Fpi, Le Malaise En Continu

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C’est une histoire des temps modernes, dont on se demande s’il faut s’en réjouir ou en pleurer. Sortez vos mouchoir set serrez les poings ! Alors que Laurent Gbagbo se trouve dans les geôles de la Cour pénale internationale (Cpi), ses disciples se battent. Abouo N’Dori et Lida Kouassi ont enflammé la réunion du comité central du Front populaire ivoirien (Fpi) le samedi30 août 2014.Les journaux bleus n’ont pu s’empêcher de relayer la scène avec des manchettes x p l o s i v e s :« Chaudes empoignades et violences verbales », « Bagarres et cafouillage», « C’était chaud, chaud, chaud ! ». Visiblement, au Fpi, le spectacle n’est pas beau à voir. C’est difficile à comprendre.

A la limite, c’est décevant. C’est impensable de croire en untel amateurisme pour des acteurs politiques de cette trempe. Nous sommes loin de l’espace privé et intime de nos maisons, de nos bureaux, de nos salons. Nous sommes à une réunion politique où les participants portent la casquette d’acteurs publics. Des propos tenus ainsi en public escaladent les murs du secret et de la confidentialité. Le public récepteur est aussi vaste que pluriel. Ce public ne se résume pas aux membres du comité central du Fpi. Ce public est en Côte d’Ivoire et hors de la Côte d’Ivoire. Il a la taille des réseaux sociaux et la couleur universelle de notre planète terre. Qu’ont-ils dit ? Lida Kouassi déclare : « Alain Dogou, le dernier ministre de la Défense de Laurent Gbagbo nous a fait perdre la crise post- électorale. Il est mal placé pour représenter le Fpi à la Commission électorale indépendante (Cei) ».

La réplique a été automatique et c’est Abouo N’Dori qui s’en est chargé en accusant Lida Kouassi d’être le « premier ministre de la Défense de Gbagbo qui n’a pas pu mater la rébellion ». Piqué au vif, il bondit sur N’Dori qui a eu son salut grâce à la prompte interposition de ses voisins immédiats. Ce n’est pas de la fiction. Comment décrypter une scène aussi surprenante qu’inattendue ? Examinons trois cas de figures. Attention! Ce ne sont que des hypothèses.

Premier cas. Nous sommes en présence de personnalités émotives à réactions épidermiques qui présentent un risque majeur pour la cohésion de leur groupe. Dans ce cas, il convient de souligner qu’elles doivent engager leurs responsabilités et assumer les conséquences d’une gaffe qui met à mal la stabilité de leur formation politique. Tenez ! Ce ne sont pas des enfants. Nous parlons d’anciens ministres. Deuxième cas. La mise en œuvre d’un plan concerté qui commence à dérouler ses différentes phases. Un plan pour formaliser le retrait du Fpi de la Cei et éjecter Affi N’Guessan de la présidence du parti. Lida Kouassi, dans un tel cas de figure, serait dans le rôle du lièvre. C’est ainsi qu’est désigné, dans les courses de fond ou de demi-fond, cet athlète qui ouvre, de bonne heure, les hostilités. Il prend la tête de la course et impose un train plus rapide aux autres concurrents. La déclaration de Lida Kouassi prendrait alors la forme d’un ballon d’essai. Elle serait alors chargée de tester le dispositif de résistance des lieutenants du président Affi, de le soumettre à une épreuve de validité.

Troisième cas. Une action isolée, une initiative individuelle à inscrire au compte du zèle militant. Lida Kouassi dans le costume d’anti-Affi et Abouo N’dori comme le défenseur de ce dernier. Tout ceci malheureusement au détriment de l’unité de la famille.

Au-delà de toutes ces hypothèses, que l’on ne s’y trompe pas : ce désordre clanique est tout, sauf un incident. Il n’est point l’expression d’un dérapage incontrôlé. C’est la démonstration que le Fpi des esprits démocrates se meurt, enseveli par le tintamarre des dirigeants dépourvus de sagesse. Le Fpi des intelligences semble n’avoir pas vécu. Abouo N’dori et Lida Kouassi, par leur attitude, n’ont fait qu’exprimer clairement ce qui, dans les cercles politiques nationaux et internationaux, se murmure à ras de tapis : « Le système Gbagbo ne pèse plus grand-chose ; il faut tourner la page ». Nous n’aurions pas tort de situer ces deux anciens collaborateurs de l’ex-Président de la République sur le terrain d’essuyeurs de plâtre. Car, on appelle ainsi les gens qu’on envoie ou qui s’envoient eux–mêmes au casse-cou, les gens sur le front desquels seront définitivement inscrits le déshonneur si le processus pour lequel ils agissent ne prospère pas.

PAR LE DR ALEXIS -GEORGES KOUNOUHO

georexk@gmail.com

 

 

 

 

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