La readction | lementopr.net
La nomination de Téné Birahima Ouattara en qualité de vice-Premier ministre, cumulant les fonctions de ministre de la Défense, constitue sans conteste l’innovation institutionnelle majeure du gouvernement formé le 23 janvier 2026 sous l’autorité du Premier ministre Robert Beugré Mambé. Cette décision marque une inflexion significative dans l’architecture de l’exécutif ivoirien et mérite une lecture politique approfondie.
Dans un contexte régional marqué par une instabilité persistante, notamment dans l’espace sahélo-saharien et en Afrique de l’Ouest, la création d’une vice-Primature rattachée à la Défense apparaît avant tout comme un choix stratégique. En élevant ce portefeuille au rang de vice-Premier ministre, le pouvoir ivoirien affirme clairement que la sécurité nationale, la préservation de l’ordre républicain et la stabilité institutionnelle figurent désormais au sommet de ses priorités politiques. Il s’agit d’un message autant interne qu’externe, adressé à la fois aux acteurs nationaux et aux partenaires régionaux et internationaux, traduisant la volonté de la Côte d’Ivoire de rester un pôle de stabilité dans un environnement sous tension.
Cette décision introduit également une hiérarchisation plus assumée au sein du gouvernement, sans pour autant remettre en cause l’équilibre général de l’exécutif. Le vice-Premier ministre n’apparaît pas comme un contre-pouvoir au Premier ministre, mais plutôt comme un relais stratégique chargé de coordonner les dossiers les plus sensibles, en particulier ceux liés à la défense, à la sécurité régionale et aux relations civilo-militaires. Cette configuration permet de renforcer l’efficacité de l’action gouvernementale tout en maintenant une chaîne de commandement claire et lisible.
Sur le plan politique interne, la création de ce poste peut aussi être interprétée comme un instrument de consolidation du noyau dur du pouvoir. En confiant cette fonction centrale à une figure déjà influente de l’appareil d’État, l’exécutif renforce la cohésion de son dispositif décisionnel. Cette stabilité au sommet de l’État contribue à sécuriser la continuité stratégique du pays, notamment dans une période où les enjeux électoraux futurs exigent une gestion rigoureuse des équilibres politiques et institutionnels.
Au-delà de la personne nommée, c’est donc la fonction elle-même qui retient l’attention. La vice-Primature adossée à la Défense traduit une évolution du mode de gouvernance, caractérisée par une centralisation assumée des enjeux régaliens et une adaptation de l’État aux nouvelles réalités géopolitiques. Loin d’être un simple ajustement technique, cette innovation institutionnelle révèle une lecture lucide des défis contemporains et une volonté affirmée de les anticiper.
Ainsi, le gouvernement du 23 janvier 2026 s’inscrit moins dans une logique de rupture que dans une dynamique de réajustement stratégique, où la sécurité, la stabilité et la continuité de l’action publique constituent les piliers d’un exécutif désormais plus hiérarchisé et plus lisible.
Leave a comment