Par AN | Lementor.net
Le litige foncier autour de l’île de Motobé prend une nouvelle dimension avec les récentes déclarations de Sa Majesté Kanga Assoumou, Roi de Moossou, qui se défend des accusations portées par l’Association des Propriétaires Terriens de l’Île de Motobé (APTIM). Entre médiation coutumière et clarifications publiques, le souverain rejette toute implication dans d’éventuelles irrégularités administratives.
L’APTIM avait dénoncé, lors d’une conférence de presse le 26 février 2026, une tentative d’expropriation de 373 hectares de terres considérées comme patrimoine coutumier des Abourés de Moossou, imputant cette opération au promoteur immobilier Aimé Akpalé Digbeu. Selon l’association, le lotissement et l’obtention des titres fonciers se seraient faits sans l’accord légitime des propriétaires, via des protocoles signés par des personnes non habilitées et sur la base d’une attestation villageoise contestée.
L’association se réfère également à plusieurs décisions judiciaires, notamment l’annulation d’un protocole en 2017 et d’un titre foncier par le Conseil d’État en 2024, pour renforcer sa position. Elle pointe aussi du doigt le rôle du roi de Moossou et de certains chefs locaux, accusés d’avoir facilité le processus que l’APTIM qualifie d’appropriation illégale.
Dans son palais, vendredi 6 mars, le Roi Kanga Assoumou, sur le point de célébrer 35 ans de règne, raconte une version différente. Selon lui, le promoteur Akpalé l’a consulté pour un projet de lotissement et le souverain a simplement indiqué les limites territoriales, précisant que les terres en question appartiennent aux M’Batto et non aux Abourés. Le roi explique avoir agi en facilitateur, encourageant les habitants à collaborer avec le promoteur jugé sérieux, tout en veillant à la distribution équitable des indemnisations.
« Il n’a jamais été question de fonds pour le trône. Certains habitants ont reçu jusqu’à 50 millions de francs CFA, alors qu’ils n’avaient jamais touché un million auparavant », a assuré le monarque, soulignant avoir personnellement vérifié les paiements.
Concernant les documents présentés par l’APTIM conventions de lotissement, Arrêté de Concession Définitive sur 244 hectares, décisions du Conseil d’État ou disparition du dossier foncier TF 116 le roi rejette toute responsabilité. « Si le dossier est introuvable au ministère, cela ne me concerne pas. Je ne suis pas agent du ministère de la Construction », tranche-t-il, ajoutant qu’il est impossible pour lui de valider un document coutumier pour un terrain hors de sa juridiction.
De son côté, Aimé Akpalé Digbeu affirme avoir investi plus de 12 milliards de francs CFA dans l’aménagement de Motobé sur près de vingt ans, pour le dragage, le remblayage, la préparation du terrain et l’indemnisation des anciens exploitants. L’APTIM conteste la légitimité de ces investissements. Pour le roi, toute contestation doit se régler devant les tribunaux, et non dans les médias. À ce jour, le promoteur n’a pas encore réagi publiquement aux accusations.
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