Refus De Demander Pardon, Discours Guerriers – Fpi : La Haine Dans La Peau !

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Ils ont récolté la tempête, après avoir semé le vent, pendant presque une décennie. Malgré cela, les partisans de l’ancien président, Laurent Gbagbo, notamment ceux du Front populaire ivoirien, ne sont toujours pas disposés à s’engager sur la voie de la réconciliation

La voie est sans issue, mais les frontistes ivoiriens y sont plus que jamais engagés. Plus qu’il y a dix ans, les dirigeants de l’ancien parti au pouvoir, continuent d’être des adeptes du populisme, ce mal qui les a pourtant conduits à leur perte. Comme gagnés par une crise d’urticaire, les frontistes ont musclé leurs discours et radicalisé leur position depuis près de trois mois. Une réaction consécutive à l’appel à demander pardon, lancé par le président de la République, Alassane Ouattara, alors en tournée dans le district des Savanes. « (…) qui demande pardon à qui? Et comment ? Et pourquoi ? », a rembarré Sébastien Dano Djédjé, cadre du Fpi. Mais sûr de son fait, l’ancien ministre de la Réconciliation poursuit ses explications sur fond de négationnisme. « Aujourd’hui, c’est le président lui-même qui demande au Front populaire ivoirien de demander pardon. Je pense que c’est mal poser le problème de réconciliation en Côte d’Ivoire, parce que cela suppose que tout ce que nous avons entrepris comme démarche, notamment, les négociations, la participation aux élections, les exilés et les prisonniers et tout, sur tous ces problèmes- là, la seule condition pour le président, c’est que le Fpi demande pardon aux victimes et aux parents des victimes »,a ajouté ce cadre du Fpi, avant de laisser le soin à un autre partisan de Laurent Gbagbo, en l’occurrence, Bernard Binlin Dadié, au nom du Congrès national de la résistance pour la démocratie (Cnrd), de corser la réponse à Alassane Ouattara.

On ne demandera pas pardon

« (…) qui demande pardon à qui ? Face à cette volonté d’humiliation et de diabolisation de l’opposition par le Président Ouattara, le Cnrd invite tous les partis politiques, tous les mouvements politiques et les organisations membres à plus de vigilance et à un engagement fort pour la résistance démocratique», a insisté Bernard Dadié, dans une déclaration rendue publique, le 19août dernier. « On parlera comme on a parlé hier ; on parlera très fort jusqu’à ce qu’advienne la chicotte et toujours la chicotte», fait remarquer Justin Koua, le président de la jeunesse, pourtant bénéficiaire d’une remise en liberté provisoire. Mais, bien loin de les amener à faire un pas vers le processus de réconciliation, ce geste d’apaisement a fait des partisans de Laurent Gbagbo plutôt des acteurs politiques acrimonieux, provocateurs… « Depuis le 11avril 2011, on a coupé l’eau chez nous. Il faut leur dire que c’est eux qui ont coupé notre eau et c’est eux qui doivent venir la rétablir.

Provocation à outrance

S’ils la rétablissent, alors nous mettrons un peu d’eau dans notre vin. Il faut aller leur dire que notre eau et notre courant, c’est Gbagbo Laurent. S’ils nous le ramènent, on aura alors de l’eau pour bien vivre, nous aurons de l’eau pour davantage diluer notre vin. Tous les Ivoiriens aspirent à diluer leur vin, mais ils n’ont pas d’eau. Quand on aura de l’eau, on résoudra absolument ce problème parce que l’eau est la solution à ce problème. Laurent Gbagbo est la solution au problème de la Côte d’Ivoire. (…) Je n’ai pas de problème avec la justice, mais plutôt un problème avec la gestion de Ouattara, une gestion calamiteuse », laisse entendre, pour sa part, le successeur de Konaté Navigué. Des propos pleins de provocation, à la limite de l’appel à la sédition, dans lesquels son intérimaire, Nestor Dahi s’illustre. « Aujourd’hui, le mensonge s’écroule autour de Ouattara qui est entrain de perdre progressivement du terrain. Il faut que les Ivoiriens, qu’ils soient du nord, du sud, du centre, de l’est ou de l’ouest s’unissent pour dégager Alassane Ouattara du pouvoir le plus rapidement possible. Aujourd’hui, un Frci ne peut plus tirer sur quelqu’un. Nous avons la majorité avec nous. Nous sommes le plus grand parti politique en Côte d’Ivoire. Et donc nous allons reconquérir le pouvoir d’Etat en2015, ça tout le monde le sait. C’est pourquoi, allez partout dans vos villages vous organiser et dire que le Fpi est là », a déclaré Nestor Dahi, le 17 juillet dernier, à Duékoué. «Il nous a promis des milliards et les Ivoiriens ont toujours faim. Il a déjà fait plus d’une soixantaine de voyages dans le monde, et on ne voit toujours rien. Les prix du kilo de l’anacarde, du cacao, de l’hévéa, du coton ont chuté », poursuivait-il. C’est à croire que pour les pro-Gbagbo, reconnaître ses erreurs et demander pardon, est un péché ! Sur leur lancée, les frontistes décident d’interdire l’accès du département de Gagnoa, leur supposé fief, au président de l’Assemblée nationale, pourtant invité par les chefs traditionnels à venir parler de réconciliation. « Soro peut aller où il veut, mais je souhaite qu’il n’aille pas pour le moment ni à Mama et ni à Gnaliépa », a objecté Sébastien Dano Djédjé. A la tête d’un groupe de cadres frontistes, originaires du département, il fera tout pour empêcher le président de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire de se rendre sous le Fromager. Car, autant ils dénient toute légitimité au président de la République, Alassane Ouattara, autant ils se persuadent que Guillaume Soro n’est plus, ni moins qu’un « rebelle, un traître » qui a planté le poignard dans le dos de leur champion, Laurent Gbagbo. « L’ambition nourrie par ceux qui sont arrivés au pouvoir dans les conditions que nous connaissons n’est pas de réinstaurer la démocratie. Ce n’est pas de laisser exister un parti aussi puissant que le Front populaire ivoirien », avait prêché Pascal Affi N’Guessan, le président statutaire du Fpi, juste après sa remise en liberté provisoire le 5 août dernier. Des procès d’intention, des propos désobligeants qui choquent les victimes et parents de victimes des barbaries perpétrées durant tout le règne de Laurent Gbagbo.

Mise en garde

« C’est pour cela que j’étais contre leur libération. Il faut qu’on les juge parce qu’ils doivent payer pour ce qu’ils ont fait à ma famille. Aujourd’hui, on parle beaucoup plus des victimes de la crise postélectorale, mais avant elles, il y a des gens qui ont été sauvagement massacrés par les soldats de Laurent Gbagbo. S’ils refusent de faire profil bas, nous allons prendre nos responsabilités pour régler leurs compte », a réagi, au téléphone M. Diaby dont le frère a été tué lors de la marche projetée en mars 2004 par leG7 (groupement des partis signataires de l’Accord de Linas-Marcoussi). Vassiriki Soumahoro, sympathisant du Rassemblement des républicains (Rdr) ne dit pas autre chose. « Il est vrai que c’est au nom de la réconciliation que la justice a pris la décision de les libérer, mais je voudrais interpeller les autorités afin qu’elles n’oublient pas les victimes. On ne doit pas les sacrifier. J’encourage nos frères du Fpi à éviter de jeter de l’huile sur le feu », a-t-il préconisé, lors d’un entretien qu’il nous a accordé à Yopougon, samedi dernier. « Dix ans avant leur avènement au pouvoir, ils n’ont servi que la violence aux Ivoiriens. Au pouvoir, ça a été la même chose. Leurs propos belliqueux, leurs roublardises, leur haine pour les autres les ont conduits à leur perte. Malheureusement, ils ne veulent pas changer de cap. Je voudrais juste leur dire qu’ils n’ont pas le monopole de la violence », a renchéri un élu du Rdr, sous le couvert de l’anonymat. Outré par l’attitude des frontistes, le chef du Parlement lui-même, n’a pas hésité, en meeting à Gagnoa, à leur lancer un autre message fort : « taisez-vous un peu ! » L’e

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