Par La Rédaction | Lementor.net
Le Congrès du Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire a officiellement adopté une résolution de soutien total à l’Alliance des États du Sahel et au panafricanisme. Cette prise de position dit ce que le parti de Laurent Gbagbo veut être dans le paysage politique ivoirien à l’approche des municipales de 2027 : une opposition idéologique au RHDP qui ne se limite pas aux questions intérieures mais qui embrasse une vision géopolitique radicalement différente de celle du gouvernement.
Cette résolution est remarquable dans son contenu et dans son timing. Elle intervient dans un contexte où la Côte d’Ivoire maintient ses distances avec l’AES dont le Mali, le Burkina Faso et le Niger ont quitté la CEDEAO et rompent avec les partenaires occidentaux. Abidjan est membre actif de la CEDEAO, entretient des relations militaires et économiques avec la France malgré la reconfiguration du partenariat, et vient de signer un accord sécuritaire avec les États-Unis via le State Partnership Program. Soutenir l’AES dans ce contexte dit que le PPA-CI a choisi de se positionner à l’exact opposé de la politique étrangère du gouvernement sur la question la plus clivante de la géopolitique ouest-africaine actuelle.
Ce positionnement panafricaniste et pro-AES dit plusieurs choses sur la stratégie du PPA-CI avant les municipales de 2027. Il dit d’abord que Gbagbo cherche à capter une jeunesse ivoirienne qui est sensible aux discours souverainistes et anti-impérialistes que l’AES porte depuis Bamako, Ouagadougou et Niamey. Cette jeunesse existe en Côte d’Ivoire comme ailleurs en Afrique de l’Ouest. Elle n’est pas majoritaire mais elle est vocale, connectée et capable de modifier le rapport de forces dans certaines communes urbaines. Positionner le PPA-CI comme le parti qui soutient la souveraineté africaine contre les ingérences extérieures est une manœuvre politique calculée dans un pays où la question de l’influence française reste sensible.
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