la redaction | Lementor.net
Dans un environnement sous-régional profondément marqué par l’instabilité sahélienne, la Côte d’Ivoire poursuit, en ce début février 2026, une stratégie sécuritaire fondée sur l’anticipation, la dissuasion et la coopération. Les zones frontalières nord, en particulier celles jouxtant le Burkina Faso et le Mali, demeurent sous surveillance renforcée, alors que les autorités ivoiriennes entendent préserver un acquis majeur : la stabilité intérieure du pays.
Depuis plusieurs années, Abidjan a fait le choix d’une approche préventive, tirant les leçons des attaques terroristes qui ont frappé certains États voisins. L’effondrement progressif des dispositifs sécuritaires au Sahel central, conjugué à la recomposition des alliances militaires dans la région, a accru les risques de porosité des frontières et de circulation de groupes armés non étatiques. Face à cette réalité, les forces de défense et de sécurité ivoiriennes maintiennent un dispositif permanent dans le nord du pays, combinant présence militaire, renseignement territorial et actions de sécurisation des populations.
Cette vigilance accrue s’inscrit dans une logique de profondeur stratégique. Les autorités ivoiriennes privilégient le contrôle des axes sensibles, des zones rurales isolées et des corridors de circulation, souvent exploités par des réseaux criminels transnationaux. L’objectif n’est pas seulement de répondre à une menace avérée, mais d’empêcher toute tentative d’implantation durable de groupes armés sur le territoire national. Dans cette perspective, la sécurité est conçue comme un continuum, reliant défense du territoire, sécurité intérieure et stabilité sociale.
Au-delà du déploiement militaire, la Côte d’Ivoire mise fortement sur le renseignement et la coopération régionale. Les échanges d’informations avec les pays voisins et les partenaires internationaux constituent un pilier essentiel de la stratégie nationale. Dans un contexte où les cadres sécuritaires régionaux traditionnels sont fragilisés, Abidjan continue de plaider pour une coordination pragmatique, fondée sur le partage d’informations opérationnelles, la surveillance conjointe des zones frontalières et la lutte contre les trafics transnationaux.
La dimension humaine occupe également une place centrale dans cette architecture sécuritaire. Les autorités ivoiriennes sont conscientes que la vulnérabilité des zones frontalières ne relève pas uniquement du facteur militaire. Le sous-développement, la marginalisation de certaines communautés et les tensions locales constituent autant de failles potentielles exploitées par les groupes extrémistes. C’est pourquoi les actions de sécurité sont progressivement articulées avec des initiatives de développement local, visant à renforcer la présence de l’État sous ses formes civile, administrative et sociale.
Cette approche intégrée traduit une volonté claire : éviter la militarisation excessive des zones frontalières tout en maintenant une capacité de réaction rapide. La Côte d’Ivoire cherche ainsi à se démarquer des modèles purement coercitifs observés ailleurs dans la région, en privilégiant un équilibre entre fermeté sécuritaire et prévention structurelle. Les autorités insistent régulièrement sur le fait que la sécurité durable ne peut être dissociée de la confiance des populations et de la légitimité de l’action publique.
En ce 5 février 2026, la posture sécuritaire ivoirienne apparaît donc comme un élément clé de la stratégie nationale. Dans une Afrique de l’Ouest traversée par de profondes incertitudes, la Côte d’Ivoire entend préserver son rôle de pôle de stabilité, non par l’isolement, mais par l’anticipation, la coopération et la consolidation progressive de son espace sécuritaire. Plus qu’un simple dispositif défensif, cette vigilance permanente s’affirme comme un choix stratégique structurant pour l’avenir du pays.
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