Par AN | Lementor.net
Nouveaux remous pour Adama Bictogo. Sa filiale de transport lagunaire, la Société de transport lagunaire (STL), a été contrainte d’interrompre ses activités après une décision de la Direction générale des impôts (DGI), qui lui reproche des arriérés fiscaux non réglés.
Selon plusieurs sources concordantes, les services fiscaux ont procédé à la fermeture de l’entreprise dans un contexte déjà tendu entre l’administration et cette société considérée comme un acteur majeur du transport fluvial à Abidjan. Ce nouvel épisode intervient après un précédent contrôle fiscal, fin 2025, qui avait déjà entraîné une suspension temporaire des opérations avant une reprise négociée.
À ce stade, ni le montant exact des dettes fiscales ni la durée de la fermeture n’ont été officiellement communiqués. Cette incertitude alimente les inquiétudes, notamment chez les milliers d’usagers qui dépendent quotidiennement des bateaux-bus pour leurs déplacements sur la lagune Ébrié.
Un maillon clé de la mobilité urbaine fragilisé
Depuis son lancement, la STL s’est imposée comme une alternative crédible à la saturation routière dans la capitale économique. Avec une flotte d’une vingtaine de navettes et plusieurs gares, elle relie des zones stratégiques telles que Treichville, Cocody, le Plateau ou encore Abobo-Doumé.
Chaque jour, entre 16 000 et 20 000 passagers utilisent ce service, attirés par des tarifs accessibles et un gain de temps considérable face aux embouteillages. La suspension de ses activités pourrait donc avoir un impact immédiat sur la mobilité urbaine, en particulier pour les travailleurs et étudiants.
Au-delà du transport quotidien, l’entreprise s’est également diversifiée dans les activités touristiques, avec des excursions vers l’île Boulay et des croisières privées, contribuant ainsi à dynamiser le tourisme local.
Une pression accrue sur le groupe Snedai
Cette nouvelle fermeture place le groupe Snedai dans une situation délicate. Bien qu’Adama Bictogo se soit officiellement retiré de la gestion opérationnelle de ses entreprises depuis son accession à la tête de l’Assemblée nationale en 2022, la conjoncture actuelle ravive les interrogations sur la solidité de certaines de ses filiales.
La gestion de l’entreprise avait été confiée à ses proches, notamment ses enfants et ses frères. Mais cette nouvelle crise fiscale pourrait fragiliser davantage l’équilibre financier et opérationnel de la société.
En attendant une réaction officielle de la direction ou de l’administration fiscale, une question demeure : s’agit-il d’un simple incident conjoncturel, comme celui de 2025, ou du signe de difficultés plus structurelles pour un acteur devenu incontournable du transport lagunaire à Abidjan ?
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