer un ensemble d’initiatives déjà en cours ou en préparation, parmi lesquelles l’autoroute Abidjan–Lagos, l’extension de l’autoroute du Nord, les projets de transport urbain à Abidjan, la réhabilitation de la ligne ferroviaire vers Ouagadougou ou encore le développement de plateformes logistiques comme les ports secs.
Les échanges ont également permis de rappeler le poids économique de ces corridors dans la sous-région. L’axe Abidjan–Lagos concentre à lui seul plusieurs dizaines de millions de tonnes de marchandises chaque année, tandis que le corridor vers Ouagadougou constitue un maillon essentiel pour les pays enclavés. Dans un contexte marqué par la croissance démographique et l’urbanisation, ces infrastructures sont perçues comme des leviers clés pour dynamiser le commerce intra-africain.
Au-delà des annonces, la rencontre a favorisé la conclusion de premiers accords entre États, investisseurs et entreprises. Les sessions de mise en relation ont permis d’esquisser des partenariats sous diverses formes, allant des montages en partenariat public-privé à des projets de coentreprises, en passant par des engagements commerciaux et des transferts de compétences. Plusieurs institutions régionales et internationales ont également présenté leurs projets d’investissement, contribuant à renforcer la crédibilité des initiatives portées.
Malgré cet élan, les participants ont souligné les défis persistants liés à la mise en œuvre des projets. Les questions de gouvernance, les lourdeurs administratives, la structuration de projets bancables ou encore les enjeux liés au changement climatique demeurent des obstacles à surmonter. Dans ce contexte, la coordination entre les États et l’harmonisation des politiques de transport apparaissent comme des conditions indispensables à la réussite de ces ambitions.
Ce forum marque ainsi une étape importante dans la consolidation des corridors ouest-africains, en combinant financements internationaux, priorités nationales et implication du secteur privé. Reste désormais à transformer ces engagements en réalisations concrètes afin de renforcer durablement l’intégration régionale et la fluidité des échanges.
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