Par La Rédaction | Lementor.net
Ce dimanche 13 septembre 2026, le président Alassane Ouattara a reçu son homologue guinéen Mamadi Doumbouya à sa résidence d’Abidjan pour un entretien de clôture d’une visite d’État de deux jours entamée vendredi 11 septembre. Tous deux vêtus de blanc, les deux chefs d’État ont affiché une proximité ostentatoire devant les objectifs des caméras avant d’entrer dans le vif du sujet. Les deux chefs d’État ont salué l’excellence des relations d’amitié et de coopération qui existent entre leurs pays et se sont engagés à œuvrer à leur diversification et leur renforcement, notamment dans les domaines économique, commercial, politique, sécuritaire et de la formation.
Cette visite d’État est la deuxième de Doumbouya en Côte d’Ivoire depuis son arrivée au pouvoir le 5 septembre 2021. La première avait eu lieu en juin 2025, dans un contexte où la relation bilatérale cherchait encore son équilibre après les tensions initiales liées au coup d’État de Conakry. Cinq ans plus tard, les deux pays ont normalisé leurs relations à un niveau que peu d’observateurs auraient prévu en 2021 quand la CEDEAO imposait ses sanctions à la junte guinéenne. Au cœur des échanges entre les deux dirigeants : le renforcement des échanges commerciaux, les infrastructures transfrontalières ainsi que les défis sécuritaires régionaux.
Sur le plan commercial, le décalage entre le volume actuel des échanges et le potentiel réel des deux économies est le constat que Doumbouya a posé sans détour. Le chef de l’État guinéen a souligné le décalage entre le volume commercial actuel et le potentiel réel des deux nations. Les échanges bilatéraux estimés à environ 100 milliards de FCFA soit 152 millions d’euros sont modestes au regard de la complémentarité des deux économies. La Côte d’Ivoire exporte vers la Guinée des produits manufacturés, alimentaires et des services financiers. La Guinée fournit des ressources minières et agricoles que la Côte d’Ivoire peut transformer. Cette complémentarité naturelle n’a pas encore produit les volumes d’échanges qu’elle devrait logiquement générer.
Sur les infrastructures, Mamadi Doumbouya a fait le point sur le désenclavement frontalier, citant l’avancement des travaux routiers du côté de Lola pour faciliter la circulation des biens et des personnes entre les deux pays. Ces travaux routiers du côté guinéen répondent aux investissements ivoiriens dans les axes du nord-ouest qui relient Abidjan aux zones frontalières de Man et Danané. L’inauguration du Consulat honoraire ivoirien à N’Zérékoré le 13 août et l’adoption définitive du tracé de la frontière commune le 25 août s’inscrivent dans cette même logique de désenclavement institutionnel et physique de la zone frontalière. Afin de concrétiser ces orientations stratégiques, le président Doumbouya a évoqué la tenue prochaine de la Grande Commission mixte ivoiro-guinéenne.
La dimension sécuritaire de ces échanges dit ce que les communiqués diplomatiques ne formulent pas toujours explicitement. La Côte d’Ivoire et la Guinée partagent une frontière commune de plusieurs centaines de kilomètres dans une zone où la pression jihadiste venue du Sahel se fait de plus en plus sentir. Les tirs entendus à la frontière burkinabè depuis le secteur ivoirien de Kodiénou le 23 août 2026 ont rappelé que la sécurité de la frontière nord est un enjeu que ni Abidjan ni Conakry ne peuvent gérer seuls. L’échange de renseignements entre les deux pays, évoqué dans les discussions de cette visite d’État, dit que les deux capitales ont compris que la stabilité de leur zone commune dépend de leur coordination.
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