Par AN-Lementor.net
L’Université Félix Houphouët-Boigny a accueilli la troisième Journée scientifique organisée par le Centre d’Étude et de Recherches en Communication (CERCOM), rassemblant chercheurs, journalistes et experts pour débattre du rôle des médias dans les scrutins ivoiriens. Le thème central de cette rencontre : comment l’information peut influencer l’opinion publique tout en évitant de fragiliser le processus démocratique.
Le professeur Kamaté Banhouman André, directeur de l’UFRICA, a rappelé que les élections depuis les années 1990 ont souvent été marquées par des tensions et des violences. Il a insisté sur la responsabilité des médias : « Entre diffusion de l’information et propagation de la désinformation, le fossé peut être dangereux et générer des crises évitables. »
Bamba Sidibé, directeur du CERCOM, a souligné que ces journées scientifiques sont des espaces privilégiés pour analyser de manière critique les enjeux sociopolitiques. Il a évoqué les crises électorales de 1995, 2000 et 2010, rappelant l’impact durable des reportages tendancieux sur la cohésion nationale et la paix sociale.
Georges Aboké, ancien directeur général de la RTI, a critiqué certains médias pour leur rôle dans l’amplification des tensions : « Certains acteurs médiatiques attisent le conflit », a-t-il affirmé, appelant à un sursaut éthique pour garantir des élections crédibles et transparentes.
Au total, vingt communications scientifiques ont été présentées, mêlant analyses universitaires et expériences pratiques des journalistes. Cette troisième édition du CERCOM a ainsi réaffirmé que dans un contexte démocratique fragile, le journalisme est à la fois un outil de formation de l’opinion et un garde-fou essentiel pour la paix sociale.
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