la redaction | Lementor.net
Le débat naissant autour de l’avenir d’Emerse Faé à la tête de la sélection ivoirienne a été rapidement clos par Yacine Idriss Diallo, président de la Fédération Ivoirienne de Football. Malgré l’élimination de la Côte d’Ivoire en quarts de finale de la CAN 2025 face à l’Égypte, le sélectionneur des Éléphants conservera son poste et conduira l’équipe jusqu’à la Coupe du monde 2026. Un choix assumé, loin d’être improvisé, qui repose sur des arguments solides.
Dans son intervention sur la Nouvelle Chaîne Ivoirienne, Idriss Diallo a tenu un discours de fermeté et de responsabilité, rappelant un fait central souvent éclipsé par l’émotion : Emerse Faé a été nommé dans un contexte de crise, a remporté la CAN, puis qualifié la Côte d’Ivoire pour une Coupe du monde, une compétition que le pays n’avait plus disputée depuis 2014 au Brésil. Ces résultats, dans le football de haut niveau, constituent un socle de légitimité difficilement contestable.
Au-delà des chiffres, c’est la logique sportive qui plaide en faveur de la continuité. Changer d’entraîneur à l’approche d’un grand rendez-vous international n’est pas systématiquement la solution, et l’histoire du football africain comme mondial en offre de nombreux exemples. Un sélectionneur n’est pas uniquement jugé sur un match ou une élimination, mais sur un cycle, une dynamique et une capacité à corriger les faiblesses identifiées.
La Côte d’Ivoire elle-même a connu cette expérience. En 2022, le départ de Vahid Halilhodžić à quelques mois de la Coupe du monde, après une qualification pourtant acquise, avait plongé la sélection dans une période d’incertitude. Le changement brutal de cap, motivé par des tensions internes et des choix émotionnels, n’avait pas produit les effets escomptés. Cette séquence reste un rappel : la stabilité est souvent une condition de performance, surtout au plus haut niveau.
À l’international, les exemples abondent. Didier Deschamps avec la France, Aliou Cissé avec le Sénégal ou encore Hervé Renard avec le Maroc ont tous traversé des périodes de critiques après des échecs ou des éliminations douloureuses. Aucun n’a été sacrifié dans l’urgence, et tous ont ensuite conduit leurs équipes à des résultats majeurs. Le football moderne récompense la patience autant que la compétence.
Dans le cas d’Emerse Faé, les critiques portent principalement sur certains choix tactiques ou de gestion en quarts de finale. Des choix discutables, sans doute, mais qui relèvent du champ normal de l’analyse sportive. Idriss Diallo l’a d’ailleurs reconnu sans détour : Faé devra travailler sur ses faiblesses, comme tout entraîneur. Mais reconnaître des axes d’amélioration ne signifie pas invalider un projet.
Maintenir Faé, c’est aussi préserver un vestiaire et un groupe qui adhèrent à une méthode et à un discours. À moins de six mois de la Coupe du monde 2026, imposer un nouvel entraîneur signifierait repartir sur un autre projet tactique, un autre management, et parfois une autre hiérarchie interne. Ce risque, la FIF a choisi de ne pas le prendre.
Enfin, cette décision traduit une volonté institutionnelle forte : refuser la pression populaire immédiate pour privilégier l’intérêt à long terme du football ivoirien. Dans un environnement souvent marqué par l’instabilité et les changements précipités, la FIF envoie un message clair : les projets sportifs se construisent dans la durée.
Emerse Faé ne bénéficie donc pas d’un blanc-seing. Il est attendu, observé et appelé à progresser. Mais il bénéficie d’une confiance logique, fondée sur des résultats tangibles et une vision claire. À l’heure où la Côte d’Ivoire se projette vers la Coupe du monde 2026, la continuité apparaît moins comme un pari que comme un choix de maturité.
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