On Dit Quoi ? Ou Les Aventures De Yakôty / Episode 1 : Etre ‘’Electrocuté’’ à La CIE …

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Ce qui se passe à l’agence de la Compagnie ivoirienne d’électricité du Plateau Dokoui, et peut être dans d’autres agences de la CIE, n’est pas de nature à rassurer les consommateurs d’électricité que nous sommes. Si on ne peut compter sur les associations de consommateurs, à vrai dire, très amorphes en Côte d’Ivoire, en revanche, il existe des usagers de la CIE, qui ne s’en laissent pas conter, surtout, quand ils sont dans leurs droits face à un dysfonctionnement ou abus de monopole comme celui de la Compagnie ivoirienne d’électricité-CIE
Cet après midi là, alors qu’il fait un soleil de plomb, Yakôty n’est visiblement pas d’humeur à sourire à tout vent. Quelques échanges de civilités avec un vigile de service, Yakôty est orienté vers la caisse de la CIE au Plateau Dokoui-Samaké.

– Bonjour madame. (Il est 15 h TU).

Face à la cabine réservée à la caisse, Yakôty se demande si la caissière a répondu à sa salutation. Il n’a rien entendu en retour. Bâh, il faut aller à l’essentiel, il n’est pas là pour les salamalecs. Il dépose un bout de papier sur lequel est mentionnée une référence de compteur électrique prépayé. La caissière tape des doigts sur quelques touches du clavier de l’ordinateur, et lance :
– Monsieur rendez vous au bureau des hôtesses d’accueil juste à côté, moi je n’ai aucune trace de la référence.
Installé à présent dans la salle où les clients sont reçus à la queue leu leu, Yakôty attend patiemment d’être reçu. Il profite pour se familiariser avec le milieu. Il constate une pratique qui le met intérieurement en colère, au point où il fait inconsciemment un monologue. Une hôtesse d’accueil, peut être épuisée par la journée de travail, lève de temps à autre, le ton sur certains clients, illettrés qui ne comprennent pas bien les explications qu’elle leur donne. La scène ressemble à une partie de classe entre la maîtresse et les écoliers. Deux usagers se prennent l’humeur de cette hôtesse atypique dont le visage en dit long sur son humeur. Toujours dans son monologue, Yakôty qui n’a pas sa langue dans sa poche et ne rechigne pas à lutter contre l’injustice,’’ boue de l’intérieur’’. Il a presque envie de dire à l’usager malmené par l’hôtesse, ‘’Mon frère, prête moi ton palabre’’. Il renonce à cette envie et attend son tour; souhaitant même cyniquement que l’hôtesse se comporte maladroitement envers lui lorsqu’il sera devant elle. Surtout qu’il avait déjà les nerfs à fleur de peau. Arrive le tour de Yakôty devant l’hôtesse. Comme par miracle, l’accueil est à la mesure du minimum qu’on doit attendre d’une hôtesse d’accueil. Mais Yakôty s’avise très vite, et se dit que l’hôtesse tient compte du faciès avant d’agir. Face à un intellectuel, elle sait que ses sauts d’humeur s’entrechoqueront avec la réplique instantanée de l’interlocuteur avisé. Yakôty est quand même désarmé, mais ce n’est que partie remise. Après avoir apposé avec le stylo de couleur rouge une note sur le bout de papier de Yakôty, l’hôtesse lui dit de repartir à la caisse. Pour votre meilleure compréhension, Yakôty voulait simplement savoir l’état des arriérés du compteur électrique que le propriétaire du magasin (qu’il venait de prendre en location), lui a attribué. Yakôty n’avait pas d’électricité au magasin pour lancer certaines activités commerciales qui nécessitent de l’énergie électrique.
Retour chez la caissière :
Monsieur, je vous ai dit d’aller au bureau des hôtesses
Madame, je vous prie de savoir que j’en viens et mieux, consultez au moins sur le papier la nouvelle mention écrite par l’hôtesse.
Je ne peux rien pour vous, repartez là bas (avec le ton élevé)
Il n’en fallait pas davantage pour que Yakôty entre dans une colère noire.
Madame, c’est du n’importe quoi à la CIE. Franchement, c’est nul. Vous pensez que c’est parce que on a rien à faire ailleurs qu’on vient à la CIE ? On vient vous verser de l’argent contre un service souvent approximatif et vous n’avez pas la courtoisie ni l’éducation appropriée pour nous recevoir comme il faut. Croyez vous que je suis une balle de ping pong entre vous et l’hôtesse ? si vous n’étiez pas une femme, j’aurais été gravement discourtois avec vous !
Ne pouvant ravaler sa colère, Yakôty se dirige vers un vigile et demande à rencontrer un responsable. Le vigile certainement habitué à ces genres de scènes qui doivent être légions à la CIE, tente de calmer Yakôty et l’oriente vers le bureau du contentieux jouxtant avec la salle d’accueil des usagers où Yakôty avait quelques minutes auparavant rencontré l’hôtesse. Pour désamorcer la bombe, l’hôtesse qui a peut être senti de l’électricité en l’air, se saisit à nouveau du dossier, et écrit encore une fois une autre mention sur le bout de papier. Le tout ressemblait à présent aux hiéroglyphiques égyptiennes tant le gribouillis était visible sur le papier. Eh oui, c’est ça la CIE au Plateau Dokoui !
L’hôtesse:
– Nous sommes vendredi, repassez le mardi, nous allons faire des recherches …
Nous qui croyions qu’avec tous ses ordinateurs déposés sur les bureaux à la CIE, quelques clics sur les souris, devraient suffirent pour aller très vite en matière de traçabilité de documents ou de recherches dans les des archives numériques… eh bien, nous devons encore patienter encore. A la CIE pour la rapidité et la célérité dans la recherche de documents à l’heure de l’évolution exponentielle des TIC, repassez demain.
Mauvaise après-midi pour Yakôty. Il n’a pas eu gain de cause ; il n’a obtenu aucune information sur l’état du compteur électrique prépayé et de surcroit, il a été victime du comportement discourtois de la caissière. Il se console en monologuant, et en se disant intérieurement qu’il existe des ‘’jours sans’’ ; c’en était un pour Yakôty ce vendredi là…
Le propriétaire du bâtiment à qui Yakôty a raconté sa mésaventure à la CIE, lui attribue un autre tableau dans le souci de l’aider à alimenter le magasin en électricité.

Lundi matin à la CIE.

Comme d’habitude, il faut se mettre dans le rang et attendre d’être reçu. Ce matin là, le rang est assez long devant la salle d’accueil des hôtesses. Dans cette longue file, Yakôty remarque une lenteur dans le service. Le rang bouge à peine d’un micron depuis qu’il est là. Cette lenteur n’est pas de nature à rendre joyeux les usagers. Les ‘’chourous’’ émis de certaines femmes dans le rang, fusent de temps en temps. Les hommes sont relativement plus calmes, mais pas pour longtemps. Dénominateur commun, la colère latente. C’est dans cette ambiance qu’une scène attire l’attention des uns et des autres. Un agent de la CIE, sort de la salle climatisée et vient au chaud (dehors) et passe en revue les usagers aux visages renfrognés. L’agent en question, a pour mission de simplifier la tâche à certains ‘’clients’’ qui ont juste besoin d’informations simples et pratiques. Des informations dans le genre : quels sont les dossiers à fournir pour bénéficier d’un compteur électrique ? ….
‘’ Bonjour Monsieur, que puis je faire pour vous ? lance respectueusement l’agent à un usager déjà de mauvaise humeur pour la raison que nous devinons.
‘’ Rien !’’ La réponse du patient en dit long sur son humeur. L’agent est étonné d’entendre une telle réponse laconique ; mais se garde de réagir de peur (peut être) d’attiser le courroux des autres usagers exténués dans la longue file…
‘’ Je voulais juste vous aider. Revient à la charge l’agent de la CIE.
-Je n’ai pas besoin d’aide.
L’agent n’insiste pas et passe à un autre client.
Monsieur, puis je vous aider ?
Je suis venu faire une déclaration
Une déclaration de quoi ?
Je vous dis bien que je suis venu faire une déclaration
Justement pour mieux vous orienter, je veux savoir de quel type déclaration s’agit-il ?
Moi je vous ai dit que je suis venu faire une déclaration, que voulez vous que je vous dise de plus ?
La scène ne laisse personne indifférent. Malgré l’ambiance assez électrique, Yakôty qui a remarqué que l’agent a une approche emprunte de courtoisie, tente de joueur à ses risques, les missi dominici.

Mon frère, cet agent est là pour nous renseigner, conscient de l’état dans lequel nous nous trouvons, surtout que le rang ne bouge pas….alors il faut l’aider à nous aider en lui donnant de plus amples informations…

La démarche de Yakôty porte ses fruits; l’usager donne des informations complémentaires à l’agent de la CIE, qui en retour indique à l’usager la conduite à tenir. Entre temps, Yakôty a compris pourquoi le rang était figé. Il n-y avait pour un matin de lundi, premier jour ouvrable de la semaine, qu’une, et une seule hôtesse d’accueil pour centaine de visiteurs; ‘’arrêtés debout’’, dans la longue file. La seule hôtesse présente, informe, remplit des documents, s’active sur son ordinateur et imprime des fiches… Elle est au four et au moulin. Tous les autres sièges d’hôtesses sont vides. Quand on sait qu’il ya de nombreux jeunes diplômés en sursis, qui frappent aux portes des entreprises pour juste bénéficier de stages non rémunérés afin de valider leurs Diplômes de fin de cycle, il ya de quoi se poser des questions face à l’absentéisme chronique dans les services de l’administration et de certaines entreprises étatiques ou paraétatiques. Pour ce qui concerne la CIE, Il ya de quoi se faire électrocuter d’impatience et de colère ! Suite de la mésaventure de Yakôty à la CIE du Plateau Dokui, la semaine prochaine.

Tout comme les véhicules automobiles dans la circulation, désormais semble t-il, les propriétaires de biens immobiliers devront se soumettre chaque deux ans, à faire la visite technique des installations électriques de leurs bâtiments par SECUREL contre paiement de 30 000 FCFA par tableau électrique.

Nous y reviendrons dans cette nouvelle chronique On dit quoi ? Ou les Aventures de Yakôty, qui est; ‘’les yeux et les oreilles’’ des populations et la sonnette d’alarme pour les gouvernants.

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