Par la Rédaction-Lementor.net
La Direction générale des Impôts (DGI) est sortie de son silence pour répondre fermement aux déclarations de Michaël Dougrou, secrétaire général de l’Alliance Nouvelle des Agents de la DGI (ANADGI), qui dénonçait récemment un déficit de dialogue social, de nombreux postes inoccupés et une absence de reconnaissance du mérite au sein de l’institution.
Dans un communiqué officiel, l’administration fiscale juge ces accusations « infondées » et estime qu’elles ne traduisent ni la réalité du fonctionnement interne de la DGI ni le cadre juridique en vigueur.
Cadres retraités maintenus : une décision présidentielle, pas administrative
Au cœur de la polémique, le maintien en fonction de certains hauts responsables admis à la retraite. Sur ce point, la DGI rappelle que cette décision relève exclusivement du Président de la République, en vertu de la Constitution et du Statut général de la Fonction publique.
« Le Directeur général des Impôts ne dispose d’aucune compétence pour décider seul du maintien en activité d’un fonctionnaire retraité », précise le document.
L’administration affirme ainsi que la présence en poste du Directeur du Domaine, de la Conservation foncière, de l’Enregistrement et du Timbre est parfaitement conforme aux textes en vigueur.
La DGI souligne par ailleurs que Michaël Dougrou lui-même avait reconnu la légalité de cette situation lors de son intervention à l’émission Le Grand Talk sur Life TV, le 12 janvier dernier. Pour l’institution, dénoncer publiquement un acte avant d’en admettre la légitimité traduit une posture contradictoire et une mauvaise appréciation des règles administratives.
Postes vacants : des chiffres contestés
Concernant l’existence présumée de 73 postes vacants, la Direction générale des Impôts réfute catégoriquement ce chiffre. Elle reconnaît toutefois que des départs à la retraite intervenus au 31 décembre 2025 ont laissé certains postes momentanément inoccupés.
Selon la DGI, seuls dix postes stratégiques étaient réellement vacants à cette date, notamment un poste de directeur régional, un receveur principal, quatre receveurs, deux fondés de pouvoirs et trois chefs de centre des impôts.
L’administration précise que le processus de nomination pour pourvoir ces fonctions est engagé depuis plusieurs mois.
Reconnaissance du mérite : des distinctions régulières
Sur la question de la valorisation des agents, la DGI rappelle que le mérite est régulièrement reconnu au sein de l’institution. Elle cite notamment le cas de Yao Boni, lauréat du Prix d’Excellence 2010, qui a été distingué par le Président de la République avant d’être promu à plusieurs postes de responsabilité.
Chaque année, insiste l’administration, les meilleurs agents bénéficient de distinctions officielles et d’avancements, conformément aux procédures internes.
Dialogue social : un cadre formel existe
En matière de concertation sociale, la DGI met en avant l’existence du Cadre permanent de concertation (CPC), un espace institutionnalisé d’échanges entre l’administration et les organisations syndicales.
Ces réunions, souligne-t-elle, font l’objet de comptes rendus formels.
La Direction affirme toutefois que Michaël Dougrou se distingue par des absences répétées ou des arrivées tardives lors de ces rencontres, ce qui affaiblirait, selon elle, la portée de ses critiques sur l’absence de dialogue.
Réformes et performances financières
Enfin, la DGI rappelle les réformes engagées ces dernières années, notamment la digitalisation des procédures et la modernisation des outils de gestion. Ces transformations auraient contribué à une progression significative des recettes fiscales, passées de 1 963 milliards de francs CFA en 2017 à 4 568 milliards de francs CFA en 2025 (chiffres provisoires).
L’administration fiscale appelle à un climat social serein et à un syndicalisme responsable, estimant que la défense des intérêts corporatistes ne doit pas compromettre la mission de service public ni l’efficacité de la mobilisation des ressources de l’État.
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