Par AN-Lementor.net
Le maire de la commune de Lakota, Prince Arthur Richard Dalli, membre du Parti des Peuples Africains -Côte d’Ivoire (PPA-CI), a été incarcéré ce vendredi à l’issue de son passage devant un juge d’instruction. Cette décision judiciaire intervient dans le cadre des enquêtes ouvertes sur les violences ayant émaillé l’élection présidentielle de 2025.
Après plusieurs heures d’audition, le magistrat instructeur a ordonné son placement en détention provisoire. Bien que les charges exactes n’aient pas été officiellement détaillées, la procédure s’inscrit dans une série de poursuites visant des responsables politiques soupçonnés d’avoir joué un rôle dans des manifestations ayant dégénéré lors du scrutin contesté.
Pour les proches du maire, cette affaire serait avant tout politique. Ils dénoncent une utilisation de l’appareil judiciaire pour affaiblir l’opposition, notamment le PPA-CI, très implanté dans certaines localités de l’intérieur du pays, dont Lakota fait partie.
Située dans la région du Lôh-Djiboua, la ville est devenue ces dernières années un symbole de la rivalité entre pouvoir et opposition. L’élection de Prince Arthur Dalli à la tête de la mairie avait marqué une percée du camp proche de Laurent Gbagbo dans une zone considérée comme stratégique. Son profil, mêlant formation technique à l’étranger et engagement militant, lui avait permis de s’imposer comme une figure montante, prônant à la fois réconciliation locale et renouveau politique.
Les faits examinés par la justice remontent aux mobilisations de 2025, organisées par des partis d’opposition pour contester les conditions du scrutin présidentiel. Dans plusieurs villes, ces rassemblements avaient donné lieu à des affrontements et à des dégradations. Les autorités évoquent des infractions liées à des troubles à l’ordre public et à l’organisation de manifestations non autorisées.
L’incarcération de l’édile de Lakota survient dans un climat politique déjà tendu. L’opposition accuse le pouvoir de multiplier les poursuites contre ses cadres, tandis que le gouvernement affirme vouloir prévenir tout retour des violences électorales qui ont profondément marqué le pays par le passé. De leur côté, des organisations de la société civile s’inquiètent d’un possible rétrécissement des libertés publiques à l’approche de nouvelles échéances électorales.
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