Par la rédaction | Lementor.net
La comparution, ce jour, de cinq Volontaires pour la Défense de la Patrie (VDP) burkinabè devant le juge d’instruction ivoirien ne constitue en rien un « défi » pour la justice nationale. Elle s’inscrit, au contraire, dans l’exercice normal et légitime de la souveraineté de la Côte d’Ivoire, déterminée à assurer la sécurité de son territoire et la protection de ses citoyens face à des violences armées venues de l’extérieur.
Arrêtés à Difita, dans le département de Téhini, il y a cinq mois, les cinq accusés sont poursuivis pour leur implication dans l’attaque meurtrière survenue dans la nuit du 24 au 25 août 2025, qui avait coûté la vie à quatre civils ivoiriens. Les faits se sont déroulés sur le sol ivoirien, contre des populations ivoiriennes, et relèvent donc pleinement de la compétence des juridictions nationales. En les traduisant devant la justice, l’État ivoirien n’a fait qu’appliquer le droit, sans esprit de provocation ni logique d’escalade.
Au cours de l’audience, les accusés ont reconnu les faits qui leur sont reprochés. Les aveux recueillis ont mis en lumière des pratiques particulièrement graves : incursions armées répétées, attaques de civils, vols de bétail, rançonnage et embuscades contre des forces de sécurité. Ces éléments confirment que l’attaque de Difita n’était pas un incident isolé, mais s’inscrivait dans une dynamique criminelle transfrontalière menaçant directement la stabilité des zones frontalières du nord ivoirien.
Les explications avancées par certains prévenus, évoquant des difficultés financières ou des dysfonctionnements internes au dispositif des VDP, ne sauraient en aucun cas justifier des actes de violence armée sur le territoire d’un État voisin. La Côte d’Ivoire reconnaît les défis sécuritaires auxquels le Burkina Faso est confronté, mais elle ne peut accepter que ces fragilités se traduisent par des attaques contre ses villages, ses éleveurs, ses orpailleurs ou ses forces de sécurité.
Depuis plusieurs années, Abidjan a fait le choix de la retenue et de la coopération régionale, privilégiant des canaux diplomatiques discrets pour traiter les incidents frontaliers. Cette approche responsable visait à préserver la stabilité sous-régionale et à éviter toute surenchère inutile. Toutefois, la répétition des incursions armées et la gravité des crimes commis imposent désormais une réponse claire : le respect de la souveraineté ivoirienne n’est pas négociable.
En engageant des poursuites judiciaires, la Côte d’Ivoire envoie un message sans ambiguïté. Son territoire n’est pas une zone grise, et aucune violence, d’où qu’elle vienne, ne restera impunie. Il ne s’agit ni d’un acte hostile, ni d’un signal politique contre un pays voisin, mais d’une affirmation ferme du droit fondamental de l’État à garantir la sécurité de ses populations et l’intégrité de ses frontières.
À travers cette procédure, Abidjan réaffirme une ligne constante : la paix régionale repose sur la responsabilité partagée, le respect des frontières et la lutte commune contre toutes les formes de criminalité armée. Protéger les populations frontalières ivoiriennes n’est pas une option, c’est un devoir régalien que l’État entend assumer pleinement, avec calme, légalité et détermination.
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