Par AN-Lementor.net
Près de 22 millions de citoyens ougandais sont appelés aux urnes ce jeudi 15 janvier pour choisir leur futur président et désigner les nouveaux membres du Parlement. Cette journée électorale décisive se déroule dans une atmosphère électrique, marquée par une interruption de l’accès à internet et des défaillances techniques affectant les dispositifs de contrôle biométrique dans plusieurs centres de vote.
Le processus électoral oppose huit prétendants à la magistrature suprême, parmi lesquels le chef de l’État sortant Yoweri Museveni, au pouvoir depuis près de quatre décennies, et le chanteur devenu homme politique Robert Kyagulanyi, plus connu sous le nom de Bobi Wine, figure de proue de l’opposition.
Candidat à un septième mandat, Museveni, leader du Mouvement de résistance nationale (NRM), défend un programme axé sur la continuité. Il met en avant la préservation de la stabilité du pays, la consolidation de la croissance économique et la poursuite des réformes engagées, notamment dans la lutte contre la pauvreté, l’insertion économique des jeunes, l’extension des infrastructures et le renforcement des mécanismes de protection sociale.
Face à lui, Bobi Wine, chef de la Plateforme de l’unité nationale (NUP), incarne une alternative portée par la promesse d’un changement profond du système politique. Son projet s’articule autour du respect des libertés fondamentales, de la restauration de l’état de droit, de la transparence dans la gestion publique et de la lutte contre la corruption, avec une attention particulière accordée aux secteurs de la santé et de l’éducation.
D’autres candidats participent également à la course, notamment Nathan Nandala Mafabi (Forum pour le changement démocratique), partisan de réformes institutionnelles, Gregory Mugisha Muntu (Alliance nationale pour la transformation), défenseur d’une gouvernance inclusive, ainsi que Munyagwa Mubarak Sserunga, Robert Kasibante, Joseph Mabirizi et Frank Kabinga, issus de formations politiques plus modestes.
Sur le plan sécuritaire et technologique, la Uganda Communications Commission (UCC) a ordonné, depuis mardi soir, la suspension de l’accès à internet et à plusieurs services numériques, justifiant cette mesure par la nécessité de préserver l’ordre public durant le scrutin. Certaines plateformes essentielles, notamment dans les domaines de la santé, de la finance et de l’administration électorale, demeurent toutefois accessibles.
La Commission électorale a, de son côté, rassuré quant au déroulement du vote, indiquant que les électeurs dont l’identification biométrique échoue peuvent être autorisés à voter sur la base du registre électoral national. Les centres de vote resteront ouverts au-delà de l’heure officielle de fermeture afin de permettre à tous les électeurs présents dans les files d’attente de s’exprimer.
Ces élections interviennent enfin dans un contexte de vives inquiétudes liées à la désinformation, les autorités redoutant l’exploitation des outils numériques à des fins de manipulation de l’opinion.
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