Par La Rédaction | Lementor.net
Le 13 juillet 2026, la Banque Nationale d’Investissement a signé un accord portant sur la cession de l’intégralité de sa participation dans le capital de la Banque Internationale pour le Commerce et l’Industrie de la Côte d’Ivoire au profit de Brandon & Mcain Capital. L’opération concerne 3 514 941 actions, soit 21,09 % du capital social et des droits de vote de la BICICI. Cette transaction marque une étape importante dans la recomposition de l’actionnariat de l’un des établissements bancaires les plus anciens de la Côte d’Ivoire.
La BNI était entrée au capital de la BICICI un peu plus de trois ans auparavant. Cette présence de la banque publique dans le capital d’un établissement d’origine française traduisait une volonté de l’État ivoirien de renforcer la participation des acteurs nationaux dans le secteur bancaire. La cession à Brandon & Mcain Capital, structure dont les contours restent encore peu documentés dans l’espace médiatique ivoirien, marque donc un retrait de l’actionnariat public de cet établissement.
Cette opération arrive dans un moment particulièrement actif pour le secteur bancaire ivoirien. NSIA Banque vient de franchir le cap des 3 000 milliards de FCFA de bilan. Bridge Bank Group a annoncé son introduction à la BRVM pour 67,5 milliards. La BICICI elle-même a mis en paiement un dividende global de 21,916 milliards de FCFA au titre de l’exercice 2025. Et le groupe consultatif des 8 et 9 juillet a mobilisé 47 820 milliards de FCFA d’engagements, dont une part significative devra transiter par le système bancaire ivoirien pour financer les projets du PND 2026-2030.
Ce que dit cette cession au fond, c’est que le secteur bancaire ivoirien est devenu suffisamment attractif pour que des acteurs privés internationaux acceptent d’y prendre des participations significatives sans la garantie implicite que représentait la présence de l’État dans l’actionnariat. C’est un signe de maturité du marché. C’est aussi une question ouverte sur la stratégie de la BNI et sur les raisons pour lesquelles une banque publique choisit de se désengager d’un établissement privé au moment précis où le besoin de financement du PND est le plus fort. Les réponses à cette question méritent une explication publique que ni la BNI ni le gouvernement n’ont encore fournie.
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